Sénat : Une institution de la stabilisation ?

  • vendredi, 08 janvier 2021 11:50
  • Christophe Bélier
  • Photo Njaka

La messe est dite. Du bleu, le Sénat de Madagascar vire maintenant à l’orange.

Le président Andry Rajoelina, à un moment donné, a accusé cette institution de budgétivore. Et qu'il faut supprimer cette institution et octroyer le budget pour construire des universités.

Les ressources qui lui sont alloués, selon le chef de l’Etat, profitent à une minorité au lieu de servir l’intérêt des jeunes et du peuple.
Mais il se fait à présent rattraper par sa propre parole.

Les douze nouveaux sénateurs officiellement élus sont à 100 % issus des entités à sa solde.
Les six autres membres de la Chambre haute qu’il nommera sous peu seront sans aucune surprise des personnalités sur qui il peut compter.

Dix-huit individus par rapport à la population malagasy, c’est une infime quantité à laquelle l’Etat attribue des sommes colossales.

Si la loi de finance rectificative de 2020 a prévu, pour 63 sénateurs, quelques 16,525 milliards d'ariary, alors que pour cette année 2021, la loi de finance a octroyé bien plus de 16,558 milliards d'ariary pour 18 sénateurs. Aller comprendre.

Le Sénat est la dernière institution de la République à être tombée entre les mains du parti majoritaire sous ce mandat présidentiel ayant débuté en janvier 2019.

L’IRD et consorts contrôlent entièrement l’appareil d’Etat après le départ des HVM du palais d’Anosikely.
Impatients, certains futurs locataires même se sont permis d’inspecter le lieu bien avant la publication du résultat officiel du vote du 11 décembre.

A la lumière des expériences du passé, la domination d’une seule tendance politique à la tête de toutes les institutions est un danger.
Elle nuit gravement à leur fonctionnement normal et à celui de la démocratie encore embryonnaire à Madagascar.

Sous la présidence de l’amiral Didier Ratsiraka, le parti Arema avait la mainmise sur tout l’appareil d’Etat.
Des troubles éclataient pour le chasser du pouvoir.

Le même scénario se reproduisait au temps du parti TIM et du président Marc Ravalomanana.

Le HVM qui pesait de tout son poids était facilement emporté par le vent.

Jusqu’à preuve du contraire, le Sénat, qualifié d’institution de la stabilisation politique, n’a jamais pu remplir cette mission.

Christophe Bélier

 

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