Madagascar menacé d’amende par la SADC ?

  • mercredi, 17 avril 2019 14:39
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Le 25 mars dernier, pendant l'ouverture de la réunion du Conseil des ministres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), Natumbo Nandi-Ndaitwa, ministre des Relations internationales et de la Coopération de la Namibie, a souligné que le sommet contribuerait à la consolidation de la paix sur le continent. Elle a aussi déclaré que la réunion constituait une reconnaissance de l'importance de la solidarité internationale dans les pays membres de la SADC.

Ce sommet de …2 jours a été consacré entièrement au Sahara Occidentale, ce territoire revendiqué par le Royaume du Maroc et administré par celui-ci depuis 1975, malgré les péripéties diplomatiques, surtout à cause de l’opposition armée du Front Polisario (Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro).

Derrière ce problème, vieux de 44 ans, se profile l’antagonisme entre les 2 puissants Etats du Maghreb, l’Algérie et le Maroc, le Front Polisario n’existe que par le soutien politique et militaire de l’Algérie dont le but est d’avoir un accès à l’Océan Atlantique !

Depuis l’existence du plan James Baker (ancien secrétaire d’Etat américain) en 1997 concernant le litige : large autonomie du Sahara occidentale sous souveraineté marocaine, la situation semble être figée. Mais sous l’impulsion de l’Algérie le Polisario, sous la dénomination de République Sahraouie Démocratique (RASD) continue de réclamer l’Indépendence.

Rappelons que le premier Etat à reconnaître la RASD a été la 2ème République de Didier Ratsiraka, et la RASD avait son ambassade sise à Antanimena (l’actuel restaurant Vanille). La RASD a quitté Madagascar avec l’arrivée au pouvoir de Marc Ravalomanana en 2002 qui s’est rapproché du Maroc.

Tout le monde se souvient aussi que c’est le président Ravalomanana qui est à l’origine de notre entrée au sein de la SADC toujours à cette époque.

Mais 17 ans plus tard, le gouvernement sud-africain dirigé par l’ANC est très hostile au Royaume du Maroc et reprend le flambeau de l’Algérie en affichant sa « solidarité » avec la RASD. Rien d’étonnant à ceci car ancien mouvement de libération nationale, l’African National Congress (ANC) demeure structuré par l’idéologie marxiste, donc allergique à tout ce qui est « monarchie ».

De plus l’Afrique du sud, tente d’avoir la suprématie de première puissance sur le continent ! Donc pour lui, le Maroc est un rival potentiel. Ce dernier a aussi organisé une rencontre au sommet, la « Conférence ministérielle africaine sur le Sahara marocain » à la même date le 25 mars 2019 regroupant 37 pays du continent dont …Madagascar !

Face à cette situation, l’Afrique du sud veut sanctionner les pays, plus particulièrement les membres de la SADC qui ne s’alignent pas sur sa position sur le Sahara marocain!!!

Un haut diplomate du ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération (Dirco), cité par le portail «News24», a affirmé que Pretoria compte demander à Madagascar le remboursement d’une aide de 30 millions de rands (1,8 million d'euros) accordée par l’Afrique du Sud pour l’organisation des élections de 2018 !

Et ce, afin de punir Madagascar de ne pas avoir participé à cette foireuse conférence organisée sur la RASD par l’Afrique du sud !

Un débat sur le remboursement de l’aide sud-africaine à Madagascar est en cours au Dirco (Direction de la coopération internationale), a dit Xolisa Makaya, directeur-général de l’Afrique au sein du MAE de l’Afrique du Sud. : «Nous avons parfois le sentiment que nous ne posons pas les conditions nécessaires pour apporter un soutien à un certain nombre de pays», a dit le responsable, qui s’interroge sur l’intérêt, pour l’Afrique du Sud, à continuer à soutenir des pays qui ne défendent pas, bec est ongles, ses positions.

Et pire encore ! assister à une autre conférence aux antipodes de ce que le pays de Mandela voulait véhiculer, en faisant référence à la conférence de Marrakech sur le soutien de l’Union africaine au processus mené, de manière exclusive, par l’ONU pour trouver une solution au conflit du Sahara.

Un froid s’est installé entre le nouveau président malagasy Andry Rajoelina et la SADC, pion de l’Afrique du sud. Le ministre des Affaires étrangères Naina Andriatsitohaina a reçu l’instruction d’aller à Marrakech mais non à Pretoria ! Le choix diplomatique de Madagascar est fait : le Royaume du Maroc !

Est-ce de l’animosité envers l’Afrique du sud ou un choix réfléchi ?
Sur le choix de l’Afrique du sud de diligenter la politique africaine, les échecs sont légions. A titre de rappel la défaite de François Bozizé Yangouvonda le général président de la RCA (République Centrafricaine) en mars 2013 avec comme conséquence l’anarchie dans ce pays et son impossible retour.

Auparavant il y a eu la mort de Mouammar Kadhafi, tué comme un rat, dans un ovoïde en octobre 2011, sans oublier la chute de Marc Ravalomanana en 2009 qui n’a eu son salut qu’en se réfugiant à Pretoria.

Tous ces 3 ex-chefs d’Etat ont été soutenus par l’Afrique du sud, mais ce dernier ne fait pas le poids face aux Européens dans ces 3 cas.

Alors que par 2 fois le Maroc a sauvé l’intégrité territoriale du Zaïre (ex Congo démocratique) dans les années 70 !

A nos dirigeants de choisir et de ne pas croire aux miroirs aux alouettes.

Le régime d'Andry Rajoelina veut-il profiter de l'accord avec le Maroc signé par Hery Rajaonarimampianina sur la construction d'hôpital à Antsirabe, et la réfection du Canal des Pangalanes, mais jusque là, la contrepartie, comme les autres partenariats dits gagnant-gagnant reste floue, mais ce canal est une richesse, tant dans sa biodiversité, que les terres rares convoitées par les industries de technologies de pointes comme la fabrication des téléphones, satellites.

L'enjeu est-il là? Le roi du Maroc, tous se souviennent, a snobé royalement la francophonie, alors qu'il était venu avec plusieurs avions et logistiques pour ne pas y assister. Quel impact ce choix vis-à-vis de la France, d'autant que les yeux jaunes s'implantent et se pourvoient des projets déjà initiés par l'ancien régime, comme l'autoroute reliant la RN2 avec le port de Toamasina, et la RN5a, projet déjà signé avec Hery Rajaonarimampianina.

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