De l'OPK au Kidnapping: Des opérateurs économiques fuient Madagascar

  • lundi, 05 février 2018 08:58
  • Anonymous
  • Photo Gasypatriote

Il ne se passe pas un jour que Dieu fait sans qu’un Karana, quelle que soit sa confession, ne se fasse kidnapper avec des demandes de rançon faramineuses. La dernière en date est celle de samedi 03 février, donc chaque semaine apporte son lot d’anxiété pour la communauté indo-pakistanaise.

L’arrivée des originaires du sous-continent indien date maintenant plus de 2 siècles à la suite du commerce intra-océan indien reliant l’Afrique de l’est, Madagascar, Oman et l’Inde (le Gujerat).

Les Gujaratis étaient dans leur immense majorité de pacifiques commerçants surtout de tissus et loin d’être des trafiquants d’esclaves comme l’étaient les Arabes omanais longtemps établis en Afrique oriental et aux Comores.

Ce sont des personnes modestes ayant une vie simple et assez rustique en s’établissant pour la plupart sur la côte ouest de la grande île (de Nosy be à Toliara) et petit à petit certains finissent par s’établir dans la capitale et les autres villes des Hautes terres.

Mais au fil des années, comme les autres habitants de Madagascar, ils envoyèrent leurs enfants étudier à l’étranger, plus particulièrement en France car bon nombre d’eux acquéraient la nationalité française mais bizarrement on les a pas donné la nationalité malagasy, d’ailleurs, cette loi est une loi discriminatoire, basée sur une évaluation de la consonance, dite consonance malagasy, du nom de la personne, il faut s'appeler Rakoto, pas Ibrahim ou Mohamed.

A la différence des Malagasy, ayant préféré rester travailler à l’extérieur, plus de 90% des Karana rentrèrent au pays afin d’améliorer les affaires de leurs parents.
Ceci explique la cause de leur réussite dans le business à Madagascar, en plus de leur ténacité au travail.

Malheureusement ces succès attirèrent l’attention de certains groupes et à chaque approche électorale, les rapts de Karana se multiplient comme par enchantement. Et ils sont toujours les vaches à lait des dirigeants, soit en les menaçant de représailles, ou des redressements fiscaux et contrôles ne plus en finir.

Ces dernières années plus particulièrement à partir de 2014, ces enlèvements ne respectent plus la « tradition électorale » car même en dehors de tout rendez-vous avec les urnes, des Karana se font enlever et parfois leurs enfants sont les cibles.

Les causes données tournent autour de dissensions communautaires et que certains membres des forces de l’ordre ne sont que les exécuteurs.
Pour le moment ce ne sont que des supputations. Mais un Karana ou un Malagasy ou un étranger touriste ou résident à Madagascar n'ont-il pas droit à la protection de sa vie et de ses biens? Pourquoi se cacher derrière un prétexte bidon, que c'est bien fait pour eux, ce n'est qu'un règlement de compte entre eux.

Mais ces rapts ne cachent-ils pas une malaise pour ne pas dire une menace sur la situation chez nous et si les rivalités ne sont pas uniquement inter-communautaire karana ?

Avec l’ouverture de Madagascar au monde, libéralisation oblige, d’autres groupes désirant établir leur mainmise sur les affaires, plus particulièrement le secteur de l’importation de certaines denrées ne sont-ils pas tentés d’affaiblir les Karana ?

Une chose est sûre, beaucoup de ces hommes d’affaires indo-pakistanais, plus particulièrement ceux possédant la nationalité française ont choisi de quitter le pays pour s’installer ailleurs. L’île de la Réunion et Maurice sont leurs destinations favorites.

Evidemment ils ne sont pas partis simplement avec leurs chemises et pantalons ainsi que leurs familles mais surtout avec leur argent. En d’autres termes nous avons perdu des investissements et à court terme les emplois qui vont avec.

Si certains membres de cette communauté ont fait la même chose en 1975 au début de la dite « Révolution socialiste » la plus part sont revenus en 1995, donc sera-t-elle identique quand l’actuelle administration finira avec les élections ? On est encore dans le doute.

Après les Opérations Karana (OPK) des années 70-90, les kidnappings ont pris leurs places avec comme principales victimes les Karana, considérés comme les plus riches de l’île, ces derniers ont préférés de l’exode laissant Madagascar à sa pauvreté et ses turpitudes car pour le moment l’administration HVM ne sait quoi se donner la tête.

Anonymous

 

 

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