Prisons passoires

  • mardi, 13 février 2018 17:32
  • Anonymous
  • Photos associations MGM & EEM - Quartier des mineurs

L’évasion de 3 prisonniers de la maison d’arrêt d’Antanimora dimanche 11 février fait couler beaucoup d’encre sur l’état de nos prisons.

Madagascar compte de nos jours 82 geôles abritant autour de 20 000 détenus alors que la capacité d’accueil maximale est de 10 000 individus! En gros nos « tôles » accueillent 2 fois plus qu’ils ne peuvent en contenir.

La raison de cette surpopulation est due en grande partie au recours à la détention préventive. Toute personne déférée au Parquet quel que soit le motif d’inculpation a 90% de chance d’être mise sous mandat de dépôt donc séjournée à la maison d’arrêt.

Cette situation est un héritage probablement de l’ancien système colonial dans le but d’ « impressionner » les prévenus sans se soucier s’ils sont coupables ou non. D’autant plus que l’instruction des cas peuvent durer des mois voire des années, l’un des évadés est en attente de son procès depuis…3 ans ?!

Cette surpopulation carcérale dont parlent souvent les médias locaux et étrangers se déroule dans le cadre de la précarité des infrastructures carcérales, la plupart de nos prisons datent de la Colonisation, c’est-à-dire qu’elles sont presque centenaires.

Sans entrer dans les détails des Droits de l’Homme, les conditions d’emprisonnement dépassent tout entendement, une cellule de 35 mètres de long et quelques mètres de large sont logés 229 détenus qui croupissent là-dedans plus de 12 heures par jour. L’alimentation des prisonniers laissent à désirer au maximum 2 fois par jour si les moyens sont là, ce qui n’est pas le cas le plus souvent, on se contente de consommer 250 grammes de manioc par jour et encore.

Le manque de soin fait partie de la liste des mauvaises conditions de vie des incarcérés à Madagascar sans oublier les problèmes psychologiques.

Selon une étude effectuée 8 ans de cela “ 50% des détenus souffrent de stress psychologique à cause de cette surpopulation carcérale “.

Sans oublier que les femmes enfermées dans nos prisons peuvent garder auprès d’elles leurs nourrissons ce qui ne fait qu’accroître les difficultés hygiéniques et sanitaires.

Et avec les rats qui pullulent les prisons risquent d’être un point de départ d’épidémie comme la peste, le typhus et bien d’autres.

Les responsables pénitenciers se plaignent toujours de leur manque de moyens humains, infrastructures et surtout financiers. Mais la première question qui se pose est : afin de palier au déficit de gardiens pourquoi ne pas équiper nos prisons de caméra de surveillance ? Cela pourrait éviter ce type d’évasions faisant de nos prisons de véritables passoires?

La 2nde question : pourquoi ne pas faire travailler tout ce beau monde? Même sur place, rien n’empêche de créer des ateliers par exemple de confections pour les tenues de travail, les kits scolaires au lieu de les importer. Certains articles que nous faisons venir de Chine sont fabriqués par des … prisonniers alors pourquoi ne pas les fabriquer sur place ?

Au lieu d’être une charge pour la nation faisons de nos prisons quelque chose de rentable en faisant travailler nos détenus sans y être obligé de les faire sortir de prison à moins que l’on construise de vrais prisons-ateliers comme dans les pays d’Amérique latine, en Asie et Afrique du nord.

Au lieu de laisser oisifs nos prisonniers il est temps de les faire travailler, non pas à titre privé comme certains le font mais d’une manière générale pour leur bien mais surtout pour le pays car dans ce cadre, les prisons peuvent largement subvenir à leurs besoins et ne resteront pas en état de précarité permanente.

Un programme de formation et d'enseignement pour les mineurs.

De prisons passoires ou mouroirs elles deviendront des dortoirs pour travailleurs …forcés.

Anonymous

(Photos associations MGM & EEM - Quartier des mineurs)

 

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