Torture et violence policière: Une situation alarmante constatée

  • mardi, 13 août 2019 20:55
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La torture est un acte inexplicable et horrible, généralement caché par le secret et jouissant de l’impunité, qui ignore les valeurs humanitaires fondamentales et dévalorise l’individu.

La date du 26 juin a été proclamée Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture. Cette année, sa célébration à Madagascar est marquée d’une pierre blanche par la CNIDH (Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme) et l’Association des Chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) Madagascar, en collaboration avec le Haut-commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme, par l’organisation d’un atelier de réflexion qui se tient ce 13 août 2019 au siège du système des Nations Unies à Andraharo. Cette table-ronde s’articule à des visites de prison illustrées d’expositions qui se sont déroulées au mois de juillet.

La CNIDH est instituée Mécanisme National de Prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (MNP) par la loi n°2018-028 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°2014-007, en application de la loi n°2008-008 du 25 juin 2008. De par son rôle de contrôle efficace de la détention, la CNIDH attire les attentions sur les points suivants :

- Ayant effectué la visite de vingt-trois (23) établissements pénitentiaires sur les quatre-vingt-deux (82) existants à Madagascar, elle a constaté la dégradation des conditions de détention, et a formulé des recommandations afin d’améliorer le traitement des personnes privées de liberté.

- Elle a également relevé la pratique masquée d’actes de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants, caractérisée par la détention provisoire prolongée, ainsi que des formes d’extorsion d’aveux pendant la mise en garde à vue.

- S’agissant des actes perpétrés dans les structures de soins psychiatriques, une délégation de la CNIDH a effectué au mois de février une descente dans un centre confessionnel à Mahitsy, où une patiente a été enchaînée.

- Suite à des investigations menées dans plusieurs régions, la commission a fait le triste constat que des pactes villageois ou « dina » non-homologués mais appliqués, dont le « Besaboha » dans la région Sofia, imposent une légitimation de la torture, parfois attentatoire à la vie des victimes.

- Il a été constaté que la torture frappe les groupes de population souvent oubliés. Dénoncés par la population à Farafangana en septembre 2018, des cas ont, entre autres, donné suite à des mesures, prises grâce notamment à travers la compétence d’auto-saisine de la CNIDH.

Des investigations et suivis diligentés laissent néanmoins transparaître que malgré les interpellations, des dossiers restent souvent lettres mortes et certaines procédures judiciaires étouffées, pour ne citer que l’incendie criminel aggravé de pillages et d’actes de torture commis à Antsakabary le 22 février 2017, sur lesquels aucun jugement n’a été rendu jusqu’alors. La nécessité d’autorisation de poursuite s’avère être un bouclier imparable pour les éléments des forces de défense et de sécurité incriminés.

La CNIDH saisit la célébration de cette journée mondiale pour appeler à soutenir les victimes de torture ainsi que leurs familles, en rappelant qu’elles ont un droit exécutoire à tout recours utile, y compris la réparation et la réhabilitation.

 

 

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