Une roue de secours usée

  • jeudi, 23 novembre 2017 07:51
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  • Photo Archives Sobika

A cause des contrôles routiers permanents dans les pays développés, l'état des pneus est quasi neuf, ainsi les roues et la roue de secours sont presque dans le même état car la roue de secours est rarement utilisée et en cas de crevaison, elle sert juste pendant la transition crevaison-réparation.

A Madagascar la majorité des conducteurs choisissent leur roue de secours parmi la plus usée de leurs pneus. Face à la cherté des pneumatiques les Malagasy préfèrent les roues « bonne occasion » (de France, Belgique, Allemagne, USA,…) que les neufs, sans oublier que bon nombre d’entre eux méprisent les produits asiatiques (coréen, chinois, indiens).

Comme l’étaient leurs pères et grands-pères, ils inter-changent souvent les roues selon leur usure en les faisant passer d’avant en arrière et la plus érodée devient automatiquement celle de secours. Cette roue de secours est lisse (malama) car les rainures de la bande de roulement ont disparu, les nappes du sommet et de carcasses apparaissent et donnent cet aspect gondolant du pneu, bon pour être jeté dans d’autres pays.

Malheureusement à Madagascar le terme « sécurité routière » ne signifie rien et l'inspection des véhicules se trouve à un niveau au dessous de zéro !

Lalao Ravalomanana a été projetée à la mairie de la Commune Urbaine d’Antananarivo CUA dans l'esprit que celle ou celui qui monte sur le trône de premier magistrat de la capitale deviendra Président de la République.

Cette croyance devenue tradition date des évènements de 1991 quand les Malagasy manifestaient contre le régime socialiste de la 2ème République et commençaient par remettre en question les 16 années de ratsirakisme qui a paupérisé la nation. Pour sauver sa peau l’Amiral nomma Guy Willy Razanamasy, à la tête de la CUA, comme premier ministre au lieu et place du Général Victor Ramahatra.
Le pharmacien et homme d’affaires a donc inauguré la voie, même s’il n’était que premier ministre transitoire.

En 2000, un autre homme d’affaires arriva à la tête de la commune, Marc Ravalomanana, et un an plus tard le voilà devenu le 3ème président de la 3ème République.

En 2007, Andry Nirina Rajoelina, élu maire de la CUA, est devenu le Président de la Haute Autorité de la Transition, à la suite des évènements de 2009.

Et voilà qu’en 2015, Lalao Ravalomanana, épouse de Marc Ravalomanana accède à son tour comme édile de la Ville des Milles, après avoir été une candidate recalée aux présidentielles de 2013 !

Si Marc Ravalomanana l’a propulsée comme candidat de son parti Tiako I Madagasikara (TIM) au poste de maire c’est qu’il pense sans l’avouer publiquement que sa candidature risque d’être bloquée aux prochaines présidentielles de 2018.

Effectivement il a cette épée de Damoclès suspendue sur sa tête qu’est la condamnation par contumace aux travaux forcés à perpétuité avec mandat d'arrêt immédiat. A l’allure où vont les choses, la signification par la justice de sa condamnation surgira à l’instant voulu afin de l’empêcher de se présenter.

Ni la Communauté Internationale ni le Comité du Fampihavanana Malagasy (CFM) ne pourront faire grand-chose, au nom de l’indépendance de la justice et c'est une fois derrière les barreaux qu'il pourra faire un recours.

Marc Ravalomanana sera pris au propre piège de ses paroles et de sa « conviction » de l’Etat de droit. Il faut être naïf ou avoir le niveau d’un grand enfant de la classe de 3ème pour ne pas comprendre l’attitude de ladite Communauté Internationale (CI) à son égard, si les Parlements en Europe et autres personnalités, à des milliers de kilomètres de la grande île, ânonnent que les élections de 2018 doivent être inclusives, leurs représentants ici déclarent avec la plus grande sérénité que l’Union Européenne ne commentent pas les décisions de justice au nom du respect de la souveraineté des tiers, donc l’actuelle administration a les mains libres pour mettre Ravalomanana à l’ombre et l’écarter des futures élections.

En d’autres termes la Communauté Internationale occidentale, s’en fout complètement de Marc Ravalomanana comme de leur première culotte !! Mais c’est lui qui s’accroche à la CI.

Les représentants de l'Union Africaine ont rencontré Marc Ravalomanana, à la sortie, l'ex a martelé qu'il n'y aura plus de Ni Ni et que tout le monde peut se présenter aux élections, pendant que ses hôtes ont refusé de faire des commentaires mais se réfugiaient derrière des consultations avec d'autres instances non encore terminées.

Mais Marc Ravalomanana fait semblant de ne pas savoir qu'il ne s'agit pas là d'un Ni Ni version 2013, mais de respect de la Constitution et du Code électoral, que le casier judiciaire d'un postulant doit être vierge, et la Haute Cour Constitutionnelle n'aura pas d'état d'âme sur ce fait. Marc Ravalomanana pourrait encore faire recours du verdict lui condamnant à perpétuité, mais il le fera en prison, si le régime HVM décide d'appliquer la loi.

Mais le régime HVM, même vouloir être clément avec Ravalomanana au nom de la réconciliation, tombe dans le Déni de justice et que d'autres condamnés peut se prévaloir d'être libre aussi au nom de l'égalité devant la justice, et le Déni de justice est condamnable pénalement contre celui qui ne veut pas appliquer une décision de justice.

Est-ce c’est sur les conseils de certains de cette CI, parmi eux Louis Michel (membre du parlement européen et ancien commissaire) qu’il se promène partout à Madagascar et dans le monde en s’affichant avec sa femme Lalao Ravalomanana pour la préparer comme roue de secours au poste suprême ?

Mais n’est-ce pas un mauvais calcul ? Contrairement à son mari, ses réussites en tant que bourgmestre sont loin d’être éclatantes, les initiatives de son équipe sont souvent limitées et sujettes à des contestations, à l’exemple des taxis et des vendeurs à la sauvette.

L’Omnium de Maintenance des Véhicules de Transports ou OMAVET a été l’objet de beaucoup de contestations de la part des professionnels des transports urbains pour manque de communications de la part de la CUA.

Comme bon nombre d’opérateurs de l’agro-alimentaire, Ravalomanana croit à l’efficacité des recettes et se convainc que les Malagasy l’aiment toujours en inondant le pays de ses produits TIKO et que 2001 sera 2018. Mais il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude car l’équipe Rajaonarimampianina n’est pas celle de Ratsiraka, car elle verrouille de plus en plus l’administration en plaçant des personnes loyales au parti HVM.

Avant de mettre Marc Ravalomanana hors-jeu, elle s’en prend à toutes ses sources de financement (fermeture de TIKO AAA, blocage des comptes,…).

Si Ravalomanana croit gonfler à bloc sa roue de secours en l’emmenant partout, il semble qu’avec son succès mitigé à la CUA, cette roue est usée sans financement aucun et que Mr le conseiller spécial roule maintenant sur les jantes.

D’autant plus que son entourage est loin d’être unanime, l’ancien président qui a toujours fait fi de l’histoire doit bien regarder ce qui se passe dans ce pays de la SADC qu’est le Zimbabwe. La différence se situe dans le fait qu’en voulant installer sa femme, Robert (commandant Bob) Gabriel Mugabe a agi sur un caprice sénile (93 ans) en désignant sa femme impopulaire car sud-africaine aux élections de 2018, pour Marc Ravalomanana il utilise sa femme comme roue de secours dans l’éventualité de ne pas pouvoir se présenter en 2018.

La similitude c’est que la SADC a avalisé ce qui venait de se passer depuis une semaine dans ce pays voisin de l’Afrique du sud, comme elle a conduit la résolution de notre crise entre 2009-2013, ce qui donne une idée sur l’incapacité de telle association à résoudre des dissensions internes de ses pays membres. Sans oublier qu’en Afrique le charisme d’une personne se limite à sa propre personne et ne se transmet pas à sa femme/concubine ni à ses enfants.

En prenant ce type de raccourci « Dada » risque la crevaison avec un pneu usé et à plat !!!

Anonymous

 

 

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