Une question de renflouement ?

  • mardi, 03 avril 2018 11:41
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Air Madagascar a vu le jour en 1961 sous le nom de Madair, son nom définitif est apparu en 1962. Et comme Madagascar est le seul pays indépendant de la région à cette époque, la compagnie nationale Air Madagascar a été un leader et précurseur dans l'Océan Indien.

A titre d’exemple, elle a lancé Air Mauritius pour la réalisation de son premier vol. Entre-temps Air Madagascar était reconnue comme le « réseau intérieur le plus dense du monde » car elle reliait toutes les localités isolées de la grande île : Maroantsetra, Mananara nord, Andapa, Maintirano, Ambatomainty, Morafenobe,….

En même temps, elle étendit une présence régionale et internationale dans l'Océan Indien : Maurice, Kenya et Afrique du Sud (interrompu en 1976 pour cause d’apartheid) et Seychelles.

Elle a toujours amélioré sa flotte d’avion afin de répondre aux défis qu’elle s’est imposée, par exemple en 1969 elle acheta un Boeing 737-2B2 (Boïna) ainsi qu’un autre en 1972 baptisé le Sambirano, tous les 2 sortis d’usine de Seattle et payés au comptant SVP !

Pour les dessertes intérieures et régionales (Réunion, Maurice, Kenya, Tanzanie, Comores) et en 1979 elle acquiert un 747 Jumbo Jet combi pour les vols Madagascar-Europe.

Air Madagascar était dans les années 70, et moitié des 80, une référence absolue, toute la région venait à l’aéroport international d’Ivato pour la réparation/révision de leurs Boeing 737 car Air Madagascar a l’agrément officiel du fabricant américain, parmi ses clients figuraient en premier lieu…Ethiopian Airlines.

Malgré ses ambitions, la compagnie a dû subir les affres d’une mauvaise gestion à partir des années 80. N’oublions pas qu’Air Madagascar avait le devoir de convoyer les fonctionnaires malagasy durant leurs déplacements intérieurs et extérieurs, elle n’a pas été certainement payés à temps, comme c’est le cas de la Jirama, cette autre société d’Etat qui servait de « vache à lait » sous la 2nd République, et elle ne s’en est plus relevée.
Ce fut aussi le cas d’Air Mad avec tous les problèmes qu’on lui connait sans oublier les dissensions politiques.

De son côté, Air Austral a été fondé en octobre 1974 à la Réunion pour desservir les Îles Eparses et 2 ans plus tard Mayotte et en 1997 des liaisons régionales ont vu le jour vers Harare (Zimbabwe).

Comme pour Air Madagascar, Air Austral a aussi bénéficié de l’assistance d’Air France par l’entrée de cette dernière dans le capital de ces 2 compagnies régionales.

En 2003 Air Austral entre dans le domaine du long-courrier par l’ouverture de la ligne Réunion-Paris, ce qui lui fait entrer en concurrence avec son mentor Air France. La compagnie réunionnaise étendit ses lignes en desservant Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes en bi et tri-hebdomadaires, en même temps, en partenariat avec Thai Airways International, elle s’ouvre aux destinations asiatiques : Bangkok, Singapour (13 ans après Air Madagascar), Philippines, Chine,…Sydney (Australie).

A partir de 2011-12 les 2 sociétés connurent des problèmes financiers mais contrairement à Air Madagascar, sa voisine réunionnaise connut 2 ans plus tard un net redressement alors que la compagnie malagasy continua de sombrer, victime des rivalités politiques le plus souvent inter- tananariviennes.

Le résultat est connu, vers la fin 2017, un partenariat stratégique a été conclu entre Air Madagascar et Air Austral, ce dernier détient dorénavant 49% du capital de la compagnie malagasy, avec comme ambition faire un sorte de hub régional en y incluant la compagnie mahoraise Ewa Air.

Malgré les apparences, Air Austral est-elle vraiment sortie des zones de turbulences ? Ou elle se renfloue sur le potentiel touristique hors norme de Madagascar (plage sans requins, barre sur 1000km pour les passionnés de planche sur la côte est,…) et ses 25 millions d’habitants, cela aiguise les appétits.

Un certain monopole s’installe avec cela, et a comme conséquence sur les prix sur 80% des lignes, ce n’est pas demain que l’avion redevient un moyen de transport à la portée de la classe moyenne malagasy. Corsair a déjà jeté l’éponge le mois dernier sur sa destination Paris - Réunion via Antananarivo.

Les dirigeants se félicitent de l'entrée de la compagnie Ethiopian Airlines, accueillie en grande pompe à Nosy be, alors que ce contrat viole carrément le deal pour Air Madagascar pour la non concurrence de cette ligne. Et ils sont fiers d'avoir réussi pour leur politique de libre entrepreneuriat, sans se soucier qu'ils sont en train d'assassiner leur propre compagnie qui porte l'étendard du pays.

Voilà où nous mène la gabegie depuis une 30aine d’années, Air Madagascar le fleuron de l’Océan Indien, avec du personnel exceptionnel, au sol comme naviguant, est devenu la charrette à la traîne d’une compagnie elle-même, pas en si bonne santé qu’elle veut faire croire.

Anonymous

 

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