Militaires payés pour faire quoi?

  • dimanche, 21 janvier 2018 11:23
  • Anonymous
  • Photo Archives Gasypatriote

A l’exception de la carrière d’officiers, le métier de soldat n’a jamais attiré les Malagasy. La raison en est simple, l’Armée Malagasy a été fondée par le souverain Radama 1er afin de contrôler l’ensemble de la Grande île pour arrêter le trafic d’esclave, mais cette mise en place comportait quelques péchés originels : enrôlement de force, affectation abusive, achat des munitions et éventuellement les tenues par les conscrits eux-mêmes,…

Les Malagasy de l’époque et ce jusqu’à la fin de la royauté (1895) fuyaient le service militaire et alimentaient les espaces désertiques de l’ouest en devenant les « bemihimpa » et constituant ainsi les hordes de dahalo et autres malaso.

Sous la Colonisation (1895-1960), faire son service militaire, voire militaire de carrière, est préférable aux réquisitions des colons ou de l’administration (SMOTIG), d’autant plus qu’on n’achète plus les munitions ni les uniformes, tout est au frais de la Métropole.

Plus de 60 000 Malagasy ont servi dans l’Armée française durant les 2 conflits mondiaux (194-1918, 1939-1945) sans compter les contingents envoyés durant les guerres coloniales (Indochine et Algérie).

Au retour de l’indépendance en 1960, l’Armée Malgache, filiale de celle de la France, acquérait son « autonomisation » mais le mode de fonctionnement demeurait semblable que sous les 65 ans d’administration directe française.

En janvier 1967, a été fondée l’Académie militaire d’Antsirabe (ACMIL) pour pallier aux effectifs d’officiers et sous-officiers délivrés par les écoles de formation française (Coëtquidan, écoles d’applications interarmes,…).

Durant les 10 premières années, l’ACMIL répondait aux besoins de l’armée mais durant la 2nd République, des changements ont eu lieu. Au recrutement par concours direct, les élèves officiers étaient levés selon la politique des quotas régionaux imposés par l’administration socialiste et à quelques exceptions près le niveau et la capacité de nos officiers se sont fait sentir.

Sans compter l’intervention de la politique dans les avancements de grade, n’a fait qu’augmenter la confusion et le malaise au sein de ce qui était l’ « Armée Populaire », avec comme slogan « militant en uniforme » (mpitolona manao fanamiana).

Si l’assistance militaire nord-coréenne a été bénéfique pour les pays comme l’Iran et le Vietnam, elle a été catastrophique pour les pays africains dont Madagascar. Chez nous les officiers issus des écoles françaises méprisaient les Coréens, certains ont même démissionné plongeant encore plus l’Armée dans le désarroi.

En 2 décennies, les militaires ont été minés par les dissensions politiques en jetant aux ordures leur devise « pour la patrie » (ho an’ny Tanindrazana).

Petit à petit, le nombre d’officiers supérieurs et généraux ont augmenté d’une manière exponentielle.

Quand les civils sont revenus au pouvoir depuis 2002, à un seule exception (2002-2007), les officiers ont toujours été chouchoutés par des avancements à l’image de ces 58 généraux en 2017. Où l’Etat Malagasy trouve-t-il l’argent pour la paye de ses généraux, sans compter les retraites de fin de carrière ?

Pourquoi un chef de l’Etat en exercice fait appel à un contractor (barbouze) pour s’occuper de sa sécurité alors qu’il existe une direction de la sécurité présidentielle? Est-ce une habitude « africaine » de désigner un étranger pour être son garde du corps ? A quoi servent les millions de MGA de soldes pour les généraux si aucun n’est digne de confiance ?

Pourquoi ce silence gêné des premiers responsables sur l’affaire Hocine Arfa à l’exception de quelques déclarations à l’emporte-pièce et des larbins envoyés en taule.

A Madagascar l’insécurité n’est plus que des faits divers dont plus personne ne se soucie à part les victimes et on est revenu au 18ème siècle quand les femmes disparaissent en allant chercher de l’eau et elles finissent dans les ports de Mouzangaye (Mahajanga), Foulpointe exportées vers les Mascareignes et l’Afrique de l’Est.

Avec l’administration HVM Madagascar est en marche arrière de 3 siècles !

Anonymous

 

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