Paul Kagame: Homme d‘Etat africain nouvelle génération

  • lundi, 24 juin 2019 13:44
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Son portrait orne déjà certains grands boulevards d'Antananarivo, il, c’est Paul Kagame, l’actuel président du Rwanda (depuis avril 2000), car il sera l’invité d‘honneur de la 59ème anniversaire du retour de notre indépendance ce 26 juin.

Vision 2020

Pour les Malagasy, ayant entendu parler de ce petit pays des grands lacs, le pays des Mille Collines, Rwanda est synonyme de « miracle économique » africain. Cette réussite date de l’arrivée à la présidence de Kagame.

A titre d’illustration, le Produit Intérieur Brut (PIB) du pays a été de 567 $ en 2000 pour atteindre 1592 $ 15 ans plus tard ! La croissance annuelle atteint en moyenne les 8% par an.

La politique économique de Kagame est basée sur la libéralisation de l’économie, la privatisation des entreprises d’Etat, la diminution de la paperasserie pour ceux qui vont bâtir des business, et la transformation d’un pays essentiellement agricole en économie de nouvelles technologies (NIT).

Modèle sur les dragons d’Asie

Paul Kagame croit que le Rwanda peut prendre exemple sur le développement économique de Singapour depuis 1960, avec comme but l’obtention du statut de pays à revenu intermédiaire qui est l’un des objectifs centraux de la vision 2020.

Après une consultation nationale, à propos de cet objectif, il n’a pas hésité à faire venir et demander l’expertise des techniciens en provenance des pays émergents, en particulier la Chine, Singapore et Thaïlande, et c’est à partir de là qu’il a lancé sa vision 2020.

Pour atteindre ce statut de pays à revenu intermédiaire, l’administration Kagame s’est fixé une liste d’objectifs à achever avant l’année 2020: reconstruction, infrastructures, augmentation de la production agricole, développement du secteur privé, améliorations des secteurs de la santé et de l’éducation ainsi que de la bonne gouvernance.

10 ans après la mise en branle de la Vision 2020, c’est-à-dire en 2011 le Ministère des Finances de l’Economie rwandais a fait un bilan de mi-parcours de ladite vision : sur 44 objectifs, 66% sont bien en route, 11% sont en « surveillance » et 22 % en « retard ». Ces derniers concernent la population, la pauvreté et l’environnement.

Des avancées ont été vues dans le secteur de l’éducation et de la santé et surtout dans l’attrait des investisseurs étrangers, vus comme moteur du développement économique.

Le letmotiv de Paul Kagame est : « nous devons toujours penser pour le peuple, le peuple, le peuple » (We are always thinking about people, people, people.).

De pays entièrement agricole à 90%, le secteur service a augmenté fortement, car dès 2010, il a occupé 43,6% du PIB, en incluant les services de banques et des finances, vente en gros et détail, hôtels, éducation, santé,… Pour cela, les TIC sont une priorité de la Vision 2020 en faisant construire 2300 kilomètres de fibre optique.

Le tourisme s’est aussi développé rapidement et devient une source de devises étrangères, essentielles pour l’économie et les finances. Dans son Indice de Facilité de Faire des Affaires (Ease of Doing Business Index) de la Banque Mondiale, le pays est passé de la 158ème place, en 2005, à la 52ème, en 2012, sur 185 pays, et 46ème en Afrique sub-saharienne. Avec son Rwanda Developpement Board, il a été classé 8ème pour la facilité de fondement d‘entreprise, seulement en 24 heures.

Le niveau de corruption est faible, selon Transparency International, le Rwanda est classé 8ème place sur 47 Etats sub-sahariens, et 66ème sur 175 pays dans le monde.

Voilà en ce qui concerne l’aspect économique dont se gargarisent bon nombre de nos intellectuels et autres économistes concernant le Rwanda, un véritable miracle dans un continent noyé dans la pauvreté mais beaucoup font semblant d’ignorer les varies causes et origines de cet « success story » rwandais dont Paul Kagame détient le rôle principal.

L’homme se confond avec le Rwanda

Il a 62 ans vers la fin de cette année, il est issu d’un père et d’une mère membres de la famille royale donc Tutsi. Rappelons que le Rwanda fait partie des rares Etats-nations d’Afrique noire, il est multiséculaire, et ses frontières n’ont pas été crées par la Colonisation d‘après une équipe archéologique, le Rwanda existe depuis plus de 1500 ans.

Le Rwanda est une création Tutsi, y cohabitent 2 groupes humains les Hutu (environ 80 %) de la population et les Tutsi (20%), il y a une 3ème groupe très minoritaires, les pygmées, domiciliés dans la forêt équatoriale à la frontière avec l’Afrique centrale.

Les 2 groupes, quoique originellement différents, parlent la même langue, partagent les mêmes us et coutumes, et ont conscience d‘appartenir à une même nation. C’est leur histoire, plus que millénaire, qui a fondé ce creuset étatique et national, sous la direction de la monarchie Tutsi, alors que chaque groupe a préservé leurs caractéristiques, si brassage ait eu lieu, il a concerné 15% de la population.

Les Tutsis, se définissant comme les « hommes de la vache et de la lance », sont originaires des hautes terres de l’Ethiopie voisine, alors que les Hutus (homme de la houe et de la glèbe), arrivent de la vaste zone d‘Afrique équatoriale (bassin du Congo).

Ces derniers, en quête de terres à cultiver se sont mis sous la protection des premiers, éleveurs guerriers, ainsi est né le royaume du Rwanda tel que l’ont connus les colonisateurs allemands d’abord, puis ensuite belges à partir de 1916.

Ceux-ci passèrent les accords de 1930 avec le Mwami (roi) rwandais afin que ce dernier accepte de continuer le système de protectorat, mais cette fois-ci avec les Belges. D’ailleurs le souverain s’est converti au Catholicisme avec sa cour. Mais au moment de l’indépendance, ou plus exactement, du retour de l’indépendance, la donne a changé, ou plus exactement, la politique post-coloniale.

Les responsables belges ont changé de braquet en renonçant aux accords de 1930, c’est-à-dire la restauration pure et simple de la monarchie, mais ils promurent la démocratie, donc de facto la République.

Soutenus par la Démocratie chrétienne belge et la France, certains Hutus prirent leur revanche sur les Tutsi entre 1961 et 1994, des massacres périodiques ont eu lieu, celui de 1961 qui amena la fuite de la famille de Kagame vers l’Ouganda voisin, 1963, 1973, et le plus grave a été celui de 1990, transformé en génocide en 1994 qui a vu l’exécution d‘environ 1 million de Tutsi sur 5 millions d‘habitants à l’époque.

Durant son exil avec sa famille et d‘autres Tutsi en Ouganda, Paul Kagame a poursuivi des études supérieures et militaires, soit sur le terrain, mais aussi aux Etats Unis (Fort Leavenworth), devenant un officier du renseignement au sein de l’armée ougandaise.

L’arrivée d’Yoweri Museveni au pouvoir en Ouganda en 1986 leur a donné une certaine expérience militaire car le contingent tutsi rwandais au sein de l’Armée Nationale de Résistance ougandaise atteignait les 25 %.

C’est avec une certaine assurance, avec comme appui de l’Ouganda, que Fred Rwigema et son ami Paul Kagame ont fondé le Front Patriotique Rwandais (FPR), et entamèrent un retour en force dans leurs pays.

Une guerre civile de plus de 4 ans est apparu avec comme point culminant : l’attentat contre le président Juvénal Habyarimana, provoquant le génocide, l’intervention française à travers l’Opération Turquoise, le tout conduisant à la défaite militaire de l’Armée rwandaise au profit du FPR.

Il y eut un bouleversement géopolitique de la région, car l’afflux de réfugiés majoritairement Hutus dans la province du Kivu (Congo démocratique/ex Zaïre) conduisit une expédition militaire du FPR dans cette région afin de sécuriser ses frontières occidentales en 1996-1997, celle- ci a conduit à la chute du maréchal Mobutu Sese Seko et la fin du Zaïre.

Le général Paul Kagame a été considéré comme le refondateur du Rwanda en gagnant la guerre contre les idées véhiculées par les colonisateurs belges et accessoirement français.

On peut même dire que son histoire se confond avec celle de son pays, sans sa volonté de gagner, il n’aurait pas réussi à développer son pays, à l’image des leaders chinois, vietnamiens, éthiopiens, marocains singapouriens, thaïlandais, birmans, qui sans vivre des conflits n’ont jamais pu avancer.

Le "moramora", comme le miracle céleste, n’aura aucune chance d’amener le progrès économique et social.

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