FJKM démocrate ou divisée ?

  • lundi, 22 janvier 2018 19:55
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  • Photo Présidence

L’Eglise de Jésus Christ à Madagascar ou Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara (FJKM) a tenu une grande réunion dimanche dernier au stade municipal de Mahamasina pour les vœux du nouvel An 2018 et faire les souhaits en prières pour le président de cette église, Andriamahazosoa Irako Ammi ainsi que les membres du bureau.

Sans entrer dans les détails des différents sermons et autres interventions, les faits qui ont marqué la grande foule venue assister à cette grande messe et la présence de l’actuel locataire d’Iavoloha Hery Rajaonarimampianina et de l’ancien président Marc Ravalomanana.

Si le premier cité est président de la République en exercice et membre de cette église réformée, le second est le président du 50ème jubilé de la FJKM.

Néanmoins les deux sont des adversaires politiques de plus en plus acharnés en perspective des élections présidentielles à venir. C’est dans ce sens que le pasteur-président de la FJKM a déclaré que « nous allons élire une personne qui croit et se plie à la loi de Dieu pour sauver notre nation et ceux se sentent investi de telle mission ne doivent pas hésiter à se présenter ».

En termes plus simples et plus clairs, personne ne doit-être empêché de se présenter s’il est reconnu avoir une bonne moralité.

Qui des deux hommes en vue de la FJKM possèdent ces critères cités par le révérend Ammi Irako ?

Marc Ravalomanana, il y a encore suspendu sur sa tête cette épée de Damoclès, c’est-à-dire le jugement de « travaux forcés à perpétuité », qu’il soit compétent ou pas pour le juger, le tribunal qui a publié cet arrêt peut toujours demander l’exécution de cette peine surtout que l’intéressé est présent sur le territoire national mais non plus « à défaut » comme ce fut à l’époque de sa sortie.

Sans oublier que l’actuel ministre de la Justice, afin de faire oublier sa déconvenue dans l’affaire Houcine Arfa risque de mettre à exécution cet arrêt datant déjà de presque 9 ans. Un séjour derrière les barreaux entamera les chances de Ravalomanana de revenir à la magistrature suprême.

L’actuel président est loin de jouir d’une popularité du fait des scandales qui ont émaillé sa mandature, pour ne citer : Antsakabary, Soamahamanina, Claudine Razaimamonjy, Houcine Arfa, … la liste est longue car Madagascar n’a jamais connu autant de corruption que sous l’administration HVM et ce en l’espace de quatre ans. Les chances de Rajaonarimampianina d’être réélu relève du miracle pour ne pas dire d’une fraude électorale généralisée.

Qui de ses deux candidats le FJKM soutiendra-t-il ? Jamais cette église ne donnera son choix, peut-être qu’elle a un candidat qu’il soutiendra le moment venu.

Héritier des deux courants missionnaires pacifistes britanniques : London Misionary Society (LMS) et la Friends Foreign Mission (FFMA), qui par la suite se sont unis surtout durant la Colonisation en Eglise protestante Malgache. On peut dire que dès ses origines, la future FJKM s’habitua à la « démocratie » grâce aux votes des réunions isan’enimbolana (réunion tous les 6 mois) des synodes et surtout l’élection des responsables au sein de chaque paroisse (pasteur, diacre,…).

On peut dire que c’est le point de départ ou pour être plus savant le « mythe fondateur » de la démocratie électorale à Madagascar.

Dès la 2nde partie du 19ème siècle les Malagasy protestants étaient déjà initiés à la « démocratie britannique pour ne pas dire occidentale ».

Nos ancêtres faisaient déjà une confiance absolue aux verdicts des urnes et cela continue jusqu’à présent malgré les déconvenues de 1946-47. Alors voilà que la FJKM relance cette tradition vieille de 150 ans en demandant à ses enfants d’entrer en compétition.

Mais Madagascar est-il les Etats-Unis ou la Grande Bretagne pour que le fair-play existe ? Malheureusement ce terme est intraduisible en Français sauf en Québécois où l’on parle de « franc-jeu » de même qu’en Malagasy. La preuve, Hery Rajaonarimampianina a déjà taclé Marc Ravalomanana ce lundi à Tolagnaro en faisant obstacle de la réunion du Tim.

Sauf si on respecte cette tradition datant des pratiques internes aux églises devenues FJKM il y a 50 ans de cela. L’avenir nous dira si la FJKM sera démocrate en acceptant les résultats ou au contraire divisée pour avoir deux coqs dans la même basse-cour.

Anonymous

 

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