Une Démocratie imposée ?

  • lundi, 09 avril 2018 09:48
  • Britto
  • Photo Archives Gasypatriote

La grande majorité des Malagasy connaît la signification de la Démocratie, mais sa perception et les appréciations sur l’Etat et au fonctionnement deviennent plus difficiles.

Pour quelques observateurs, les manques d’information en sont l’une des raisons, il semble en effet que la Démocratie est mieux comprise dans le milieu urbain que rural et encore ! Le pluralisme est-il appliqué comme il faut chez nous car les partis politiques déclarés ou pas pullulent à chaque coin de rue ? Cela signifie-t-il qu’on est dans un système démocratique ?

Il existe des failles dans la pratique de cette démocratie de la part de nos hommes/femmes politiques avec comme résultats: perte de crédibilités et d’audience des politiciens. Ils tirent trop sur la corde de la « liberté d’expression » pour transformer la réalité en rumeur selon leur point de vue et créent ainsi un esprit partisan frisant parfois le fanatisme.

Cet esprit partisan est à l’origine de la fracture nationale où seule une minorité y trouve son compte. L’opinion publique n’y croit plus aux paroles des opposants, des OSC (Organisations de la Société Civile) ou ceux du pouvoir et tout le monde parle comme dans un désert.

Mais l’unipartisme a-t-il vraiment disparu dans les esprits ? Et si cette démocratie nous a été imposée de l’extérieur ? Donc de façade seulement.

Tous les dirigeants successifs n’ont-ils pas promis dans les 2 Constitutions (3ème et 4ème République) que la liberté d’expression, démocratie et l’Etat de droit sont les 3 piliers de la République à Madagascar ?
Mais aucun sans exception ne les ont respectés.

En regardant le contexte international, certains se permettent d’avancer cette idée de démocratie imposée, d’autant plus que la Démocratie a été suggérée comme étant la panachée du sous-développement chronique de l’Afrique par le président François Mitterrand lors du sommet franco-africain de la Baule en 1989.

Ceci correspondait à la disparition de l’alternative socialo-progressiste, ayant pour cause la chute et la disparition de l’Union Soviétique et de pacte de Varsovie, ainsi l’Occident (USA et Union Européenne) régnera en maître dans les relations internationales et imposa ses règles.

Des institutions comme le National Endowment for Democracy (NED) (en français, Fondation nationale pour la démocratie) ayant vu le jour en 1983, sous l’administration Reagan, dont l'objectif déclaré par les autorités américaines est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde, a pris de l’ampleur.

Un des hauts responsables américains a tout de même déclaré à propos du NED: « Il n'est pas nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui [...] étaient menés en sous-main, peuvent désormais l'être au grand jour, et par voie de conséquence, sans controverse et …bien des choses qu'ils [à la NED] faisaient maintenant étaient faites clandestinement par la CIA 25 ans auparavant ».

Alors la promotion de la démocratie à la mode du NED est-elle une forme de prise de contrôle d’un Etat par les USA ?

L’exemple type est l’Ukraine, que les Européens et Américains tentent de diviser en 2, l’ouest pro-européen et l’est pro-russe, une division existant plus de 3 siècles entre Catholiques ukrainiens (ouest) et Orthodoxes russophiles (est).

Derrière tout cela se profilent des financements, sans oublier les « chantages » des bailleurs de fonds (Banque Mondiale et FMI) dont les sièges sont aux….USA !

En Russie, il n’est un mystère pour tout le monde que le NED soutient par tous les moyens Alexeï Navalny et le Glasnost Defence Foundation, issu de l’ancienne politique de Gorbatchev, le fossoyeur de l’Union soviétique.

Pour le continent africain, le NED finance l’Institute for Human Rights and Development in Africa (IHRDA), comme son nom l’indique, travaille pour la promotion supranationale des droits de l’homme en Afrique.

Il est vrai, comme l’a dit un homme d’Etat britannique, que la « démocratie est le moins pire de tous les systèmes » mais il semble qu’à Madagascar elle ne rime pas du tout avec développement.

Avec nos coopérations avec les bailleurs de fonds, il nous est interdit d’exploiter directement nos ressources pour notre bien et ce n’est point du délire mais c’est la vérité derrière ce sous-développement chronique.

On favorise les débats stériles en détournant l’attention de nos concitoyens qui, à force de soi-disant débats vont entre-tuer dans des combats.

A Madagascar la démocratie n’est qu’une fausse illusion car elle est imposée, ce qu’il nous faut c’est de prendre en main notre développement par nous-même.

Anonymous

 

 

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