Madagascar : L’antimaçonisme malagasy

  • lundi, 29 mai 2017 10:39
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La dénonciation des supposés agissements des Francs-maçons a été une constante chez certains groupes d’élites malagasy. Elle est apparue certainement au temps du mandat du gouverneur Victor Augagneur (1905-1910), homme politique lyonnais médecin et franc-maçon. Il s’en est pris vigoureusement aux Protestants durant ses cinq ans de présence à Madagascar.

Il déclara que les missionnaires britanniques ressemblent à des vendeurs de toile ou de whisky en propageant des discours qu’ils ont ramené d’Angleterre aux Malagasy. Il s’attaqua ainsi aux temples protestants pensant ainsi éradiquer ce qu’il appelle l’influence anglaise à Madagascar, plus particulièrement chez les Merina.

Des lieux de prières sont ainsi fermés, plus particulièrement dans la région d’Ambatondrazaka, ainsi qu’une partie du pays Betsileo. Des écoles ont été fermées, environ 140.000 enfants sont déscolarisés et que les établissements publics refusent d’inscrire.

Il n’est pas étonnant que les Protestants malagasy éprouvent un ressentiment très fort vis-à-vis des Francs-maçons. Après dix ans de terreur sous le gouvernorat du Général Joseph Gallieni (1895-1905), qui a vu l’élite royale se faire décimer à coup de condamnation à mort à Antsahamanitra (Ratsimamanga, Rainandriamapandry), Ambatondrafandrana (Rabobalahy,…), Anjoma (Rainitsarovy, Randriamialy, Rainitavy, … tous, des officiers supérieurs de Ranavalona III), et bien d’autres, environ une centaine selon Jean Carol ! Les Malagasy espéraient que le nouveau gouverneur serait plus humain, malheureusement il a continué la politique de son prédécesseur en aliénant les croyants protestants.

Evidemment les survivants de la terreur gallienienne préférèrent collaborer avec le pouvoir colonial en suivant la mode du moment en se faisant …franc-maçon ! A partir de cette époque, la Franc-maçonnerie est devenue une sorte d’agence de recherche d’emploi mais surtout de collaboration avec l’Etat colonial.

Pour ceux qui ont été écartés par l’administration coloniale être franc-maçon c’est être les courroies de transmission du Colonialisme français. Même si l’indépendance est de retour depuis 57 ans, ce point de vue demeure inchangé.

Les Malagasy trouvent dans certains rituels de différentes loges maçonniques des pratiques démoniaques (mpakarà, mpakafo…) autant de rumeurs folles pour marquer les esprits. En plus de par le monde, les premières décennies du XXIe siècle sont marquées par la résurgence de diverses formes d'antimaçonnisme.

Certains composants dans la société civile, s'inquiètent des possibles collusions au sein du pouvoir politique ou judiciaire organisées dans les loges, parfois soupçonnées de corruption. L'antimaçonnisme d'origine catholique et nationaliste, né aux prémices du XXe siècle et dans l'entre-deux guerres, s'est organisé sous diverses associations et publications telles le Conseil antimaçonnique de France, devenu La France antimaçonnique, la Ligue franc-catholique de l'abbé Jouin devenue Ligue anti-judéomaçonnique, la Tannenberg Bund dans le village d'Erich Ludendorff, la Ligue antimaçonnique hongroise, le journal Propagande d'Union française etc.

Toutes ces manifestations nourrissent les discours contre les Francs-maçons à Madagascar, sans omettre certaines communautés protestantes suisses et américaines foncièrement antimaçonniques. Celles-ci accusent de tous les maux les Francs-maçons comme à l’origine du mariage pour tous !

Mais à Madagascar dénoncer la franc-maçonnerie revient à dénoncer l’emprise française colonialiste, néocolonialiste, post colonialiste, mondialiste voire altermondialiste…

Mais attention certaines loges maçonniques ne sont pas toutes francophones.

(Anonymous)

 

Commentaire (1)
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