Provisoire ou permanente ?

  • mardi, 26 février 2019 14:13
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Depuis quelques jours, la Une des journaux nous font l’étalage des résultats des forces de l’ordre dans leur combat contre l’insécurité mais aussi la corruption. Arrestation de kidnappeurs, des personnes soupçonnées de corruption à haut niveau, sans oublier les trafiquants de bois de rose. Les opérations menées par le gouvernement Christian Ntsay ressemble à une vraie guerre contre la corruption et sa jumelle l’insécurité.

La force d’intervention spéciale (FIS) promise par le Président de la République lors de sa campagne électorale est effective. Le ministre de la Défense, le Gal de Division Léon Jean Richard Rakotonirina, en a fait la déclaration à la presse durant la cérémonie de remise de drapeau aux nouveaux officiers généraux de l’armée et de la Gendarmerie nationale.

Les éléments de ces forces ont déjà été présentés par le Chef de l’Etat lors de sa visite dans le sud, a expliqué le ministre. « Ils seront installés dans les zones rouges où la sécurité est qualifiée de très dangereuse. Leurs missions consistent à lutter contre l’insécurité grandissante, notamment en matière de vols de zébus, dans ces endroits » a-t-il expliqué notamment.

Cette unité sera équipée en matériels lourds pour qu’elle puisse faire face aux dahalo, qui sont de plus en plus équipés et agressifs ces derniers temps.

Sur le terrain des kidnappings de « Karana », la police nationale donne l’impression qu’elle est sur la voie de résoudre le problème. 2 personnes impliquée dans l’arrestation d’hommes d’affaires indo-pakistanais l’année dernière ont été arrêtées et déférées au parquet du tribunal à Anosy. D’autres arrestations sont procédées dans tout le pays. Les policiers sont même arrivés à trouver la cache où les kidnappeurs ont séquestré leurs victimes.

Les investigateurs, selon leur dire, sont à la recherche du ou des cerveaux de ces enlèvements avec demande de rançon.

Même topo pour la Gendarmerie, son chef d’état-major, le Général Njatoarisoa Andrianjaka, a révélé la récupération de 300 munitions, deux (2) pistolets automatiques et une grenade, en plus des arrestations. Les bandits abattus ne se comptent plus aux 4 coins de l’île.

Comme la Constitution l’exige, à l’article 65 alinéa 9, stipulant que le Premier ministre « assure la sécurité, la paix et la stabilité sur toute l’étendue du territoire national dans le respect de l’unité nationale ; à cette fin, il dispose de toutes les forces chargées de la police, du maintien de l’ordre, de la sécurité intérieure et de la défense ».

Il n’hésite pas à se mettre en première ligne avec des descentes sur le terrain, comme cette visite inopinée dans plusieurs quartiers de la capitale : Cenam (67ha), Andavamamba, Ambilanibe, Anosibe, Ambohipo et Ambolonkandrina, et ce en soirée.

Ainsi il a pu constater de visu le fonctionnement des dispositifs sécuritaires mis en place par l’Armée, la Gendarmerie nationale ainsi que la Police nationale dans le cadre de l’opération de sécurisation de la capitale.

En plus des affaires de corruption (arrestation d’anciens barons du HVM , trafiquants plus ou moins connus de bois de rose), le nettoyage des rangs de la Gendarmerie a pris de la vitesse, ainsi 4 de ses membres ont été mis en détention provisoire : 1 pour l’affaire de Mahitsy et 3 pour une affaire de kidnapping à Tsaratanana.

N’oublions pas que l’Archevêque d’Antananarivo n’a pas été tendre à l’encontre des forces de l’ordre après les meurtres à Mahitsy, il y a quelques jours. Il fallait que le gouvernement prenne des mesures.
Mais est-ce du à ces opérations menées au sein des forces de l’ordre que les policiers se font rares au niveau des grands axes tananariviens?

En effet , les policiers ne peuvent plus, du moins jusqu’à nouvel ordre, retirer les papiers des automobilistes afin d’éviter les risques de corruption (passive et active). Mais cela générera des dysfonctionnements aux effets plus pervers.

Même si lutter contre l’insécurité et la corruption fait partie du « velirano » présidentiel, et les résultats à court terme sont louables. Mais les attaques à main armée continuent dans la capitale même et la question qui se pose est : ce combat est-il provisoire ou permanent ?

En effet nous recevrons cette année la visite pastorale du Pape François, alors comme au Brésil en 1997, du temps du passage à Rio de Janeiro du souverain pontife, les autorités ont fait appel à la BOPE (Batalhão de Operações Policiais Especiais= Bataillon des opérations spéciales de police), la version locale du FIS, afin de sécuriser cette métropole.

Les favelas (bas quartier) ont été nettoyées, les bandits, proxénètes et trafiquants de drogues abattus par dizaines. Mais finalement cela n’était qu’un feu de paille, un simple geste passager pour dire au monde que le pays est… « sécurisé ». Alors pour Madagascar sera-t-il aussi le cas ?

Anonymous

 

 

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