Une armée de parade

  • mardi, 02 janvier 2018 20:51
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  • Photos Archives Sobika

38 nouveaux généraux de brigade et 20 nouveaux généraux de division, telle est la décision prise au dernier conseil de ministres de 2017 par l’administration HVM.

On peut dire que le nombre de généraux constitue une compagnie (100-250). Combien cela coûte-il pour le budget de l’Etat, plus particulièrement celui de la défense, le solde de nos hommes armés représente certainement 75% des dépenses militaires, sans compter à ce que l’Etat doit à ceux qui partent à la retraite.

La question que beaucoup se posent, Madagascar a-t-il dépassé la Guinée Bissau en nombre d’officier étoilé ? Il est sûr que cette fâcheuse habitude de faire monter en grade les officiers est commune au continent africain…noir sans souci de la compétence.

Madagascar a suivi le chemin de ses voisins, oh excusez de ses cousins africains, depuis la 2nd République au nom du « socialisme scientifique » durant laquelle chaque parti membre du Front démocratique pour la Défense de la Révolution (FNDR) avait des quotas pour l’entrée à l’Académie Militaire d’Antsirabe.

Malgré la disparition de la République démocratique, les us et coutumes font que le métier des armes est mixé à de la politique, et Madagascar est revenu au bon vieux temps de la Royauté, dès le berceau, les enfants mâles héritent du grade (voninahitra) de leur géniteur sans avoir tiré un seul coup de feu !

Tous les héritiers de l’ancienne « Force noire » si chère aux généraux coloniaux français ont tous connus ce genre de dérive où les officiers, des généraux aux sous lieutenants, sont plus nombreux que les hommes de troupe et sous-officiers.

Les conséquences sont graves, non seulement au point de vue budgétaire mais surtout en matière de sécurité. Sur le continent les « coupures de routes » (fanakanan-dàlana) sont le fait de militaires ou d’ex-militaires du fait de leur oisiveté et le …retard de solde ! Comment l'Etat peut-il payer les salaires de tout ce beau monde qui finalement ne fout rien.

Pourtant des armées ayant des hypertrophies de soldats comme celle de l’Egypte, Algérie peuvent servir de source d’inspiration pour nos politiques en matière d’organisation des forces de l’ordre. Certes ces armées ne sont pas idéales mais chaque Etat-nation a besoin de militaires pour défendre sa souveraineté. Si on a cité l’Algérie et l’Egypte comme exemple car dans ces 2 Etats leurs armées obéissent exclusivement à leur commandement politique, entièrement national pour ne pas dire nationaliste.

Alors qu’en Afrique noire la quasi-totalité des forces armées reçoivent encore des ordres de l’ancienne puissance coloniale et gare aux officiers qui s’écartent de cette voie, leur neutralisation est définitive (Ratsimandrava, Sankara).

Est-ce la peur de ce type de « sanctions » que nos généraux ne prennent-ils pas leur responsabilité face à notre dérive actuelle ? Ou à une lacune de leadership ?

Toujours est-il que les corps techniques de notre armée sont quasiment inexistants: pas de navires, pas d’aéronefs capables de faire des missions de surveillance du territoire. L’insuffisance de fonds est toujours l’excuse alors que le nombre d’officiers généraux augmente chaque année.

A quand une administration soucieuse de notre souveraineté existera-t-elle ? Il est certain que peu de nos hommes politiques en comprennent le sens. Car pour beaucoup l’Armée sert à parader le 26 juin ou à faire quelques sales boulots.

La Police nationale a eu aussi son lot d’avancement mais les commerçants malagasy se font chaque jour attaqués, dévalisés et trucidés avec leurs familles alors que les magasins des Karana sont bien gardés par les flics !

Anonymous

 

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