Arfagate : De révélations en révélations

  • vendredi, 02 mars 2018 08:32
  • Britto
  • Photo Gasypatriote

En apparence, l’affaire Houcine Arfa ou « Arfagate » ne semble plus occuper la Une de nos quotidiens ainsi que celle des réseaux sociaux, les révélations continuent d’apparaître au grand jour. Après son évasion digne des films d’action américains, le conseiller spécial du président a d’abord révélé les corruptions qu’il a dû faire afin de s’échapper des geôles de la grande île.

Avec les sommes de plusieurs dizaines de milliers d’Euros qu’il a distribué aux plus hauts responsables de la Justice malagasy, le ministère public de notre pays a porté plainte devant la justice française contre celui qu’il qualifie d’ « usurpateur de titre » de « fugitif » qui s’est soustrait au jugement des tribunaux et le qualifiant de « récidiviste » avec une peine de 13 ans de prison.

Face à ces accusations Houcine Arfa qui ne voulait qu’une chose, qu’on lui rende son fric avec son honneur, a déposé plainte le mois de février dernier contre 7 hauts responsables du ministère de la justice malagasy dont la garde des sceaux et le procureur de la République (qui est une femme).

Les enquêtes de la partie malagasy concernant cette évasion, qui entame beaucoup le crédit de nos responsables judiciaires a abouti à l’emprisonnement jusqu’à ce jour de 2 gardiens et le médecin chef de la maison d’arrêt d'Antanimora.

Des incohérences subsistent, d’abord qui l’a sorti de la maison de force de Tsiafahy et transféré à la prison d’Antanimora ? Pourquoi parle-t-on de 3 sorties avec un seul ordre, alors que le dit « ordre » est tamponné pour une seule sortie?

Quelle est la responsabilité du directeur de la Maison de force de Tsiafahy en exécutant un ordre de transfert téléphonique illégal? Si Houcine a pu s’évader, c'est parce qu'il est sorti de Tsiafahy. Le directeur de Tsiafahy ne peut pas se cacher derrière le fait qu'il a reçu un ordre téléphonique et qu'il s'est exécuté d'un ordre illégal.

De quelle urgence il s'agit pour déroger les procédures de transfert, sachant également que Tsiafahy possède une infirmerie plus performante qu'Antanimora. Tous les prisonniers qui font la grève de la faim vont tous transférer à Antanimora?

Pourquoi la ministre, le procureur, le commissaire de police ne sont pas inquiétés ? Et ne sont point cités dans les investigations menées par nos responsables. A moins qu’ils ont trouvé les coupables tout désignés, comme c’est l’habitude à Madagascar.

Ce n’est pas la première fois et peut-être pas la dernière que des dirigeants malagasy auront affaire avec des « contracteurs » comme Houcine Arfa pour assurer leur sécurité quand ils ne font pas confiance à leurs propres forces de l’ordre. Cette fois-ci avec cet Oranais (Algérien) ayant la nationalité française ils sont tombés sur un os.

En publiant partout que ce dernier est un criminel, Houcine Arfa a sorti son casier judiciaire, bulletin n°3, que celui-ci est vierge de toute condamnation !

Les photos montrent bien que ce personnage a été proche du palais et sa façon de citer les gens le place comme un personnage central dans l’entourage présidentiel.

Et voilà qu’une nouvelle révélation relance l’affaire avec une bande sonore dans laquelle le directeur de la maison de force de Tsiafahy demande 4 millions de MGA à Houcine Arfa. Fin juin il y avait des travaux de la Croix rouge en prison, travaux de manioc. Ce qui justifie le bruit de fond, et dans la suite de la bande sonore, on entend clairement la femme d'Houcine demander à rencontrer Houcine dans la cours de la prison, et non pas au parloir, chose accepté après payement.

Le directeur de la Maison de force a nié en bloc l’authenticité de la bande sonore, et prétend avoir porté plainte contre la personne qui a publié la bande sonore. Seulement, la bande sonore est suivi de plusieurs photos d'Houcine en prison, qui a pu l'aider ou faciliter l'introduction d'un smartphone pour prendre les photos? Le directeur va-t-il botter en touche, encore une fois, que ce sont des photos montages?

N’oublions pas que les agents pénitenciers ont demandé que leur service soit détaché du Ministère de la Justice afin de ne plus subir les affres de leur ministère de tutelle, malheureusement cette nouvelle révélation risque d’entamer le peu de crédit de notre administration pénitentiaire.

L’affaire Houcine Arfa continue, les révélations se succèdent nous serions tentés de dire comme maître Olala : « on croit ce que dit cet étranger ». Dommage, c’est le monde à l’envers dans les prisons malagasy.

Anonymous

 

 

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