Chaos à l’Assemblée Nationale

  • vendredi, 17 novembre 2017 11:06
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  • Photo Archives Sobika

La chambre basse vit sa dernière année de mandat, en effet on procédera à la reconduction ou au remplacement de ses membres en même temps, ou juste après les élections présidentielles en 2018.

Pour beaucoup d’observateurs des ressemblances existent entre les parlementaires cuvées 2013-2018 et ceux de 1993-98 ayant empêché le professeur Zafy Albert.

Durant ces 2 mandatures, à presque 20 ans de différence, le comportement des députés de Madagascar n’a guère changé, voire s’est empiré. A cette époque, de régime parlementaire, un premier ministre a été nommé sans aucune majorité mais grâce aux mallettes de Fmg, il a pu administrer le pays pendant 2 ans et 2 mois (10 août 1993 - 30 octobre 1995) ! La corruption a bel et bien augmenté à cette période.

2 décennies plus tard, rien de nouveau sous le soleil des tropiques, effectivement nous vivons sous un régime de démocratie semi-parlementaire. Un homme politique occidental a bien dit que la « démocratie est un luxe que peut se permettre les pays développés » ou du moins les Etats ayant atteint un niveau de vie au -dessus de 5000 US $ le PIB.

Notons que nous sommes en queue de peloton dans la catégorie des 1398 US$ et encore (174ème).

Nos députés de Madagascar profitent de leur passage à l’Assemblée Nationale pour se mettre plein les poches et avoir des attitudes ostentatoires.

Les 4X4 ont été introduits par l’administration Tiako I Madagasikara (TIM) qui a fait don d’environ 150 véhicules de type Hilux aux parlementaires afin qu’ils puissent remplir leurs missions dans leur circonscription respective qui sont des endroits difficile d’accès. Mais le hic, c’est le fait, que même les représentants élus des grandes villes ont reçu leur part alors qu’ils n’en ont certainement pas besoin. Mais comment donner aux uns, pas autres?

Rien d’étonnant que certaines pratiques ont été dénaturées au profit d’égoïsme et de corruption, d’où ces quêtes ininterrompues d’avantages personnels.

Rappelons-nous que la mission de l’Assemblée Nationale est de « voter les lois et contrôler l’action du gouvernement et évaluer les politiques publiques » selon l’article 68 de la Constitution de 2010 à son sous-titre II, du titre III (organisation de l’Etat).

Dans son article 72, alinéa 1, la Constitution stipule que « durant son mandat, le député ne peut, sous peine de déchéance, changer de groupe politique pour adhérer à un nouveau groupe, autre que celui au nom duquel il s'est fait élire. ».

Mais l’alinéa 3 du même article semble être la porte ouverte à certaines pratiques : « le député élu sans appartenance à un parti peut adhérer au groupe parlementaire de son choix au sein de l'Assemblée». Cela signifie que ceux qualifiés d’indépendants peuvent agir à leur guise, malgré la mise en garde de l’alinéa 4 « la déchéance d'un député peut également être prononcée par la Haute Cour constitutionnelle s'il dévie de la ligne de conduite de son groupe parlementaire. », il est sûr que les attitudes de ces groupes parlementaires dits « indépendants » sont à l’origine des pratiques innommables au sein de la Chambre basse avec dans le fond la constitution d’une majorité labile pour ne pas dire « fantôme » qui a tenu durant 4 années à coup de milliards d’Ariary hors indemnités évidemment.

Aucune Constitution sur la planète terre n’est parfaite qu’elle soit présidentielle ou parlementaire, mais tout est dans la pratique et surtout la culture politique d’une nation. Chez nous la responsabilité, très peu de personne connaît sa vraie définition.

Une personne nous a déclaré qu’à Madagascar on n’est jamais malade mais victime de la sorcellerie, c’est-à-dire que ce sont toujours les autres qui sont à l’origine de nos malheurs. Et à chaque début de speech ou discours (kabary) on s’excuse (miala tsiny) comme si on pense déjà aux manquements que l’on va faire. Il a un peu de vrai dans tout cela, très peu de personnes ont tenu leurs promesses chez nous.

La majorité de nos députés pratiquent le chantage (motion de censure, empêchement,…) afin d’obtenir quelques valisettes de plus pour leurs intérêts personnels, ils n’hésitent pas à se taper dessus pour se faire valoir et dire qu’ils font leur boulot.

En cette fin de mandature, beaucoup vont se vendre aux plus offrants et les enchères commencent à grimper, sans oublier que l’administration HVM commence sa régularisation institutionnelle à des fins de propagande, après la « mise sous contrôle du Sénat », c’est au tour de l’Assemblée Nationale qui pourra voir un changement au sein de son bureau permanent, en réalité c’est le début du chaos.

Il est sûr qu’à Madagascar les rats changent de navire, et au pays des caméléons, la métamorphose de couleurs est une habitude sur fond de plusieurs paquets d’Ariary, argent oblige.

Anonymous

 

 

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