Francophonie: Du vent un an après

  • mercredi, 08 novembre 2017 14:21
  • Super User
  • Photo Sobika

Le 16ème sommet de la Francophonie s’est tenu à Antananarivo il y a un an de cela du 22-27 novembre 2016. Quelques mois avant cette échéance les médias locaux se posaient les questions sur la possibilité de la tenue de cette rencontre internationale, de ceux qui communiquent dans la langue de Molière, car les infrastructures sont loin d’être achevées. Pourtant le sommet a bien eu lieu !

Mais voilà 12 mois après, quelles sont les retombées de ce sommet tant vanté? Il y a cette grande bâtisse qui reste en suspens, elle servira à quoi dans l’avenir? Un futur hôtel 4 étoiles? Personne ne semble s’en préoccuper.

La route à 3 ou 4 voies ?? entre Tsarasoatra (Alarobia)-Ivato n’est toujours pas fonctionnelle, quand sera-t-elle ouverte? Afin d’alléger l’axe Antananarivo-Aéroport international. Cette route empruntée par l’ancien président François Hollande en novembre 2016 n’a jamais été utilisé depuis.

Ce n’est pas la première fois que Madagascar a accueilli des rencontres internationales dans tous les domaines: Jeux des îles (1990 et 2007), 3ème sommet de la Commission de l’Océan Indien (COI) en 2005, celui du Common Market of Eastern and South Africa (COMESA), un mois avant celui de la Francophonie.

Il ne faut oublier non plus les préparatifs des sommets ratés de 2009, ceux de l’Union Africaine (UA) et éventuellement de la Francophonie de 2010. Pour ces raisons des infrastructures ont été construites.

La grande question est: que deviennent-elles ? Pour les Jeux des Îles de 1990, il y a le « Village des jeux », devenu une cité d’habitation, sans oublier le stade couvert qui est peu fréquenté et parfois abandonné sous la responsabilité du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Pour les Jeux de 2007, ces infrastructures ont été retouchées et ensuite classées aux oubliettes avec la crise de 2009.

Il semble bien qu’à Madagascar on aime ce qui est neuf mais personne n’est qualifié pour l’entretien, à l’image de nos routes, à l’exemple de la RN5 qui, une décennie plus tard, est détruite sur une partie de son tronçon.

A-t-on bien reçu les 10 milliards de dollars dont Madagascar a besoin pour « décoller », d’après les dires du Président Hery Rajaonarimampianina? Avec en prime la mise en place d’un agence pour le développement.

Une chose est sûre, certaines entreprises qui ont participé à la construction de ces équipements et autres services n’ont pas été encore honorées un an après. Mais ce problème n’existait-il pas aussi en 2007 ? Est-ce une tradition moderne de ne pas payer les sous-traitants à l’exception des copains?

On dit que ces rencontres internationales boosteront le secteur touristique à Madagascar et on a même fantasmé sur un éventuel « boom touristique » si les 2 sommets de 2009 (UA) et 2010 (Francophonie) seront réalisés.

Voilà, Madagascar a reçu 293 185 visiteurs en 2016 mais des efforts sont encore à faire et cette année 2017 avec la peste ce chiffre risque d’être en baisse.

Plusieurs rencontres et sommets ont eu lieu à Madagascar, mais les retombées avoisinent les « moins zéro » car les Malagasy sont toujours pauvres et le deviennent de plus en plus. On se pose la question à quoi servent-elles toutes ces colloques et conférences?

Une vingtaine d’années de cela , un chercheur étranger a qualifié Madagascar, d’ « Indonésie avortée », ce sentiment a été aussi de celui d’un écrivain malagasy qui déclara que dans la grande île, il existe un sentiment certain d’inachevé. Tout semble être emporté par le vent et effacé par le temps.

En effet depuis des lustres nous ne sommes pas capables d’aller jusqu’au bout de nos convictions si tentées que l’on en a, et ce n’est point l’administration Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) qui fera exception.

Anonymous

(Photo Sobika: Village de la francophonie, du moins sa fondation)

 

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