Un Toubab peut cacher un Mzungu

  • lundi, 04 décembre 2017 18:11
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  • Photo Archives Sobika

En général trois termes désignent les Européens en Afrique. Sur la partie occidentale du continent noir (Guinée, Sénégal, Mauritanie, Gambie, Mali, Côte d'Ivoire), on les appelle « Toubab ». Dans sa région centrale on les nomme « moundélé » mot d’origine Lingala, langue bantoue parlée aux deux Congo, Centrafrique, Angola. Chez nos voisins Swahili d’Afrique de l’est, un Européen est qualifié de « mzungu ». 

Ces trois désignations ont fleuri dans le vocabulaire populaire durant la période coloniale.

Le 5ème sommet Union Africaine-Union Européenne s’est déroulé le 29-30 novembre 2017 dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan. Le thème principal portait sur : ‘’Investir dans la jeunesse pour un avenir meilleur‘’.

Le thème en lui-même est prometteur et les problèmes urgents du continent ont été aussi abordés plus particulièrement le terrorisme et surtout l’émigration massive, vers l’Europe, des jeunes africains dans l’espoir d’avoir une vie meilleure. Mais cette émigration-là, entraîne avec elle toutes sortes de dérives, si on peut les qualifier ainsi, telles que la reprise de la traite des esclaves dans la partie nord de l’Afrique, surtout en Libye, un Etat devenu anarchique.

Mais la question qui se pose est : les Européens ont-ils changé dans leur façon de voir le continent noir et les Africains ?

Apparemment non ! Cinq mois plutôt, en juillet 2017, au sommet de G-20 à Hambourg, le président de la République française, fraîchement élu, Emmanuel Macron a parlé de “défi civilisationnel” pour l’Afrique et que les “Africaines font trop d’enfants“.

Ces deux phrases ont soulevé beaucoup de tollés sur le continent. Beaucoup d’observateurs médiatiques pensent que le fait qu’il appartient à une génération qui n’a pas appartenu à la colonisation (né en 1977) et qu’il a condamné en de termes très durs l’occupation française de l’Afrique, ferait d’Emmanuel Macron une sorte de visionnaire sur les relations encore très coloniales entre l’ancienne métropole et ses ex-territoires d’Afrique et de l’Océan Indien.

Le président Macron a fait une kyrielle de déclarations-chocs sur l’Afrique : « il n’y a plus de politique africaine de la France !! Je suis comme vous, d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent colonisé, l’Afrique est le continent central, global, incontournable car c’est ici que se télescopent tous les défis contemporains… ».

Haut-fonctionnaire mais aussi banquier dans un grand établissement d’investissements, il a certainement l’art d’emberlificoter les autres.

Durant sa visite en Afrique, à la veille du 5ème sommet Europe-Afrique d’Abidjan, son discours fait à Ouagadougou a soulevé quelques interrogations légitimes concernant les véritables intentions de son administration. En tentant d’éviter les polémiques issues de ses précédentes communications, sa « déclaration d’Ouagadougou » en a soulevé d’autres.

Il veut changer les anciens accords de coopération par l’entreprenariat, c’est-à-dire faire des accords non plus publics mais entre privés, seulement tout le monde sait sur notre continent l’asthénie de notre secteur privé. Ex-banquier Emmanuel Macron connaît parfaitement le poids des banques françaises et européennes en Afrique dans le contrôle monétaire de chaque Etat lié à la France autrefois par les accords de coopérations.

Ces derniers ont disparu comme le ministère portant son nom en juin 2017, mais le système continue d’exister comme au temps du réseau Françafrique, comprenant des réseaux politiques, économiques et militaires, qui ne veut rien changer. Surtout qu’en 2100, 40 % de l’humanité sera africaine, alors la France et l’Europe ont-ils intérêt à « lâcher » l’Afrique ? Probablement pas, les Africains ont toujours constitué un « stock inépuisable » de main-d’œuvre pour les Européens : esclaves pour les plantations d’Amérique et de l’Océan indien, supplétifs militaires (force noire) pour les guerres mondiales et coloniales, travailleurs immigrés faisant les « sales boulots » (videurs d’ordures, balayeurs, hommes/femmes de peine dans les hôpitaux…) que les autochtones blancs ne veulent plus faire. La France et l’Europe ont surtout besoin de l’Afrique plus que le contraire.

Emmanuel Macron s'est précipité d'accuser les africains d'esclavagiste de ses propres co-continent noir, tout en réitérant, que l'esclavage est un crime contre l'humanité, mais il a essuyé d'un simple revers par une piètre excuse l'esclavage fait par la France durant la colonisation, en se cachant derrière le fait qu'il n'a pas vécu cette période, et il a oublié également qu'un fautif de crime contre l'humanité doit faire face au TPI, ou à défaut, réparer ses tords. Mais l'Afrique peut attendre l'éternité, mais la France ne sortira pas un sou pour réparer sa politique d'esclavage d'antan.

Certains pays africains payent encore à la France un impôt colonial, soit disant que la France a construit beaucoup d'infrastructure dans ces pays. Le monde à l'envers, alors que durant la colonisation, des ressources en matières premières ou en produits agricoles allaient directement en France, la preuve tous les ports africains colonisés, tournent tous vers la France.

Pour la France, la Légion étrangère (connue sous le nom légionnaire) est constituée des étrangers, surtout des africains, qu'on envoie au front des guerres, légion prête à mourir, et après l'engagement, si vivants, ils obtiennent la nationalité française en guise de récompense.

Le président de la République française, en s’adressant aux jeunes se tourne vers une nouvelle stratégie d’occupation du terrain surtout que ces jeunes sont de moins en moins dociles vis-à-vis de leurs aînés et principalement les responsables qu’ils taxent d’ « être aux ordres de l’ancienne puissance coloniale et aussi de l’Europe ».

La stratégie est dénommée par les critiques le « fémocolonialisme », maintenir la dépendance coloniale par les femmes. Et ce en donnant un avantage à un contingent de femmes de venir faire leurs études en France. Est-ce une façon de les enseigner à ne plus avoir beaucoup d’enfants tout en introduisant la « civilisation républicaine » dans leurs communautés ?

D’autres affirmations, comme celle concernant l’armée française qui fait partie des rares armées européennes qui a la possibilité d’agir en si peu de temps reflète que dans le fond rien n’a changé et que le terrorisme n’est qu’une excuse afin de rester en Afrique.

Le privé remplacera le public car « notre aide publique au développement ne répond pas aux besoins » mais vaut faire des affaires.

« L’Afrique n’a jamais connu autant de blocages, autant d’impasses autour de ces Constitutions ou de ces élections », un avertissement aux naïfs croyant ou espérant l’intervention de l’ancienne puissance dans les conflits post-électoraux !!!

« Il sera jugé sur ses actes » déclarèrent les 800 étudiants à Ouagadougou. Ces derniers accusent les dirigeants africains de faire de la France un bouc émissaire sur leurs incompétences à gérer et diriger leurs Etats respectifs en maintenant leur peuple dans une situation de misère en engloutissant les argents de l’aide.

Evidemment l’ancienne métropole reste complice une fois que ses intérêts ne sont point atteints et floués. Avec la pauvreté ambiante, le terrorisme, l’émergence de la Chine comme acteur mondial, la France pense changer d’options en jouant sur la carte du privé, des femmes et des jeunes en général afin de créer une « nouvelle génération » de …collaborateurs.

Ces soi-disant « esprit neufs » apporteront leur éclairage sur le continent, c’est aussi l’occasion de reprendre la main sur les juteux contrats africains. Pour contrer les Chinois qui « arrivent avec leurs paquebots et leurs infrastructures pourries…» déclare un des membres, drôle de remerciement sur ce qu’a fait la Chine pour son pays.

A regarder de près, ni les Européens ni les Africains n’ont changé leur point de vue concernant leurs relations plus qu’ambiguës. Pour les Européens, l’Afrique reste géographiquement et humaine à ses « pieds » sa chasse gardée, son pré carré, alors avec le temps qui évolue, on se tourne vers la jeunesse africaine, friande de modernité comme tout autre jeune de la planète.

Les Européens, Français compris, veulent les transformer en « collaborateurs culturels » en tentant de les attirer sans l’émigration évidemment. De leur côté les élites africaine continuent comme leurs ancêtres au 17-18 et 19ème siècles à vendre leurs compatriotes comme esclaves aux Blancs qu’ils s’appellent Toubab, Moundelé ou Mzungu.

A quand l’état d’esprit de résistance tel que les marrons (Africains fuyant l’esclavage en Amérique et dans l’Océan Indien) ou plus tard les Blacks Panthers ?

C’est cet état d’esprit qui a fait la réussite des nations d’Asie.

Anonymous

 

Commentaires (24)
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