Insécurité arrangée ?

  • lundi, 07 septembre 2015 12:00
  • Andry Baliba
  • Photo: Sobika
Dans son rapport d’enquête en date du mois d’août 2015, la Banque Mondiale, outre la gabegie administrative au niveau des tribunaux, n’a pas également laissé sous silence l’insécurité galopante, ainsi que la recrudescence de la criminalité sous forme de kidnapping à l’endroit des ressortissants indo-pakistanais, naturalisés français, résidant à Madagascar.
La Police de la brigade criminelle d’Anosy, lors d’une rencontre avec la presse a avoué l’implication d’un officier supérieur dans cette louche affaire de kidnapping sans avoir donné des détails, mais des enquêtes d’investigations ont permis de savoir qu’il s’agit d’un commissaire principal de Police, qui n’est pas hélas à sa première opération. Le nom d’un Général de brigade de la gendarmerie national malagasy et son fils figurent également dans la liste des principaux suspects. Ce n’est pas étonnant si les enquêtes se terminent toujours en queue de poisson sans pouvoir mettre dans la maille du filet les gros bonnets. « Kopi kolé » de l’affaire bois de rose. On n’arrête que des petits lieutenants. Les gros calibres sont intouchables. A Tsaralalana, les trafiquants d’héroïne et cocaïne collaborent aussi avec des forces de l’ordre pour faire passer les produits.
Mais là où le bât blesse, les bailleurs de fonds et les opérateurs économiques sont en proie à des autorités corrompues. Même les simples contribuables savent pertinemment que des forces de l’ordre, des hauts gradés même sont impliqués et trempés jusqu’aux os dans des sales affaires. C’est inimaginable et ça n’arrive qu’à Madagascar, des voleurs osent pointer leur nez dans le bureau de la brigade criminelle de la police nationale pour faire main basse à des soit disant dossiers secrets. A qui profite l'insécurité ? Un secret de polichinelle !
Mais la police nationale n’est pas la seule montrée du doigt, la gendarmerie vient de faire parler la poudre sur l’affaire concernant Jean Pierre Randrianamboarina. Les maux sont partout.
Au niveau de l’armée populaire, le flou autour des fusillades qui ont causé la mort des huit militaires à Ankazoabo sont encore à éclaircir. Dans des régions classées zones rouges à cause de la recrudescence des vols des bœufs, les litiges entre les éléments qui chopent les bandits de grand chemin, les officiers de polices judiciaires qui effectuent les enquêtes ainsi qu’aux magistrats qui tranchent les affaires sont devenus monnaies courantes.
Ne voulant plus suivre les procédures normales, il n’est pas impossible que des éléments sur terrain, n’inspirant plus confiance au système judiciaire, « règlent » le deal entre eux et les malaso mais souvent, la situation tourne en vinaigre à l’instar du cas Remenabila.
En parlant du Grand Sud, un membre d’autorité civile est aussi de connivence avec les malaso , il leur fournit des armes, des munitions mais très malin, cette personne se trouve toujours du côté du pouvoir et il devient du coup intouchable. Encore du pain sur la planche pour assainir le milieu sécuritaire à Madagascar.
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