Le Citoyen et la Politique : Le divorce est consommé

  • mercredi, 11 septembre 2019 09:47
  • Britto
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Divorce consommé lors des dernières élections présidentielles de 2018 du 7 novembre et celle du 19 décembre. Il apparaît clairement que l'électorat boude les urnes.

En effet selon les résultats officiels sur les 9 913 599 d‘inscrits, seuls 54,23 % se sont déplacés aux urnes au 1er tour, au 2nd le taux de participation est encore tombé à 48,9% (4 767 887). Ainsi l’actuel locataire d’Iavoha a été élu par 55,66% du suffrage exprimé donc autour de 26,09 % de ceux qui peuvent voter.

La question n’est pas de dire que le président Andry Rajoelina a été mal élu, mais il semble que pour une élection mobilisant la majorité des citoyens, ceux-ci apparaissent de plus en plus désintéressés.

Tous les observateurs, étrangers comme locaux, croyaient que le « combat » entre Rajoelina et Ravalomanana, les 2 poids lourds de la politique malagasy draineraient des foules avec ces queues interminables devant les bureaux de vote, comme en décembre 2001, et ce, pas uniquement à Antananarivo mais dans toute l’île.

Le 3ème round, ou tour comme on veut l’appeler, c’est-à-dire les législatives, on a vu les partis politiques et leurs candidats traîner les pieds ! Une confusion règne sur la participation des candidats, alors que la HCC a maintes fois martelé que la participation aux frais des bulletins uniques doit revenir à l'Etat, car c'est l'Etat qui organise les élections pour la gestion de la cité.

Pourtant à la dernière minute, les candidats à la députation affluent, est-ce par stratégie électorale ou réticence manifeste, ou encore une méfiance vis-à-vis des institutions électorales (organisateurs et juges)?

A l’image de cette expression usitée par les juges électoraux « recevable mais non valable » (Azo raisina fa tsy mitombona) n’encourageant guère beaucoup à participer aux joutes électoraux. Le taux de participation pour les législatives est encore tombé plus bas, officiellement il a été de 31% avec comme résultats une surprise : les 46 députés indépendants élus, alors que l’IRD de l’actuel président avec ses 84 représentants se taille la part du lion.

Cette fois-ci à 2 jours de la date butoir pour le dépôt de candidature des Municipales de novembre prochain, seuls 100/1695 se présentent à l'OVEC pour déposer leur candidature dans tout Madagascar ! Personne ne se précipite pour se faire élire édile de nos cités. Antananarivo la capitale semble être orphelin de candidats, seul un amuseur public et acteur de film Rakotoarisoa Alban dit Gangstabab, est encore le seul à déclarer sa participation à la course.

Et face cela, la CENI, fait la politique d'autruche, et fait semblant de ne pas voir ce désintéressement, mais avance une solution d'organisation d'une élection partielle pour les communes sans candidat, alors qu'on est à peine 5% des communes qui ont des candidats. Et tant pis pour ceux qui n'ont pas déposé à temps leur dossier, cela fait la joie des piètres.

Il est possible que le passage du Saint-Père François ait surement retardé les candidatures, malgré cela un malaise profond est ressenti auprès de la population, certainement elle attend la concrétisation des Vina et Velirano promis pendant les propagandes. Pour le moment elle fait face, à l'augmentation du coup de la vie.

Si la venue du Pape leur a donné une lueur d'espoir, dès son départ, les embouteillages refont surface avec son lot de problèmes. Cette communale apportera- t- elle une solution au pays? Plus personne n’y croit, ainsi le divorce semble être pratiquement consommé entre le Citoyen et la Politique.

La notion de parti politique est-elle à revoir à Madagascar ? Car même les leaders politiques n'y croient plus à ce système de gestion de la cité.

Anonymous

 

 

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