Migration: Le boomerang de la politique d'esclavage et de la guerre

  • mardi, 15 septembre 2015 09:46
  • Tigre
  • Photo: Net http://medias.lepost.fr/

Il y a 200 ans, l'Europe a voulu envahir l'Amérique, avec un besoin de mains d'oeuvre pour défricher la grande terre du nouveau continent. Les Européens sont partis en Afrique pour trouver des hommes et des femmes réduits en esclave, amenés vers les Antilles et en Amérique.

Les matières premières transformées industriellement sont ramenées en Europe et le reste revendu ou troqué en Afrique pour avoir plus d'esclaves.

Actuellement, la démocratie et le droit de l'homme obligent tout le monde à donner un nouveau visage des pratiques jugées révolues.
Mais sans tenir compte des besoins bestiaux de la politique géostratégique.

Les esclaves commencent à demander leur liberté, delà à demander leur droit, et dédommagement. Au nom de la démocratie et de l'indépendance, les Africains commencent à se demander s'ils peuvent gérer leurs richesses.

La solution de la géopolitique est de fixer chez eux les esclaves, mais donner un joli nom de travailleur des zones franches, les milliards de Chinois ne deviendront-ils pas les ouvriers du monde, avec leur salaire misérable. Seulement, les fouets du temps de l’esclavage sont rangés dans le paysage, mais tous les moyens de répression sont bons pour augmenter les rendements.

En Afrique, en particulier à Madagascar, le pays est mis à genoux pour arracher ses matières premières et faire quémander auprès de la Banque mondiale sous le fouet de la FMI et du PNUD, jusqu'à l'organisation d'une soit disant élection locale dépend même du financement de la Communauté Internationale.

En Iran, Irak, Libye, Syrie, le pétrole est un produit essentiel pour faire tourner l'industrie occidentale, alors une bonne guerre contre les terroristes et le Daesh est justifiée.
L'Egypte, qui maîtrise le canal de Suez doit voler en éclat, pour pouvoir mettre la main sur le canal qui fait transiter 50% des bateaux provenant du Nord vers le Sud du globe.

Dans l'océan Indien, dont Madagascar est incontournable, il faut bien maîtriser le gaz, le pétrole et le trafic maritime. C'est bien normal si la Chine, les Américains, et la France proposent leurs services pour contrôler les 5000 km de côte de Madagascar.

La crise des migrations en Europe, avec la venue des millions de réfugiés de guerre et réfugiés dit économique actuel, n'est-elle pas le retour de flamme et de boomerang lancé par les occidentaux depuis des dizaines d'année?

On sait que dans 50 ans, il n'y aura plus de goutte de pétrole dans le monde, alors il faudrait trouver une alternative, l'eau, la mer, le soleil, le vent font partie des solutions énergétiques, alors Madagascar doit se préparer à une nouvelle vague de triangle d'esclavage, nouveau modèle qui va venir. Gare aux dirigeants malagasy qui ferment encore leurs yeux et ne voient qu'un misérable pacte de stabilité, ou pacte de non agression pour espérer sortir le pays de cette pauvreté voulue.

triangle


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A.Bentolila J.Mesnager

Le triangle de l'esclavage

Les esclaves étaient en général des hommes, femmes, enfants de race
noire que l'on capturait en Afrique.
Après un séjour sur l'île de Gorée, au large du Sénégal, ils étaient
emmenés sur des navires négriers aux Antilles ou dans d'autres pays
d'Europe. Arrivés à destination ils étaient vendus comme des bœufs. Les
esclaves travaillaient du matin au soir, quelquefois encore durant une
grande partie de la nuit. L'esclave était la propriété du maître. Il pouvait
donc en user, le vendre ou l'offrir à son gré.

Au nom du Roi, de la Loi, de la Justice,
On fait savoir ... que le dimanche 26 du courant, sur la place du marché bourg de St Esprit, il sera procédé à la vente aux enchères publiques de :
L'esclave Suzanne, négresse, âgée d'environ quarante ans, avec ses six enfants de treize, onze, huit, sept, six et trois ans.
Payable comptant.
Bourg du Marché St Esprit (Ile de la Martinique)

Des avis de ce genre étaient affichés tous les jours dans les bourgs des Antilles il y a deux cent cinquante ans.

Des millions, 50, 60, 100 millions... de noirs, arrière-petits-fils d'innombrables Suzanne,
Africains vendus comme elle, au cours du plus grand mouvement de personnes déplacées qu'ait connu l'Histoire, vivent aujourd'hui en Amérique et dans les Antilles.

L'écrivain Montesquieu a bien expliqué pourquoi on a déporté des millions d'Africains en Amérique. Il fait semblant, ici, de parler comme un partisan de l'esclavage :
Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux d’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres.
On peut admirer la belle raison : puisque nous avons massacré les indiens, il faut bien amener des esclaves d'Afrique ! Oui, on disait cela il y a deux cents ans. Et on n'était pas loin de le penser encore dans certaines régions des Etats-Unis il y a peu de temps.

En France, Nantes est le principal port où l'on pratique le "commerce triangulaire". En effet, le trajet forme un triangle Europe > Afrique > Amérique et retour en Europe.

1. A partir d'Europe, les navires chargés de fusils, barils de poudre, eaux-de-vie, tissus, verroterie, quincaillerie, filent vers les côtes d'Afrique. Là, cette marchandise est échangée contre des cargaisons d'esclaves. Ceux-ci sont capturés par des troupes armées que les rois et seigneurs africains de la côte envoient dans les villages isolés de l'intérieur.

2. Entassés dans les navires comme des bêtes, ils sont parqués en fond de cale dans le noir, les bruits effrayants de la coque qui grince, la chaleur étouffante, sans hygiène, par cinq ou six dans des petites cellules ou tous ensemble à se toucher, quelquefois tête bêche pour gagner de la place. Les plus fragiles meurent en route et on les jette à la mer : enfants malades, vieillards diminués. Ce voyage d'Afrique en Amérique dure plusieurs semaines.

3. Les navires débarquent leur "cargaison" aux Antilles, où elle est mise en vente. Puis les négriers reviennent en Europe, chargés de sucre surtout, mais aussi d'autres marchandises comme la vanille, le coton et le café... produites par les esclaves, et qui font la fortune de nombreux commerçants.

Cela dura quatre siècles. Treize millions de personnes, la plupart entre 1700 et 1800, furent ainsi arrachées de leur terre pour vivre et travailler en Amérique sans règlement, sans protection... sans salaire !

En 1848, le Gouvernement de la République Française décida de supprimer l'esclavage. Il y a longtemps que d'autres pays comme l'Angleterre l'avaient fait. Mais aux Etats Unis, l'esclavage se poursuivit longtemps dans le Sud. Et puisque ce pays continuait à demander "des nègres", la traite, c'est-à-dire la capture et le transport d'esclaves, dura un moment. La marine anglaise pourchassait ces nouveaux trafiquants. Alors pour échapper à cette police des mers, les négriers jetaient leur cargaison humaine à la mer : il n'y avait alors plus de preuves.

Il faut savoir que lors d'une poursuite en mer à cette époque de la voile, il pouvait se passer des heures ou même plusieurs jours avant que le poursuivi ne soit rattrapé. Justement, pour échapper à cette police, les nouveaux négriers avaient réussi à perfectionner les navires. Ainsi, des progrès importants ont été réalisés dans la forme des coques, les
manœuvres des voiles, la navigation en général.
Grâce à l'esclavage, sans doute ?

Jean Mesnager, d'après divers textes

A partir du XVIII ième siécle, va se développer le commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique, et l'Amérique, moteur de l'expansion des banques, ...

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