Première dame ou président dans l’ombre

  • mercredi, 07 mars 2018 12:33
  • Anonymous
  • Photo Archives Gasypatriote

Dans le préambule ainsi que les 168 articles de la Constitution de la 4ème République, aucun ne fait mention à la 1ère dame ainsi que son rôle au fonctionnement de l’Etat.

A Madagascar, il n’y a pas de texte officiel pour son rang protocolaire et ne dispose d’aucun titre officiel, surtout pas dans le domaine politique !

Traduction directe de « First lady », appellation attribuée à l’épouse des présidents des Etats-Unis, chez nous on a l’habitude de les désigner par « vadin’ny filoha » (femme du chef/président) et depuis une quinzaine d’années « renin’ny Malagasy » (mère des Malagasy) mais point « vehivavy voalohany » (première femme/dame), car dans ce dernier cas les Malagasy Chrétiennes penseront à juste titre à Eve dans la Bible !!!

Depuis le retour de son indépendance en 1958, Madagascar a connu 5 premières dames, mariées à des présidents légalement élus : Justine Tsiranana née Kalitody, Céline Ratsiraka née Velonjara, Thérèse Zafy née Zafimahova, Lalao Ravalomanana née Rakotonirainy et Voahangy Rajaonarimampianina née…

Sans oublier celles des chefs de transition ayant rang de président : Marcelle Ramanantsoa née Larguier, Thérèse Ratsimandrava née Razafindramoizina et Mialy Rajoelina née Razakandisa, par contre 2 chefs de Transition ont gardé dans l’ombre leurs épouses, le numéro 1 du Directoire militaire en 1975, Gilles Andriamahazo et Norbert Lala Ratsirahonana en 1995-1996.

Aux USA, les First ladies ont toujours été discrètes, restant dans l’ombre de leurs présidents de maris. A l’exception d’Hillary Clinton, née Rodham, femme de William Clinton, 42ème président des Etats-Unis (1993-2001), qui est entrée en politique qu’après le mandat de son mari en étant élue sénatrice de New York en 2001 jusqu’en 2009, pour être ensuite secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, elle a été la candidate perdante en 2017 face à Donald Trump.

En Afrique, certaines épouses de président ont fait parler d’elles comme ce fut le cas de Simone Gbagbo, née Ehivet, qui a joué un grand rôle dans les orientations politiques de son mari Laurent Gbagbo, président ivoirien de 2000-2011, ce qui lui a valu après la chute de son mari une condamnation en 2015.

Plus récemment, Grace Mungabe née Marufu, par son implication dans la politique zimbabwéenne à cause de sa position de femme de Robert Mugabe, le héros national et président du Zimbabwe pendant 40 ans a perdu le pouvoir.

En revenant sur Madagascar, les femmes ont toujours occupé une place prépondérante dans la vie politique de notre pays, pour revenir aux temps anciens des reines, elles ont occupé le devant de la scène : Ravahiny, reine du Boïna, Ranavalona I, II et III ainsi que Rasoaherina reines de Madagascar.

Donc les femmes n’ont jamais été loin de la vie politique et si depuis l’instauration de la République en 1958, les chefs de l’Etat sont élus au suffrage universel, leurs épouses restèrent dans la plus grande discrétion, tout en remplissant leur rôle, parfois d’intermédiaire entre la population et leur époux-président à travers les œuvres sociaux mais celle qui est présente actuellement semble dépasser les limites.

Pour la première fois, la 1ère dame a droit à un cabinet et tout ce qui va avec et ce au frais de l’Etat à Ambohitsirohitra. Les observateurs se posent la question : le budget est-il inscrit sur quelle ligne de la Loi des Finances ?

Même si le fait de recevoir des dons n’est pas mauvais en soi afin d’aider la population en détresse, mais les dons ne sont pas gratuits de la part des « bienfaiteurs » et il y a toujours des contreparties, lesquelles ?

Sous d'autres cieux, les dons et autres cadeaux reçus par le couple présidentiel sont inscrits dans un livre et consultable par les contribuables, mais c’est loin d’être le cas à Madagascar.

Le budget de la présidence est-il une caisse noire de 132 840 069 000 MGA contre 6 435 486 000 pour le Ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement Numérique (MPTDN) et 4 306 004 000MGA pour le Ministère des Ressources Halieutiques et de la Pêche, alors le budget du cabinet de la 1ère dame fait-il parti de la caisse noire de son époux-président ?

Il est sûr à présent que l’actuelle épouse du chef de l’Etat joue un rôle très important dans la vie politique nationale, sa situation est plus proche de l’ex-première dame zimbabwéenne que de ses compatriotes occupant cette place quelques années plutôt.

Certains observateurs pensent qu’elle est le président dans l’ombre qui dicte même les nominations des hauts emplois de l'Etat, voire les membres de gouvernement.

Des indiscrétions parlent même que le Premier ministre tient sa place grâce à la 1ère dame.

Anonymous

 

 

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