Etat de grâce

  • jeudi, 17 janvier 2019 09:00
  • Anonymous

En 1996, un journal déclara que l’Amiral Ratsiraka Didier Ignace a été élu grâce à la volonté de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). L’élection de Rajoelina Andry Nirina 22 ans après, sera-t-elle de la même manière ?

Sans vouloir entrer dans les détails et autres discussions, l’ancien président de la Haute Autorité de la Transition est bel et bien le Président de la République élu pour 5 ans (2018-2023). Sans entrer non plus sur sa rivalité avec celui qu’il a renversé en 2009, Ravalomanana Marc, on peut dire qu’il a confirmé sa suprématie sur ce dernier 10 ans après les évènements. Mais qu’elle est la suite ?

Après le 19 janvier, jour de son investiture, choisi par la HCC, la première tâche du Chef de l’Etat est de choisir son équipe gouvernementale. Gardera-t-il ou pas le premier ministre Ntsay Louis Christian ? Celui que ses députés MAPAR « ont choisi » en mai 2018 pour être le « PM de consensus » après les évènements d’avril de la même année. Ce chef du gouvernement a réussi sa mission après avoir ramené son sponsor à la magistrature suprême. Mais des bruits de couloir circulent que ce PM ne fait pas l’unanimité au sein du parti du président Rajoelina.

Les législatives pointent leur nez cette année, seront-elles reportées ou maintenues selon le calendrier républicain ? Le parti gagnant a-t-il déjà entamé les consultations afin de trouver les postulants parlementaires. Il est une tradition à Madagascar pour beaucoup de se faire payer en retour leur soutien durant la propagande à un poste de représentant de leurs régions respectives. D’autant plus que si Rajoelina Andry Nirina tiendra sa promesse de supprimer le Sénat, il ne reste plus que la chambre basse comme refuge pour tout ce monde. Mais la disparition de la Chambre haute risque de créer des ressentiments à l’égard du futur chef de l’Etat car on ne peut loger tout ce monde au sein du gouvernement !

Avec l’augmentation des prix, pour ne pas dire inflation, beaucoup d’observateurs soupçonnent fort une politique d’austérité qui n’est pas toujours populaire.

L’arrivée ou l’ancrage de certains investisseurs étrangers ne sont pas pour apaiser la crainte des Malagasy sur la question du contrôle de leurs terres. Les buildings ressemblant à ceux de Miami n’attirent point bon nombre de compatriotes qui redoutent le fait d’être boutés de leur patrimoine !

Contrairement à certaines attentes, l’élection du président Rajoelina n’a pas été accueilli par une liesse excessive au regard du tam tam de sa propagande surtout au 1er tour. Cette « retenue » du bon nombre de Malagasy reflète-elle une inquiétude ?

Les Malagasy n'attendent pas des grandes fête de la victoire, ni des feux d'artifice, ils en ont leur dose durant la campagne électorale, ce qu'ils espèrent c'est la réalisation du "Velirano et promesses", l'heure n'est plus au discours mais aux faits concrets.

L’état de grâce du Chef de l’Etat dépendra du nouveau gouvernement, des futurs nommés aux législatives, des investisseurs et… de la future opposition. Sera-t-il long ou court ? L’avenir nous le dira.

Anonymous

 

Laissez un commentaire
Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.