Semaine de tous les dangers

  • mardi, 04 septembre 2018 08:31
  • Anonymous
  • Photo NewsMada

La date butoir de 08 septembre est proche, à cette date le président Hery Rajaonarimampianina, devenu candidat à sa propre succession, doit déposer sa démission au risque de se faire disqualifier aux prochaines présidentielles dans deux mois.

Tous les acteurs politiques se font silencieux en attendant cette échéance qui est une toute première dans notre vie nationale. En effet, rares sont les Etats réclamant dans leur Constitution la démission de celui en exercice s’il veut se représenter aux élections !

Dans les coulisses, plusieurs candidats se réunissent afin de concocter un report des élections. Selon des sources dignes de foi, une requête a été déposée auprès de la Chambre Administrative pour une demande de report à cause de « la date qui tombe dans la période de pluie », et la vice de forme pour la convocation des électeurs.

La supplique passera devant les juges, selon toujours les indiscrétions, mardi 4 septembre.

Le N°1 de la Chambre Haute, Rivo Rakotovao, attend avec impatience le jour où il montera sur le trône ! Dont il ne pourra jamais y accéder par voie électorale !

Même s’il ne fait que de la représentation, au vu de la décision de la Haute Cour Constitutionnelle, dans sa décision n°18-HCC/D3 du 25 mai 2018 qui à son article 10 déclare « Le Président de la République en exercice qui se porte candidat à l’élection présidentielle de 2018 démissionne de son poste 60 jours avant la date du 1er tour du scrutin » sans aucune référence à l’article 46 alinéa 2 de la Constitution, donc le pouvoir est entre les mains du Premier Ministre de Consensus Ntsay Christian.

Ce dernier « assure la neutralité de l’Administration tout le long du processus électoral » en vertu de l’article 9 de la décision n°18-HCC/D3 du 25 mai. Rappelons que Ntsay Christian a été nommé à ce poste sur proposition d’Andry Nirina Rajoelina.

Dans le camp Rajoelina, on commence à secouer le cocotier afin de ne pas dépouiller son PM des pleins pouvoirs dont il disposera au lendemain du 08 septembre, car c’est le seul à qui il pourra avoir confiance dans sa marche vers Iavoloha, avec tous les moyens sans limites, sans transparences dont le chef du MAPAR dispose en ce moment.

Les ministres nouvellement nommés, sans crier sur tous les toits, savent très bien qu'ils ne pourront jamais revenir dans le prochain gouvernement post-électoral, donc ce n’est point dans leur intérêt d'avoir une élection au 7 novembre !

Sans compter du vieux Amiral, qui s'est porté candidat, juste pour remuer toutes les cartes, et reprendre sa revanche dont il l'a perdu depuis 2002. D'ailleurs, il rentrera en scène mercredi soir, en direct d'une chaîne télévisée, depuis l’hôtel Carlton. Et sûrement, il va fronder le zandrikely, le laitier et le ressort.

D’autant plus que dans son article 75, la Constitution énonce : « L'Assemblée Nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. La durée de chaque session est fixée à 60 jours. La première session commence le premier mardi de mai et la seconde, consacrée principalement à l'adoption de la loi de finances, le troisième mardi d'octobre».

Cette 2ème session de l'Assemblée Nationale débute pour 60 jours, en pleine campagne électorale, le mardi 16 octobre 2018 ! En toute évidence l'Assemblée nationale peut porter plainte contre la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) pour « parjure » devant la Haute Cour de Justice (HCJ) à cause du fait que la 1ère ait outrepassé ses fonctions dans sa décision de sortie de crise, qui l'a conduit à ordonner de dissoudre le gouvernement, de légiférer à la place du législateur en imposant à 15 jours le délai de campagne entre les 2 tours, selon sa Décision n°18-HCC/D3 du 25 mai 2018 relative à une requête en déchéance du Président de la République Hery RAJAONARIMAMPIANINA.

Dans l’Ordonnance n° 2001-003 du 18 novembre 2001, portant loi organique relative à la Haute Cour Constitutionnelle, dans son Article 12 il est dit : « Avant d’entrer en fonction, tout Haut Conseiller doit prêter serment en audience solennelle en présence : du président de la République ou de son représentant, du Président du Sénat ou de son représentant, du Président de l'Assemblée Nationale ou de son représentant, du Premier Ministre, chef du Gouvernement ou de son représentant :

"Mianiana aho fa hanatanteraka antsakany sy andavany ary amim-pahamendrehana ny andraikitra atolotra ahy ao amin'ny Fitsarana Avo momba ny Lalàmpanorenana, tsy hiandany na amin'iza na amin'iza fa handray fanapahan-kevitra ankalalahana ka ny fanajana ny Lalàmpanorenana sy ny lalàna manan-kery ary ireo fotokevi-dehibe raiketiny no hany hibaiko ahy amin'izany. Mianiana koa aho fa hitandro mandrakariva ny tsiambaratelon'ny diniky ny Fitsarana",

Acte est dressé de la prestation de serment qui affirme la neutralité des juges et le respect à la lettre de la Constitution.

Mais est-ce le cas ? N’y-a-t-il pas une dérégulation ? Plusieurs factions politiques demandent, sans parler des pro-"Fanorenana Ifotiny", la recomposition de la HCC ainsi que de la CENI. Mais serait-ce possible ?

Le match a déjà débuté, le jour de la déclaration par la HCC de la liste des 36 candidats, comment imaginer que dans un match de foot au mondial, déjà entamé, on change l'arbitre central, la HCC, ou un des arbitres de touche et les responsable des tables, en cours de match?

Si report il y a, c'est tout le match qu'il faut rejouer, donc on procèdera à l’ouverture de nouvelles candidatures.

Cette 1ère semaine de mois de septembre, disait un postulant aux prochaines présidentielles, représentera un grand danger.

Évidement le nouveau Premier Ministre a aussi bu l'eau de Managareza, et au cas où il sera éjecté, il se porterait candidat lui aussi ? C’est une tradition chez nous.

Anonymous

 

 

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