Alefa Barea

  • mercredi, 10 juillet 2019 09:08
  • Anonymous
  • Photo FMF

La vie sociale, politique et bien d’autre est suspendue face aux exploits de l’équipe nationale: les Barea. Tout a été oublié : les morts de la soirée du 26 juin, les insuffisances de ces derniers mois, les embouteillages dans la capitale, les vols à la tire dans les rues,… Tout, tout sur les Barea.

Eh oui pour notre première participation à un CAN c’est une réussite et on souhaite que cela continue. Mais des réflexions s’imposent car nous sommes tous pour la plupart devenus des critiques habitués à des défaites et on ne sait plus tirer des leçons des victoires, devenues rares.

D’abord, il faut savoir que seuls 2 joueurs de notre équipe nationale jouent dans le championnat local (Cnaps et Fosa juniors), le reste à l’étranger. Même si l’AJESIA a fourni bon nombre d’entre eux, ils ont acquis leur maturité et performance sur les stades hors de la grande île : Afrique, Europe et même Amérique et même Asie (Thaïlande).

La première chose à retenir est donc: participer à des championnats extérieurs a rehaussé qualitativement le jeu de notre équipe, à l’image de nos confrères et adversaires africains dont les vedettes jouent dans les compétitions européennes.

Le fait d’être dominé par les Africains à cause d’une lacune en matière de techniques individuelles (maîtrise de balle, précision des passes) fait partie du passé à partir de ce CAN 2019. Les Barea ne font plus le « football des rizières » (baolina an-tanimbary), ce qui a été la vraie cause de nos bides face aux équipes d’Afrique et même de la Réunion.

Le savoir faire étranger nous est nécessaire quoique l’on se dit et pense, il n’a aucun complexe de voir un sélectionneur français entouré d’autres étrangers prendre en main le destin de notre équipe, le résultat est là !

Il est temps d'avoir une vraie politique de la jeunesse et des sports, des centres de formation professionnelle, des stades dignes de ce nom, des sports scolaires, pépinière de nos élites sportifs, de la politique de financement de nos clubs.

On peut en tirer des leçons et pas seulement de conclusions hâtives sur ce que l’on peut faire avec une coopération intelligente avec l’extérieur. On n’a jamais enseigné dans les écoles malagasy (privées comme publiques) que les Britanniques ont envoyé des officiers et autres techniciens en armement, former les responsables militaires malagasy, un an avant la conquête française de Madagascar. Mais le Premier ministre de l’époque les a renvoyé car il pensait que c’était des « espions » aux mains des Français !

Les armes étaient là : canons, fusils, tous d’époque, mais peu de nos ancêtres ont su les utiliser, résultat on subissait le joug colonial pendant 65 ans. Alors que 12 ans auparavant, un officier anglais Willoughby a tenu en échec la marine française à Toamasina !

Grâce aux fortifications de Farafaty, cette victoire a été attribuée à Rainandriamapandry, grand gouverneur de l’est (komandy lehibe). Le Britannique a été jeté aux oubliettes de l’histoire malagasy et mis aux fers pour détournement de fonds.

Pou nous aujourd’hui, enivrés des victoires inespérées de nos Barea, ne tombons jamais dans un chauvinisme stérile. Mais avec humilité et abnégation sachons prendre des leçons de nos victoires pour qu’elles ne soient pas éphémères.

Vive et Alefa Barea !

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