L’insécurité et déliquescence de l’Etat

  • lundi, 12 février 2018 08:53
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6 ans et deux mois après la disparition du guide Mouammar Kadhafi, la Libye vit dans un état complet d’anarchie, le pays est divisé en plusieurs factions à la fois tribale et religieuse, on peut dire que le pays est revenu en arrière à l’époque des tribus arabo-berbères du 12ème siècle.

A cette époque lointaine, les ports de Libye a été au centre de divers trafics allant du poisson à l’être humain, comme c’est le cas actuellement avec le retour de ventes d’ « esclaves négro-africains » menés par des chefs de bandes armées issues des milices anti-kadhafistes soutenues par l’Occident 4 ans plutôt.

Mais en plus du retour de ces anciens trafics, s’ajoute un autre plus moderne : celui du pétrole. Tout cela est favorisé par l’insécurité, chaque groupe armé contrôle ses propres champs de mines d’hydrocarbures ainsi que des usines de raffinerie. Ce pétrole et ses produits dérivés sont ensuite injectés dans les circuits normaux faisant ainsi une concurrence malsaine au commerce officiel.

Il est facile de parler de la Libye mais sous nos yeux se déroule le même phénomène, même si on veut limiter les proportions. N’oublions jamais que Madagascar, tout au long de son histoire a connu des siècles de drames : guerres civiles, trafic humain,… à peu près à la même époque que la Libye (12ème siècle), Ignorer cela c’est faire l’attitude de l’autruche.

La sous-population de Madagascar durant à peu près 7 siècles a été due aux pillages dont été victimes les Malagasy qui se sont vus transportés comme esclaves vers les Mascareignes (Réunion, Maurice, Seychelles), Afrique de l’est et du sud et même vers les Amériques.

Les ports de la côte ouest (Majunga, Marambitsy, Nosibe,…) et de la côte est (Foulpointe, Andevoranto,…) ont été le centre de trafic d’esclaves.

Malheureusement peu de Malagasy n’en parlent et personne n’arrive à comprendre que plus de la moitié d’entre nous ont disparu pour cause de trafics d’esclaves (entre le 11ème et le 19ème siècle) mais non seulement malades du paludisme comme l’affirment les chercheurs occidentaux !

Des déplacements de population ont eu lieu laissant quasiment des zones fertiles à l’abandon (Bemaraha, …) pour se réfugier sur les hautes terres où vécurent pendant des centaines d’années le 3/4 des Malagasy fuyant les pillages et vols humains car seuls les hauts-plateaux sont les plus aisément défendables (sites fortifiés).

Madagascar a connu peu d’époques de paix, probablement vers la fin du règne d’Andrianampoinimerina et celui de son fils Radama, le reste du temps, les bandits sous dénomination diverse selon les époques : bemihimpa, fahavalo, malaso, dahalo,… écumaient une grande partie du territoire de la grande île constituant des Etats au sein de l’Etat.

Avec notre époque, ce phénomène se multiplie, soi-disant pour cause de pauvreté, alors qu’en réalité cela fait partie de notre histoire pour ne pas dire notre culture.

Toutes les administrations qui se sont succédées n’ont été capables de faire face à l’augmentation exponentielle du banditisme qui suit l’explosion démographique. Seule la Colonisation a réussi moyennement à le circonscrire dans certaines régions (Bongolava, Moyen ouest,…) grâce à sa pression militaire.

Que se passera-t-il si certains groupes de bandits mettent la main sur des zones pétrolifères ? Déjà nos mines d’or et de pierres précieuses sont à la portée de tous et des personnes commencent à montrer des comportements mafieux sans compter l’arrivée d’étrangers aux attitudes menaçantes.

Madagascar, avec son insécurité permanente, les coupeurs de routes en sont les témoins, est en train de suivre le même destin que la Libye et de voir ses matières premières échappées à tout contrôle comme les bois de roses, les saphirs, les tortues,…

Malheureusement nos dirigeants sont loin d’être conscients de la situation, à moins que certains d’entre eux ne soient pas derrière certains trafics comme jadis les rois vendaient ses sujets pour s’enrichir.

L’insécurité permanente est à l’origine de la disparition de l’Etat, alors qui va nous coloniser les prochaines décennies ?

Anonymous

 

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