Chaîne de corruption

  • jeudi, 06 juillet 2017 09:31
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  • Photo Archives Sobika

Depuis quelques mois l’affaire Claudine Razaimamonjy occupe la une de l’actualité et occulte tout le reste comme si cette dame représente à elle seule la Corruption à Madagascar.

Mais comment a-t-elle pu en arriver là ? Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu comme divagations la concernant : possession de talismans, sortilèges diverses… ! Comme si elle était la seule dans cette histoire de corruption.

En effet comment cette dame seule aurait pu commettre toutes ces démarches et arriver à s’accaparer les marchés publics sans qu’il y ait des complices à différents niveaux. C’est là que le bât blesse, personne ne s’intéresse à ceux qui l’ont aidé à atteindre ses objectifs.

Il est certain que dans la mentalité malagasy l’expression : « cime haute est toujours agitée par le vent » (hazo avo halan-drivotra), l’inculpation d’une haute personnalité est plus intéressant que le démantèlement d’une chaîne de complice c’est-à-dire que l’on pense qu’une fois la tête arrêté tout le mécanisme disparaît.

Par ce style de comportement général dans notre Nation, il est aisé pour les « subalternes » dans cette affaire de se « planquer » en attendant d’autres commanditaires et proies.

La lutte contre la corruption dans un pays arriéré comme Madagascar est difficile et n’est pas qu’une affaire de bonnes intentions, si le Bureau Indépendant Anti-Corruption ou Bianco est allé jusqu’au bout de son investigation concernant Claudine Razaimamonjy, où en est-il sur la chaîne de corruption sur les attributions des marchés publics au niveau régional et national car des dossiers comme celui-ci, il y en a partout chez nous.

Il est probable que le Bianco continue discrètement ses enquêtes mais toujours mettre en avant la personne incriminée commence à faire douter les observateurs car cela risque de servir d’écran à d’autres actualités plus sulfureuses.

Malgré les dramatisations habituelles faites par les médias, toute tendance confondue, à force de se focaliser sur l’ « affaire Claudine Razaimamonjy » le public délaisse d’autres actualités plus aigües comme la reprise probable de l’exploitation aurifère de Soamahamanina, les coupables d’Antsakabary, les attaques armées de Sabotsy Namehana par des hommes en uniforme travaillant dans une institution, les coups de feu d’Ambohimangakely sans négliger les vols de bovidés dans les régions rurales.

Toute l’insécurité dans notre pays est cachée par l’intérêt médiatisé à cette affaire concernant une personne proche du Président de la République. Il est fort possible que cela ressemble à s’y méprendre à une leurre afin d’éclipser toutes les corruptions au niveau des observateurs de la communauté internationale occidentale et on a mis en avant Claudine Razaimamonjy comme une chèvre sur un autel de sacrifice pour apaiser les bailleurs de fonds, comme quoi l’argent donné pour la lutte contre la corruption est bien utilisé et on la jette en pâture devant l’opinion publique nationale. Et quand cette dernière s’y désintéressera Claudine Razaimamonjy peut retrouver sa …liberté !!!

Combattre la corruption n’est pas quelque chose de facile, il nous faut une détermination et surtout une conviction totale de réussir. Et si la corruption est comparable à une maladie, donc ce qu’il faut faire c’est une amputation de la chaîne de corruption.

Anonymous

 

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