Armée de Bourguiba

  • mercredi, 02 septembre 2015 15:17
  • Andry Baliba
  • Photo: Sobika
Dernier rempart de la protection de la souveraineté nationale, défendre tous les citoyens ainsi que leurs biens, gardien de la paix ainsi que les institutions. Ce sont en quelques sortes, les devoirs et obligations des forces de l’ordre. Dès leur enfance, nombreux sont les petits bout de choux qui rêvent de devenir policier, gendarme, détenir les armes et combattre le mal. Mais actuellement, ce rêve est défendu par les parents, c’est un sujet tabou à moins pour ceux qui n’ont pas beaucoup de choix sur leur avenir professionnel. Devenir un membre des forces de l’ordre est un honneur et privilège pour un jeune garçon issu du milieu modeste.
On ne l’a pas vu venir, ce changement de perception des malagasy vis-à-vis des hommes en treillis. Dans de lointains districts, certains préfèrent croiser un menteur ou un voleur de poulet plutôt que de se trouver nez à nez avec des « mpanao fanjakana » ou « vazaha » en traduction libre une autorité de l’Etat; c’est-à-dire les hommes en treillis. Tu ne pourrais pas passer sans payer au moins cinq bouteilles de bière.
En brousse, les armées sont des maux nécessaires, ils peuvent vous venir en aide si vous avez les moyens mais en un rien de temps ils peuvent aussi vous dépouiller d’une « manière légale ».
Cette mutation est remarquée depuis que la politique ainsi que la corruption ont pris le dessus des règlements intérieurs militaires. De l’entrée à l’école militaire jusqu’aux avancements de grades, aucun code d’éthique ni principe n’est plus à observer. Tout est monnayable.
Devrons- nous donc s’étonner si le commandant de la circonscription régionale de la gendarmerie d’Antananarivo ou le commandant du groupement de la gendarmerie d’Analamanga osent déclarer sur les chaînes télévisées que l’arrestation presque mise à mort de Jean Pierre, un universitaire d’Ankatso sans arme, perpétrée par des éléments de l’état- major mixte opérationnel, respecte les lois en vigueur et suivant les règles de l’art. "C'est conforme au manuel" disait-il.
Des voix s’élèvent mais ils s’en foutent, ils protègent le bon système gouvernemental des « étudiants cafards » sinon c’est leurs postes et leur avancement en grade qui serait mis en jeu.
Des hauts gradés au sein de l’armée osent même envoyer balader la direction du droit de l’homme. « Où était-elle quand les malaso ont décimé nos frères d’armes à Ankazoabo ».
Le cas Jean Pierre n’est pas isolé. Ce qui a été faite à la Députée Lanto Rakotomanga reste encore gravé dans la mémoire. Peut–on encore faire confiance à une armée, à des forces de l’ordre qui ne respectent plus rien. La peur au ventre, la Présidence, la Primature, le ministère de la défense nationale sont muets comme une carpe, sans réaction de peur de ne plus avoir de force qui pourrait les défendre.
Heureusement qu’il y a encore la Première Dame qui a fait un geste humanitaire en demandant la libération provisoire de Jean Pierre. Politique ou malignité ? rien à cirer c’est la possibilité de l’accusé de se faire soigner qui compte.
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