Quand la mendicité devient la norme

  • samedi, 11 janvier 2020 13:11
  • Anonymous
  • Photos Cahier IEM vendu

Du haut de la tour « d’ivoire » jusqu'à la base, c’est-à-dire le "petit peuple", la politique de mendicité est ancrée dans la mentalité pour ne pas dire dans l'âme. Il est courant d’entendre nos hauts et moyens responsables déclarer :" On attend l’aide extérieure (Miandry fanampiana avy any ivelany)" quand nous faisons face à des défis tels les constructions infrastructures et surtout les catastrophes naturelles.

Beaucoup de nos politiciens, pour ne pas dire politicards, jouent le jeu de la mendicité pour se faire une place au top de la politique, certains sont fiers d’exhiber les sommes qu’ils obtiennent de l’étranger et ils s’en contrefoutent de l’image du pays au regard des autres. Au lieu de donner l’exemple de la fierté et l’ambition nationale ils ressemblent à la grande majorité des Malagasy.

Même les représentants nationaux (députés) inversent leur rôle en mendiant au Président de la République, "Omeo zahay Président", dixit un parlementaire oubliant ou plus exactement ignorant que la Constitution de la 4ème République est une Constitution de République parlementaire, mais non plus présidentiel, donc le patron c'est l’Assemblée Nationale, mais non l’exécutif qui "exécute " tout simplement les décisions de Tsimbazaza qui décide qui sera le Premier ministre, par la suite nommé par le Président de la République, quel programme à appliquer avec le budget national qui lui est conforme !

Donc ils ne sont même pas capables d'inscrire dans ce budget l'argent nécessaire afin de faire fonctionner une école de leur commune et circonscription ?

Nous sommes en pleine saison des moussons (pluies) avec probablement sa cohorte de cyclones, les inondations pointent leur nez partout. Récemment le nord-est de l’île, comme à l’ouest, beaucoup de villes et hameaux ont eu l’eau jusqu’à la hanche pour ne pas dire plus.

A l'ouest, comme Mahajanga vivait sous les eaux, et tout dernièrement dans la capitale. Suivra surement le défilé de sans abris (traboina), et comme d’habitude on entendra sur toutes les ondes et les écrans les récitations sur les dons en provenance de l’administration ainsi que des Vazaha (Européens et Karana), sans oublier les dattes, en provenance du Royaume saoudien qui vont être vendues sur les marchés encore avec leur étiquettes !!!

Tout cela avec les cortèges de 4x4 flambants neufs à 100 000 dollars pièce pour ramener les paquets d’aide (fanampiana) de 20 000 dollars, et " bravo vazaha, bravo amin'ny mpitondra" s’exclame la foule pour ne pas dire l’opinion heureuse de l’aumône reçue.

A l’image de ces mendiants et autres 4’Mi recevant 2000 Ar des vieux Vazaha qui traînent des jeunes filles aux jupes ras des fesses payés sûrement à 200 000 Ar la passe sur les principales artères de la capitale !

Un compatriote nous disait ceci : " C’est Madagascar et ses dirigeants: rien que le court terme pour survivre pour la population et pour le profit immédiat pour les initiés politiciens ou le business. Le long terme, c’est trop loin".

Comme toutes les régions tropicales, Madagascar est une île dans l'Océan indien, une île frappée par des cyclones tous les ans, mais aucun dirigeant ne veut concevoir une politique d'habitation, une politique de protection du littoral, une politique pour faire face à ces aléas climatiques qui s’aggravent avec le temps.

Mais on se contente de renforcer le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC) afin de chercher des biscuits et autres farines (koba aina) et tentes, pour les distribuer au peuple réduit au mendiant.

Mais comme nous l’avons dit précédemment, ce dernier (peuple) vendra les dons sur le marché, en fait tout le monde de haut en bas fait business de tout avec comme toile de fond l’attrait pour l’argent facile. Même les kit scolaires pour leurs enfants seront vendus contre un prix dérisoire.

C’est dans cet état d’esprit que ceux qui promettent monts et merveilles se font toujours élire avec ou sans fraude électorale et quand arrivent les festivités on joue lumières et feux d’artifice et tout le monde est content de manger un oiseau (vorona) une ou 2 fois par an (Noël et 26 juin) et le reste du temps …rien !

Sauf peut-être l’alcool qui coule toujours à flot afin d’oublier la misère. Car la mendicité est devenue la norme. L’effort n’est pas pour demain. Celui qui sauvera Madagascar est le président qui fera travailler les Malagasy pour exploiter leurs richesses afin de les faire vivre humainement.

Anonymous

(Photos Cahier IEM vendu)

 

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