Opposant ou partisan ?

  • jeudi, 21 juin 2018 11:34
  • Anonymous
  • Photo de famille Gouvernement Ntsay Christian

Dès le début de la mandature de Hery Rajaonarimampianina, 1er président de la 4ème République, le parti d'Andry Rajoelina ou MAPAR a été écarté par le régime comme un malpropre. Alors que l’ancien ministre des Finances de la Transition devait son fauteuil grâce à l’appui politique du MAPAR et ce au détriment d’un ex-premier ministre de la transition Camille Vital et d’un soi-disant candidat « officiel » du MAPAR Razafindravahy Edgard Marie Noé.

Pour avoir été écarté comme un voleur de poulet, les réactions de l’ex-président de la transition Andry Rajoelina, par deux fois au Carlton, ont été des plus cinglantes.

Mais sous prétexte d'absence de décret d'application de la loi sur les partis politiques datant de 2013, le MAPAR s'est toujours refusé de se déclarer opposant à l’administration HVM, bien au contraire il s’est scindé en plusieurs subdivisions MAPAR I, II, III.

Il est à noter que cette loi sur les partis fut adoptée sous la Transition, mais son président a omis de sortir le décret d'application, donc elle est sans effet, pour ne pas dire « nul et non avenu » et ressemble plus à un enfant mort-né.

Andry Rajoelina, dans son émission spéciale du 17 juin 2018, a martelé qu'il faut respecter scrupuleusement la décision de la HCC, laquelle ?

Sur les répartitions des fauteuils ministériels dans le gouvernement de consensus de Ntsay Christian, qu’il a lui même désigné, avec ou sans l’accord des parlementaires MAPAR, faisant partie des 73 députés.

Pour lui, il avait eu un ou des accords politiques entre les différentes factions, où ? Au Centre des Conférences Internationales (CCI) d’Ivato ? Mais la rencontre organisée par le Conseil du Fampihavanana Malagsy (CFM) s’est terminée dans le chaos et des échanges pugilistiques entre les intervenants. Donc de facto, des matches de boxe oui, mais un accord politique non !

Par ailleurs Marc Ravalomanana, boss du TIM, a été clair : « je voudrais voir la couleur de cet accord, car moi je n’ai rien signé ».

Le choix de Andry Rajoelina sur l’actuel premier ministre n’est-il pas issu de la rencontre qu’il a organisé au Carlton concernant l’Initiative Emergence Madagascar (IEM) ? La présence d’un parterre d’opérateurs étrangers nous oriente vers cette réflexion, alors que les députés élus sous l’étiquette MAPAR a voulu que le nouveau chef du gouvernement soit issu de leur rang.

Le premier ministre est-il un candidat de l’extérieur, à moins qu’il soit celui de la diaspora MAPAR ? La présence en grand nombre des chancelleries étrangères semble confirmer notre point de vue.

Dans sa décision n°18-HCC/D3 du 25/05/2018, la HCC annonce à l’article 11 que le Président de la République ne peut plus dissoudre l’Assemblée Nationale, et qu’en vertu de l’article 5 de ladite décision, le premier ministre « ne peut être révoqué que par faute grave ou défaillance manifeste constatée par la Cour de Céans » (i.e. la HCC).

En termes moins juridiques : Le premier ministre a le plein pouvoir pour manœuvrer, donc le MAPAR et ses ministres ont une large compétence, même si le Chef de l’Etat s'y oppose, car de toute façon le premier ministre est inamovible et irrévocable.

Alors pourquoi Andry Rajoelina continue de parler encore comme un opposant sans jamais l'être officiellement. Beaucoup d’observateurs pensent que Hery Rajaonarimampianina est devenu une marionnette entre ses mains, il est sous-contrôle.

Il demande, voire exige, la publication de la date des élections, pourquoi son premier ministre ne le sort pas encore? Alors que c’est sa principale mission selon l’article 8 de la décision n° 18-HCC/D3.

Il se déclare être contre la ZES, pourquoi le gouvernement ne propose-t-elle à l'Assemblée Nationale une autre loi ?

C'est Rajoelina qui a proposé Rajaonarimampianina en 2013, alors qu’aujourd’hui il déclare que le régime actuel n'a pas de programme.

Mais si ! On a bien retenu la promesse d’en finir avec les délestages en 3 mois, c’est-à-dire au plus tard en avril 2014, mais on est déjà en Juin 2018 et les délestages sont toujours là et s’aggravent !

Comme le pouvoir lui revient maintenant avec l'application de l'article 54 de la Constitution, renforcée par la décision n°18-HCC/D3, avec interdiction de censurer le premier ministre, alors Rajoelina et son PM a 3 mois pour accomplir la promesse non tenue de son poulain Rajaonarimampianina durant 4 ans, surtout qu’il y a la Coupe du monde, sinon pour les Malagasy en auront la coupe pleine.

Alors, qu’il cesse de se plaindre comme un enfant et passer pour une victime. Le bilan de Rajaonarimampianina et de son administration (appauvrissement de la population, insécurité, dépréciation de l’Ariary, corruption généralisée, peste, gestion chaotique des catastrophes naturelles,…) sera aussi celui du MAPAR, du TIM, du MMM, qui se sont bousculés et ont accepté de gouverner avec ce régime actuel.

Rien d’étonnant que l’opposition a été à géométrie variable durant ces quatre dernières années (2014 - 2018). Tout n’a été qu’enfantillage et la Nation en a marre, par les opposants qui deviennent subitement des partisans et vice-versa.

Anonymous

(Photo de famille Gouvernement Ntsay Christian)

 

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