Islamisme, une géopolitique malsaine

  • mercredi, 29 novembre 2017 07:42
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Progressivement depuis 40 ans l’Islamisme occupe le terrain des affrontements idéologiques dans le monde. Tout a commencé après l’intervention soviétique en Afghanistan à la fin des années 70, l’Armée rouge entra directement dans les combats politiques inter-afghans, particulièrement entre les factions communistes regroupées autour des individus comme Taraki, Amin, Karmal et Nadjibullah que les Russes communistes ont placé successivement au pouvoir, surtout que ce pays montagneux possède des milliers de kilomètres de frontière avec l’URSS.

Malheureusement, comme les Américains au Vietnam, les Soviets ont sous-estimé la « colère de l’Afghan » et que pour se venger de leur défaite à Saigon, 3 ans plutôt, les Etats-Unis soutinrent les moudjahidines anti-communistes via le Pakistan, ceux-ci sont à 100% des combattants d’obédience islamiste, alors que le président Reagan à l’époque les surnommait les « combattants de la liberté » (freedom fighters ).

Que l’on veut ou non les Islamistes ont été une création américaine via les services secrets du Pakistan !

Après le retrait soviétique en 1989, l’Afghanistan devient le bastion des Islamistes de tout genre qui ont changé de fusil d’épaule en s’en prenant à leurs anciens sponsors les USA.

L’Islamisme ou plus exactement le Salafisme. Ce dernier est un mouvement religieux de l'islam sunnite, prônant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l'époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples — connus comme les pieux ancêtres (salaf) — et la rééducation morale de la communauté musulmane.

Les salafistes ont une lecture littérale des textes fondateurs de l'islam, le Coran et la Sunna, et postulent que leur interprétation est la seule légitime ; ils rejettent la jurisprudence islamique (fiqh) ainsi que les innovations dites blâmables (bid?ah).

Il est apparu à la fin du 19ème siècle en Égypte. Il est proche du wahhabisme qui est aujourd'hui la forme officielle de l'islam sunnite hanbalite en Arabie saoudite.

On distingue trois principales mouvances dans le salafisme contemporain, une qualifiée de quiétiste, refusant de s'impliquer dans la vie civique ou politique et se consacrant à l'éducation des musulmans à la doctrine salafiste, une politique, et une djihadiste, qui utilise le salafisme comme une base idéologique pour justifier le terrorisme.

Al-Qaïda et Daech ou Etat Islamique font partie de cette dernière. Les membres fondateurs de cette mouvance sont tous passés par les camps militaires d’Afghanistan pour combattre les « satans athées communistes » termes utilisés pour qualifier les Soviétiques.

Une fois la guerre finie ils ont propagé leur vision de l’Islam dans le monde par la violence (guerre de sécession, actes terroristes,…). L’Etat islamique a été le premier à occuper de vaste territoire en Irak et Syrie sans oublier la Lybie après la chute et la mort de Kadhafi.

La stratégie des Islamistes est d’occuper des territoires riches surtout de gisement de pétrole d’où leur présence en Irak, Lybie et l’Egypte plus particulièrement dans la péninsule du Sinaï où se trouvent les puits de pétrole de l’Egypte.

Le contrôle du canal de Suez fait certainement de leur stratégie géopolitique. Long de 193,3 km, large de 280 m à 345 m et profond de 22,5 m, le canal relie la mer Méditerranée à la mer Rouge. Percé entre 1859 et 1869, grâce à une levée de fonds géante à la Bourse de Paris, sous la direction du diplomate retraité français Ferdinand de Lesseps, il permet aux navires d'aller d'Europe en Asie sans devoir contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Le canal est la troisième source en devises de l'Égypte. Un blocage du canal entraînerait des pertes d'environ 7 millions de dollars par jour.

On comprend pourquoi il est vital pour l’Occident pour son approvisionnement en pétrole mais aussi pour son commerce avec l’Asie. Avec son concept de la « Nouvelle route de la soie » le canal de Suez est d’une importance stratégique pour La Chine, la première puissance économique mondiale.

Si les Islamistes arrivent à le couper, cela aurait un effet de déstabilisation au niveau des échanges commerciaux, mais aussi de l’économie mondiale.

Après leur défaite en Irak et en Syrie mais aussi en Lybie et au Sahel (Mali, Nord du Nigéria), les stratèges de Daech seront tentés de couper les approvisionnements de l’Europe.

Mais dans la réalité en ont-ils les moyens ? Certainement pas, les armées islamistes auront des difficultés à affronter une coalition occidentale si la tentation leur vient de saboter le canal de Suez, par contre des opérations de guérillas du type attaques terroristes sur le territoire européen et américain auront des répercutions semblables à la guerre du Vietnam (1965-1975).

En prévision des mauvais jours, surtout ces 20 dernières années les Occidentaux font revivre la « route du Cap », soit par la côte-est de Madagascar afin de rejoindre l’extrême orient, et par le canal de Mozambique pour le golfe persique et le sous-continent indien.

Cette nouvelle donne géopolitique de la « route du pétrole » est aussi remise en question par l’émergence de nouvelles puissances régionales comme l’Iran et l’Inde. Centre du monde musulman chiite, l’Iran des Ayatollahs est devenu l’autre puissance militaire qui a défait sur les terrains de guerres les Islamistes en Syrie et en Irak, et ce grâce à leur puissance économique et militaire mais aussi leurs vassaux le Hizbollah (parti de Dieu, milices chiites libanais).

C’est pour cette raison que l’Arabie saoudite s’inquiète de cette influence iranienne dans la région, elle qui commence à piétiner au Yémen contre les Houthis chiites armés par l’Iran.

Considérée comme vitale pour l’Occident, l’Arabie saoudite reçoit ces derniers jours le soutien sans faille des Etats européens et des Etats-Unis en dénonçant la « politique agressive de l’Iran ».

L’enjeu du canal de Suez demeure primordial car le contrôle partiel du Yémen par les chiites houthis permettent à l’Iran de surveiller une partie du canal.

Pour cette raison, les Islamistes ont attaqué cette mosquée soufi ‘ayant fait plus de 300 morts, cette dernière secte sans être chiite n’en demeure pas moins assez proche, tout en tâtant la capacité de riposte de l’Armée égyptienne.

Il n’y a rien de surprenant si certains de ces Islamistes s’intéressent à notre région car là où les Occidentaux prennent pieds, ils ne sont pas loin.

La géopolitique des Islamistes se résume à contrer les actions des pays européens et des Américains, donc elle est malsaine pour nous habituer à mendier aux Vazaha. Au final nous risquons d’être recolonisés comme au 19ème siècle à cause de nos responsables immatures et déculturés sous prétexte que la France ou les Etats-Unis nous sauverons de la menace islamiste.

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