Fisandratana 2030: Rajaonarimampianina en quête de financement

  • dimanche, 04 mars 2018 17:53
  • Anonymous
  • Photo Gasypatriote

Le président Hery Rajaonarimampianina a effectué sa première visite à la Fédération de Russie. Pour son voyage, il a été accompagné de trois ministres, Marcel Benjamina Ramanantsoa (M2PATE), Ying Vah Zafilahy (Mines) et Edmond Harrison Randriarimanana (Agriculture) ainsi que 2 conseillers Mamy Ratovomalala, ancien ministre et directeur de campagne de Camille Vital en 2013, et Mbola Rajaonah.

La délégation présidentielle a inauguré sa présence en sol russe par un petit déjeuner avec le personnel de l’ambassade et quelques représentants de la diaspora malagasy en Russie.

Le lendemain, Hery Rajaonarimampianina effectuera une rencontre à l'Université Russe de l'Amitié des Peuples (URAP/RUDN) où il rencontrera officiellement la diaspora malagasy en Russie, il n’y a aucun doute que c’est une réponse à la visite en 2017 du Premier Vice-Recteur de l’URAP Evgeny L. Shcesnyak à Madagascar.

Ainsi, comme à l’habitude, le titre de « Docteur Honoris Causa » lui a été attribué par cette Université RUDN le vendredi 2 mars.

Malgré le peu d’informations diffusées par la communication de la présidence, il a rencontré « en privé » le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et ce le jeudi 1er mars dans l’après-midi.

Beaucoup d’observateurs parient que cette visite du chef de l’Etat concerne la promotion de sa vision « Fisandratana 2030 » et se posent plusieurs questions.

D’abord, les milliards de dollars (10 milliards) promis pendant la conférence des bailleurs et investisseurs à Paris en décembre 2016 ne sont-ils que du vent ? Sans compter les dizaines de millions par-ci et par-là (45 millions de dollars) d’aide budgétaire, 80 millions pour la nutrition en 2017, où sont-ils passés ?

Il est vrai que Fisandratana 2030 a été conçu en dehors des aides et déclarations des institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et FMI). Alors à quoi sert vraiment ce voyage de 3 jours en Russie ?

La délégation présidentielle, incluant le Ministre du M2PATE, celui des Mines et enfin de l’Agriculture, démontre que ces 3 secteurs font partie de l’intérêt de cette visite.

La Russie financera-t-elle des infrastructures aéroportuaires, routières, urbaines ?

Où est donc passé la Chine spécialiste en la matière surtout en Afrique ?
Durant sa visite, un an exactement, dans l’empire du milieu, des accords ont été signés : construction de l’autoroute Antananarivo-Toamasina, un grand port prévu dans la baie de Narinda (canal de Mozambique), concept de « ville intelligente », disposant d’un réseau de caméras de surveillance pour la sécurisation et la gestion des activités urbaines avec la société Huawei et une une antenne de l’EDBM, Economic Development Board, sera installée en Chine.

Pourquoi ne pas intégrer le Fisandratana 2030 dans ce vaste programme de coopération avec la République populaire de Chine ? Alors que l’agriculture et l’énergie occupent une grande place dans ce projet. Sans oublier les ZES avec la Chine.

La Russie, depuis la disparition du communisme ne semble pas très occupé de l’Afrique comme à l’ère soviétique. Elle est trop occupée par sa politique internationale de « proximité » afin de faire face à la politique « expansionniste de l’OTAN », plus particulièrement à la suite de la crise du Donbass en Ukraine orientale, ses combats contre l’état islamique dans les régions comme la Tchétchénie, et les républiques musulmans de l’ancienne Union Soviétique (Kazakhstan, Ouzbékistan, …) dont certains sont frontaliers de l’Afghanistan, dominé par les Talibans alliés objectifs des Djihadistes.

Sans oublier la Syrie où la Russie concentre ses efforts, donc Madagascar est le cadet de ses soucis.

Certains sont même convaincus que la Chine et la Russie ayant le même avis sur les questions internationales se sont partagés leur zones d’influence donc l’Afrique est à la Chine avec son concept de la « nouvelle route de la soie ».

La Russie a tout sur son territoire (pétrole, or, agriculture,…) alors sa seule stratégie est d’essayer de limiter les accès de l’Occident à certains ressources miniers afin de faire peser son poids dans les relations internationales et son président vient de faire une déclaration sur le retour de son pays comme superpuissance à la fois économique mais surtout militaire.

Rajaonarimampianina espère-t-il quelque chose de cette situation ? Pour le moment la présence russe post-soviétique à Madagascar s’est limitée à des compagnies d’exploitations minières glauques dont certaines ont même construit une piste d’aviation à proximité des mines de pierres précieuses (Antanifotsy).

Mais tout cela a fait son temps. Une chose est sûre l’administration HVM est à la recherche de source de financement pour les prochaines élections et ce à travers le secteur minier et autres.

Derrière tout cela se profile l’ombre de Deba (Didier Ratsiraka) le fidèle ami de la Russie à travers la présence de son ancien ministre devenu conseiller du président Hery Rajaonarimampianina dont la vision est beaucoup plus électorale.

Anonymous

 

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