Une vraie politique du riz

  • lundi, 18 mars 2019 22:56
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L’arrivée ce week-end du “vary mora” soulève beaucoup de questions, même si la communication que l’on fait autour semble donner un bon point pour l’administration Rajoelina. En effet le Président de la République a tenu lui-même à honorer de sa présence l’arrivée à quai des 16 500 tonnes en provenance du sous-continent indien, de Karachi (Pakistan) plus exactement.

Selon les chiffres, les Malagasy consomment 12 000 tonnes par jour, donc ce « vary mora » sera consommé en moins d‘un jour et ½.

Mais on n’est pas là pour critiquer car Andry Rajoelina n’est pas le 1er Chef d’Etat malagasyà faire importer du riz, de Didier Ratsiraka en passant par Zafy Albert , Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, l’importation de riz est devenue une « tradition commerciale » qui nous fait perdre des devises (dollars/Euros) chaque année.

A titre de rappel le gap rizicole entre production et consommation est aux alentours de 400 000 tonnes/an, ce qui nous coûte assez cher.

Seules 8 régions sur 22 ont un excédent de production de riz (Melaky, Bongolava, Alaotra-Mangoro, Vakinankaratra, Itasy, Betsiboka, Amoron’i Mania et Haute- Matsiatra), les 14 autres dépendent des surplus ou plus exactement de l’importation. Marovoay (région Boeny), l’autre grenier à riz avec Ambatondrazaka n’est plus qu’un mythe de nos jours, car il n’arrive plus à subvenir aux besoins de sa région.

Mais le mauvais état de nos infrastructures routières rendent difficile l’acheminement de nos productions. Tout le monde sait que la région Melaky est une des plus isolées, avec une partie du Bongolava possédant des routes inutilisables une partie de l’année, sans oublier le problème de l’insécurité.

Sans oublier que cette politique d’importation incessante de riz alimentent les caisses de certains traders au détriment des producteurs locaux déjà parfois victimes des intermédiaires sans scrupules profitant des difficultés de transport donc d’écoulement de riz. Donc c’est 80% de la population qui en paye le prix pour les avantages de 1% évoluant dans le commerce.

Alors pourquoi n’arrivons-nous pas à augmenter notre production rizicole ?
Les principaux pays producteurs situés en Asie du Sud et du sud-est vivent sous le régime de la mousson 2 fois par an, avec sa cohorte de typhons (cyclones chez nous) et de dégâts (inondations, ensablement des champs) mais cela n’empêchent point certains pays (Viêt-Nam, Indonésie, Thaïlande) d’avoir plus de 2 récoltes par an. Pourquoi pas nous ?

Une politique du riz doit avoir lieu en aidant les riziculteurs afin d’augmenter leur rendement par hectares (amélioration technique, équipement). L’Etat doit s’impliquer plus, sans laisser le seul mécanisme du marché réguler notre production rizicole. Il faut étendre les surfaces cultivables pour faire travailler les sans emplois qui encombrent les villes, en les encadrant comme l’ont fait la Chine, le Viêt-Nam et l’Indonésie.

Mettre en place une vraie banque malagasy pour étoffer le matelas financier de nos agriculteurs, au lieu de jeter l’argent par la fenêtre pour l’importation de riz.

L’Etat doit avoir une politique de désenclavement des régions à forte potentialité agricole et surtout établir une sécurité pérenne pour tous les citoyens. Ce ne sont pas les ingénieurs et techniciens agricoles qui manquent à cette nation.

Ce n’est pas les moyens qui manquent mais la volonté de réussir qui n’existe point en nous, qui préférons mendier que de …travailler.

Anonymous

 

 

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