Elections 2018: Flou, mensonge et vidéos

  • lundi, 27 novembre 2017 17:03
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  • Photo Sobika Mahajanga

Le président de la République Hery Rajaonarimampianina a déclaré dans une de ses interventions de cette fin de semaine qu’il n’y a pas pour le moment quelques intentions que ce soit d’organiser des élections anticipées et que le calendrier pour 2018 sera respecté.

En réalité ce n’est que du baratin, le vrai but est d’embobiner ses adversaires surtout ceux qu’il considère comme les plus menaçants. En entretenant le flou sur l’agenda électoral, il croit pouvoir les leurrer en les enquinaudant. En même temps, les bâtons dans les roues seront mis sur eux, du type de nouvelles réglementations sur les importations des kits de propagandes (tee-shirt, casquettes, etc.. ), application de décision de justice oubliée depuis 5 ans, barrage de candidature pour résidence non permanent à Madagascar (moins de 6 mois), détournements de d’argent public durant l’occupation de certains postes de responsabilité, gels de compte bancaire, interdiction d’entrée d’hélicoptères à but publicitaire, pas d’agents de sécurité étrangers…

La liste est longue mais cela finira par sortir de l’escarcelle de lois et décrets du Hery Vaovao ho an’i Madagascar (HVM) se rapportant aux élections 2018.

L’inflation savamment entretenue, des produits de première nécessité (PPN) particulièrement le riz provoquera des troubles pour de bon, troubles qui amèneront comme par hasard à la démission du Chef de l’Etat et à l’intérim de son bras droit président du Sénat comme le prédispose l’Article 46 de l’actuelle Constitution et organisation d’élections anticipées et le tour est joué.

Depuis 15 ans nos responsables scrutent ceux qui se passent à l’extérieur plus particulièrement en Afrique. La crise de 2009-2013 n’est pas passé inaperçue et des leçons de « stratégie » ont été retenues et de nouveau remise en selle.

En regardant ce qui se passe au Zimbabwe avec le départ forcé de Robert Gabriel Mugabe, sous la pression de l’armée, le nouveau président Emmerson Mnangagwa en rendant hommage à son prédécesseur comme « père de la nation » qui ne partira pas en exil. En agissant de la sorte, il s’assure de la « légalité internationale » surtout qu’il se déclare comme le continuateur constitutionnel de l’administration mugabienne.

C’est pour cette raison que la communauté internationale et plus particulièrement l’Union Africaine (UA) s’est finalement tue et tout le monde attend les élections de 2018. Finalement la question qui se pose est : quand parle-t-on coup d’Etat et quand y-a-t-il démission ?

Il est sûr qu’à quelque chose près, Mnangagwa a fait « copier-coller » sur ce qui s’était passé en Tunisie 30 ans plutôt (1987) au mois de novembre, le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali proclama la destitution du président Habib Bourguiba pour des « raisons médicales » après avoir dirigé la Tunisie pendant 30 ans. Zine el Abidine Ben Ali rendit le lendemain hommage aux « énormes sacrifices » consentis par Bourguiba, en compagnie d’hommes valeureux, au service de la libération de la Tunisie et de son développement.

Élu président en 1989, il poursuivra la politique de Bourguiba dont il se positionne comme le fils spirituel, comblant ainsi les vœux de Bourguiba qui désire « gouverner après sa mort » !!!

Beaucoup de politiciens malagasy sont friands de ce genre de « stratégie politicienne » et certains se sentent pousser des ambitions après une démission volontaire ou forcée du chef de l’Etat, l’intérimaire respectera-t-il la Constitution ?

Certains proches des anciens présidents après avoir été des autocrates durant le mandat de leurs bosses deviennent soudainement des démocrates et occupent les médias pour claironner qu’il faut des élections libres et inclusives.

Mais combien de ces 2nd couteaux ne sont pas en train de faire des combines. On se demande même s’il n’y a pas de rapprochement tacite entre ceux au pouvoir et ceux qui y ont été 8 ans de cela. Les dossiers 2009 sont en cours de traitement et ceux qui sont impliqués deviennent des donneurs de leçon en matière d’élections et de démocratie.

Dans tout cela la Communauté internationale occidentale (Europe, Etats-Unis) observe et profite de ce flou afin de poser leur pion.

Chez nous les scrutins ne sont pas des votes mais des ventes (tsy fifidianana fa fividianana). Le système démocratique tel quel nourrit la corruption et affaiblit l’Etat. La nation malagasy vit dans la misère et en guise de fêtes de fin d’années les politiciens leur servent mensonges à travers les médias audio-visuels.

Anonymous

 

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