Vers une année blanche

  • samedi, 07 juillet 2018 09:58
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On se dirige doucement mais sûrement vers une année blanche de l'enseignement. Cette crise au niveau de l’enseignement ou plus précisément une crise sociale touchant les enseignants a débuté plus de 3 décennies quand nos bailleurs de fonds ont été introduits par les dirigeants afin de les aider « à relever l’état économique du pays ».

Ainsi l’éducation nationale comme la santé sont devenues les parents pauvres de notre service public et ce depuis le début des années 90. Peu payés nos enseignants, au fil du temps, ont perdu toute motivation et cela s’en ressent sur la qualité de leur prestation. La baisse des vocations, pour cause de faible salaire, a obligé les parents à instituer les instituteurs FRAM dont les prestations laissent à désirer. Notons que leur faible émolument fait que ces instituteurs sont obligés d’avoir un autre métier !

A côté de cela les errements de la politique d’enseignement ont encore aggravé la situation. La malgachisation a été mal orientée, au lieu d’apporter les espoirs nécessaires à une éducation patriotique répondant aux exigences des défis pour le développement. Elle a plutôt sonné le glas de l’enseignement, comment est-il possible qu’une nation ayant une langue commune n’est pas capable d’utiliser sa langue maternelle comme langue d’éducation ? Tous les dirigeants successifs y mirent leur grain de sel apportant plus de problèmes que de solutions.

N’oublions pas aussi l’état lamentable des infrastructures, beaucoup d’écoles ressemblent à des taudis ou des ruines, les élèves sont tassés comme des zébus menés à l’abattoir, s’asseyant par terre. En zone rurale n’en parlons plus, presque la moitié de l’année, les instituteurs et enseignants ne perçoivent aucun salaire, dès fois ils sont payés en nature parce qu'on leur donne à la place du salaire un daba de riz ! Car les parents de leurs élèves n’ont que cela à leur offrir ! D'où leur nom "Ramose daba"

De son côté l'Etat leur demande de serrer la ceinture alors que la Présidence, la Primature, le Sénat, l’Assemblée nationale, ainsi que le Ministère des Finances totalisent à eux seuls 3 000 milliards de MGA de budget annuel. Les enseignants demandent de remplacer les 90 MGA et 100 MGA d'indemnité de logement, indemnité de craie, frais médicaux en rajoutant trois zéros, c’est-à-dire 100 000 MGA x 3.

Pour 100 000 enseignants, on aura un budget supplémentaire de 360 milliards MGA en indemnités, ce qui représente 10% des budgets de la Présidence la Primature, Sénat, Assemblée nationale, Ministère des Finances. Ces budgétivores ne peuvent-ils pas se serrer la ceinture en amputant 10% de leur budget, nul besoin d’augmenter la pression fiscale.

L’état de notre éducation nationale est à l’image du niveau de responsabilité de nos responsables successifs depuis la 2ème République. Certains s’enfoutent, d’autres prétendent que 87% de notre budget proviennent des aides extérieures donc il faut se plier aux exigences des bailleurs et autres partenaires étrangers comme si nous sommes incapables de mener une politique de l’éducation souveraine et appropriée à nos besoins.

Alors pour satisfaire leurs exigences afin d’améliorer leurs conditions de vie, nos enseignants vont-ils durcir leur mouvement de grève ? Donc on s’oriente vers une année blanche, cette fois-ci les élèves sont les plus grands perdants mais surtout la nation toute entière car quel que soit l’issue, le civisme disparu de nos programmes d’école, cultive cette indiscipline dans notre société et cette culture de l’impunité de nos chefs.

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