Réfugiés: Madagascar n’est pas la Malaisie

  • lundi, 20 novembre 2017 14:20
  • Super User
  • Photo Sobika

Actuellement les Rohingyas constituent les réfugiés les plus nombreux de Malaisie avec 55 000 personnes. Rappelons que les Rohingyas sont des Musulmans Bangladeshis arrivés dans les bagages des Colonisateurs britanniques au début du 19ème siècle en Birmanie.

A l’indépendance en 1948, la nation birmane rejette farouchement de leur accorder la nationalité du Myanmar (nom actuel de la Birmanie) et que l’armée de ce pays tentent de les rejeter vers le Bangladesh leur contrée d’origine.

Mais ce dernier, déjà, surpeuplé n’en veut pas, d’où le drame « humanitaire ». Parmi les rares Etats qui veulent les accueillir figure la Malaisie.

Ce royaume dont la religion officielle est l’Islam accueille un nombre assez conséquent de réfugiés malgré que leur entrée se fasse au compte-goutte. La Malaisie est un pays prospère, second après Singapour, au sein de l’Organisation des Etats de l’Asie du Sud-Est (OTASE/ASEAN) donc elle attire beaucoup de migrants quel que soit leur motivation.

La plupart de ces derniers sont des Musulmans fuyant la misère et les guerres dans leurs Etats.

Durant les années 90, le Premier ministre de l’époque, Mahathir Mohamad, avait trouvé une utilité à « inviter » quelques milliers de Bosniaques. Auparavant ses prédécesseurs ont aussi agi de la sorte en recevant certains membres de la communauté indienne musulmane renvoyée d’Ouganda par Idi Amina Dada en 1974. Riches, ces personnes n’hésitèrent point à ouvrir des cabinets médicaux (klinik) et autres entreprises en s’intégrant au sein des Malais, les autochtones musulmans, de la Malaisie.

Ce fut aussi le cas deux décennies plus tard pour les Bosniaques musulmans et une centaine d’Albanais islamiques. Contrairement à cela l’actuel Premier ministre, Najib Razak, ne se montre pas très généreux envers la communauté des croyants et n’a consenti à recevoir que 3 000 réfugiés Syriens sur trois ans ! Evidemment personne ne sait combien de Pakistanais, Bangladeshi, Rohingyas Afghans et Arabes vivent clandestinement dans les grandes agglomérations du pays (Kuala Lumpur, Penang, Johor Baru).

Etrangers, réfugiés et migrants composent environ 30% de la main d’œuvre en Malaisie occidentale (la péninsule), ils sont peu chers pour les entreprises locales.

Au minimum 5 Organisations Non-Gouvernementales (ONG) s’occupent des réfugiés Rohingyas.

La Malaisie s’étale sur 329 750 km2 (péninsule et orientale) pour 31,19 millions (2016) d’habitants et son PIB par tête est de 9 502,57 US$ la situant à la 36ème place. Ses principales ressources sont le pétrole (en Malaisie orientale [Bornéo] surtout), gaz naturel, caoutchouc, huile de palme, étain, bois tropicaux, poivre qui sont des rentrées de devises très important pour cet Etat.

Son histoire et en conséquence sa culture ont construit un très fort concept de l’Etat dans ce pays, en effet l’Hindouisme et l’Islam forgeaient les intellectuels malais dans leur construction étatique postcoloniale.

La Malaisie possède un Etat fort qui lui permit un essor économique en seulement 36 ans (1981-2017).

La Malaisie et Madagascar appartiennent tous deux au monde nousantarien (malayo-polynésien/austronésien/indonésien) incluant l’Indonésie, les Philippines, et les autochtones du Pacifique (Tahitiens,…). Notre île fait 587 295 km² avec une population de 24, 313 (2016) millions d’habitants son PIB par tête est de 401 US$ le situant à la 143ème place.

Malgré les chiffres publiés par les institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale) on ne peut mesurer exactement nos ressources: pétrole, or, nickel, fer, vanille, café, cacao, bois… En comparaison avec la Malaisie, nous avons les mêmes potentialités pour ne pas dire plus mais le véritable nœud du problème réside dans notre Etat faible.

Cette faiblesse est chronique et se situe dans notre histoire et culture. Donc nous ne pouvons point accueillir des réfugiés à grande échelle pour ne pas dire des migrants.

Un Etat faible favorise l’anarchie car chaque personne détentrice d’autorité agit à sa guise, nos frontières poreuses en sont la parfaite illustration. On ne fait plus la différence entre migrants, touristes, réfugiés, vagabonds, pirates.

Sans oublier qu’une bienveillance malsaine freine certaines franges de responsables à dénoncer le laxisme régnant en matière de réglementation de contrôle d’entrée des étrangers sur notre territoire. Certains y trouvent même ces mesures allant contre le développement du ….tourisme !!!

Comment sont faits nos surveillances des frontières aériennes (aéroports) et maritimes ? L’octroi des visas d’entrée sont-ils adéquats à la situation internationale actuelle ? Il est ridicule de voir des clandestins originaires du Pakistan ou d’ailleurs grattant les pavés d’Antananarivo en vendant des portables contrefaçons.

Les Sri-lankais n’ont-ils pas accès à nos mines depuis plus d’une décennie ? Qui sont derrière tous ces micmacs ? Le passage du sulfureux président turc Recep Tayyip Erdoğan à Madagascar en 2016 est-il pour quelque chose ? La présence de ces migrants-réfugiés est-il un avant-plan annonciateur de l’arrivée en masse d’investisseurs turcs préférant ce type de main- d’œuvre au lieu d’offrir du travail aux Malagasy ?

Ou bien l’entrée en catimini d’argents en provenance des pays du golfe qui en est la cause ?

Certains Seychellois déplorent l’arrivée sur leur territoire des investisseurs Qatari, Bahreïni qui, tout en s’impliquant dans le secteur touristique, se retrouvent propriétaire d’îles devenues propriété privée ainsi que des terrains au sein même de Victoria la capitale. D’autant plus qu’ils ont emmené avec eux des zélateurs musulmans dans un pays chrétien catholique, ainsi des tensions existent.

Et ces Karana qui se règlent les comptes entre eux comme dans les films westerns et bollywoodiens ? Autant de questions se posent aux observateurs locaux.

A Sambava il y a même un atelier de fabrications d’armes de poings, au vu de ce qui se déroule, il est fort possible qu’il existe une main étrangère derrière.

Tout le monde profite de la fragilité de l’administration HVM.

Comme en Malaisie, les ONG bénéficient de financements extérieurs dont les bailleurs ont leur propres objectifs sous couvert d’ « humanitaire » dans la prise en charge des réfugiés et certainement c’est aussi certainement le cas pour Madagascar sans compter la cupidité de certains vis-à-vis de l’aide extérieure.

Il est sûr qu’avec l’attribution de terres aux étrangers, l’entrée de plus en plus importante de migrants-réfugiés ne font que renforcer la faiblesse de l’Etat et administration malagasy.

La Malaisie peut se permettre de recevoir des milliers de réfugiés car c’est un pays riche, mais Madagascar ne peut pas encore se payer ce …luxe. Protéger l’intégrité de sa nation et de son territoire ne se définit pas comme de la xénophobie.

Anonymous

(Photo Sobika, potentiel en bois de Madagascar)

 

Commentaires (13)
Laissez un commentaire
Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.
 
 
B1 - Polyclinique
B2 - Toa