Rado Rabarilala : « Le droit de grève est loin d’être acquis »

  • vendredi, 19 février 2016 12:16
  • Photo d'Archives Sobika
« Le droit de grève, stipulé dans la Constitution malagasy et régi par le code du travail n’est pas du tout acquis ». Cette phrase est de Rado Rabarilala, officier pilote de ligne de la compagnie Air Madagascar et membre du délégué du personnel de ladite société.
Le préambule de la Constitution malagasy dispose que « Les libertés d’opinion et d’expression, de communication de presse, d’association, de réunion, de circulation, de conscience et de religion sont garanties à tous et ne peuvent être limitées que par le respect des libertés et droits d’autrui et par l’impératif du sauvegarde de l’ordre public, de la dignité nationale et de la sécurité de l’Etat » article 10.

 

« En théorie, on dirait que les dirigeants malagasy respectent de long en large ce qui a été dit, mais la réalité est toute autre. Par définition, une grève constitue une cessation de travail pour faire transmettre un message de revendication mais chez nous, à l’instar de ce qui s’est passé au sein de l’Air Madagascar, c’est le Ministre même qui a signé une lettre indiquant qu’une telle grève ou un tel mouvement est illégal et poussant les manifestants à enfreindre les règles en les obligeant à sortir du lieu de travail alors que selon le code du travail, seul l’inspection du travail est habile d’apprécier si une grève est légale ou non » poursuit Rado Rabarilala avant de continuer que des responsabilités incombent toutefois à un meneur de grève.
« Un meneur de grève doit, de prime abord, avoir mis au courant les manifestants de leurs droits ainsi que leurs obligations avant, pendant et après la manifestation. Un réflexe qu’on oublie souvent à chaque fois qu’on envisage de se manifester publiquement à Madagascar et ce n’est pas étonnant si on bute contre un refus des autorités administratives, ainsi qu’aux forces de l’ordre. Mais de leur côté, ceux qui dirigent ont aussi le devoir de maîtriser au bout des doigts les aléas du texte réglementant le droit de grève pour ne pas tomber dans l’erreur » a-t-il conclu.
Enfin, des vides juridiques au niveau du code de procédure pénale malagasy pourraient être constatés, mais la participation volontariste de Madagascar au concert des nations ainsi que le fait que Madagascar ait ratifié des textes, notamment la charte internationale de Droit de l’Homme, signifie qu’il est intégré dans le droit positif malagasy. « … Sous réserve pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie…. » Article 137 de la Constitution.
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