2017: Annus horribilis

  • mercredi, 20 décembre 2017 15:09
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Année horrible (annus horribilis) résume bien 2017. En malagasy, nous avons l’expression « andro miditra » (arrivée du mauvais jour, diem malum en latin).

Tout a commencé par le terrible accident d’Anjozorobe avec 47 morts vers la fin du mois de janvier, des familles entières ont été décimées après avoir assisté à des fiançailles dans la localité d’Ambongamarina, on attend toujours le procès concernant cette tragique affaire.

7 mois après, plus exactement au mois d’août, des paroissiens de la Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara (FJKM) de Soavinandriana Itasy, rejoignant Mahajanga, ont été victimes d’un terrible accident au Pk 99 de la RN 4 (Antananarivo-Mahajanga), il y eut 20 morts et plus d’une centaine de blessés. Un autocar de style impérial, c’est-à-dire un bus a 2 étages, pouvant transporter plus de 100 passagers dont le conducteur n’a pas pu passer les vitesses et qui provoqua la chute de ce gros véhicule dans un ravin !

Cette tragédie a été suivie par une série d’accidents touchant des taxi-brousses affrétés par les différentes églises pour aller à des lieux de ralliements nationaux de leurs différentes sections telles les Jeunesses Chrétiennes, le Dorkasy (femmes Chrétiennes),… ces catastrophes ont fait des morts et des blessés dépassant les dizaines.

Ces accidents trouvent leurs causes dans la négligence et la corruption gangrenant le milieu des transports où la cupidité est le maître-mot, en s’abritant derrière certains prétextes, tels l’inflation des prix des hydrocarbures et des pièces détachées, pour ne pas entretenir selon les normes leurs véhicules.

Sans compter que les nouvelles générations de chauffeurs sont mal entraînés car issus des taxi-be urbains, ils ne sont pas formés pour les longues distances, surtout que les routes sont mal entretenues. La corruption des services et forces de l’ordre ne sont pas pour améliorer les choses.

Afin de mater un début de rébellion locale dans le District d’Ikongo, ayant commencé par l’attaque d’une prison et libération de détenus sous prétexte de justice populaire, des éléments des forces de l’ordre Emmo-reg (Policiers, Militaires et Gendarmes) ont été envoyés sur place afin de protéger les agents de l’administration locale et ramener la paix. Malheureusement les fortes pluies ont rendu les infrastructures routières peu sûres et causèrent ce terrible accident samedi dernier qui a fait 9 morts.

Dans ce décompte macabre, plusieurs catastrophes liés à la circulation ont fait plus de 2 dizaines de victimes sans oublier les blessés. On peut donc dire que cette année 2017 a été celle d’une série noire pour les rues et routes malagasy.

En regardant de près tout cela, il est difficile de les mettre sur des causes d’origine superstitieuses uniquement mais ces calamités sont les résultats de l’anarchie totale régnant dans le pays qui vont en s’accroissant depuis 2013, année d’arrivée au pouvoir de la « Nouvelle Energie pour Madagascar » (Hery Vaovao ho an’i Madagasikara) ou HVM, nouvelle énergie par trop débordante ? Alors tout tremble ou tremblote ? Car à force d’être usés, les ressorts finissent par sauter.

N’oublions pas la peste qui a fait plus d’une centaine de morts, les attaques des bandits avec leur longue liste de victimes dont la dernière en date se situent dans le District de Tsaratanàna avec 27 morts au moins.

Sans compter les kidnappings, qui s'étendent actuellement dans la brousse, au fin fond du pays. Alourdi par les victimes d'incendie croissant tant en brousse qu'en centre ville où le secours de la sécurité civile ou pompier n’existe même pas.

Madagascar n’est pas un pays en guerre mais les morts violentes se dénombrent par plusieurs centaines donc cela traduit l’incapacité pour ne pas dire la nullité de l’administration en place.

2017, « annus horribilis » est le reflet et la conséquence d’un « non posse regunt» (impuissance à gouverner) car les malheurs n’apparaissent pas souvent tout seul.

Anonymous

(Photo Archives accident Ankazobe)

 

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