Rajaonarimampianina sur le départ

  • lundi, 15 janvier 2018 07:14
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Hery Martial Rajaonarimampianina ne sait plus où se mettre la tête. On constate tout de suite qu’il est pris au piège de la Constitution de la 4ème République dont il n’a pas lu les articles commençant à l’article 1er (énonçant « Le peuple malagasy constitue une Nation organisée en État souverain, unitaire, républicain et laïc ») à l’article 168 portant sur « le cadre du processus de réconciliation nationale, il est institué un Conseil du Fampihavanana Malagasy dont la composition, les attributions, et les modalités de fonctionnement sont déterminées par la loi ».

Candidat né du vide du Ni...Ni imposé par ladite Communauté internationale, l’expert-comptable malgré qu’il a été parti prenant des conflits de 2009, apparaissait comme l’homme de la situation. Ministre du budget de la Transition, pour se faire une légitimité post-électorale en 2013, il n’a pas hésité à trahir son mentor le Président de la Haute Autorité de la Transition (PHAT) Andry Rajoelina.

Il pensait qu’en manœuvrant entre les différentes eaux troubles de la politique malagasy, il s’en sortira indemne.

Il a d’abord divisé l’équipe du Miaraka Amin’ny Prezidà Andry Rajoelina (MAPAR) en plusieurs sections plus ou moins antagonistes (MAPAR I, MAPAR II,…) dont certains sont devenues ses appuis en se transformant en « Nouvelle Force pour Madagascar » (HVM).

Avec le TIM de Marc Ravalomanana, il pensait aussi rééditer le même exploit, en soudoyant une partie ou calmer les autres en laissant revenir l’ancien président après que celui-ci effectua un petit passage en résidence surveillée à Antsiranana, pour lui signifier que je suis le maître du lieu, et que le fameux, "Tsy mahandry 2018" (impatient pour 2018) prononcé par l'ex n'est pas resté sans recadrage.

A coup de mallette, de chantage, de distribution de poste, il a crée son PMP, Plateforme pour la majorité Présidentielle, dont les indépendants, deviennent des députés HVM, parti politique inexistant à l'élection législative de 2013.

Durant ses 5 années de mandature l’expert-comptable s’est auto-convaincu qu’il est le meilleur dans l’art de l’esbroufes et autres tromperies, croyant même plus intelligent que l’amiral Ratsiraka car n’oublions pas les deux sont nés sous le signe du Scorpion.

Donc notre président pense faire mieux que son aîné en durant plus longtemps au pouvoir. Mais Rajaonarimampianina accumule les bourdes, il a oublié l’alinéa 2 de l’article 46 de la Constitution stipulant que « Le Président de la République en exercice qui se porte candidat aux élections présidentielles démissionne de son poste soixante jours avant la date du scrutin présidentiel. Dans ce cas, le Président du Sénat exerce les attributions présidentielles courantes jusqu'à l'investiture du nouveau Président ».

Dans sa précipitation, il a fait entrer son principal lieutenant Rivo Rakotovao dans la Chambre Haute, de simple remplaçant d’Ahmad, l’actuel président de la Confédération africaine de football, le voilà propulser président du Sénat, mais quelque chose continue de chiffonner le Chef de l’Etat car il tient encore à faire réviser la Constitution : article 46 ? 152 (fokontany ) ?

Rajaonarimampianina essaie de gagner du temps car peut-être l’arrivée de Rivo Rakotovao, fidèle adjoint, n’a pas suivi une certaine procédure.
Pour rappel la démission du sénateur Ahmad a été constatée par la Haute Cour Constitutionnelle le 30 mars 2017.
Rivo Rakotovao, 7 mois plus tard a été nommé en remplacement d'Ahmad, par le décret N°2017-954 datant du 12 octobre 2017 mais n'a été rendu public que le 17 octobre 2017 pendant que le président de la République signataire du dit décret était à Rome.

Au passage, La HCC se limite au constat de vacance. Le décret de nomination des sénateurs désignés par le Président ne passe pas par la Cour.

Le 31 octobre 2017, Honoré Rakotomanana, ancien président du Sénat, invite ses pairs pour une déclaration, durant laquelle il a martelé cesser de ses fonctions pour ne pas dire démission.
Mais dans la foulé, sans ordre de jour établi par le bureau permanent, sans convocation officielle des sénateurs pour une élection d'un nouveau président de la Chambre Haute, Rivo Rakotovao est adoubé par la majorité de 52 voix sur les 56 sénateurs présents ce jour.

En réalité les débats juridiques intéressent peu les Malagasy qui ont depuis 4 ans le ventre de plus en plus vide et avec l’inflation actuelle, un éclatement social n’est pas à éviter.

Si les Malagasy n’ont pas le tempérament surchauffé des Tunisiens et autres Togolais, ils attendront les élections dans 9 mois pour marquer leur refus donc le départ de Rajaonarimampianina.

En d’autres termes une éventuelle victoire du Président sera vécue comme une fraude électorale à grande échelle. Tous les sondages le donnent perdant ne passant même pas le 2nd tour.

Beaucoup pense que Hery Rajaonarimampianina est un homme sage et il saura quand il faut savoir partir.

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