Les Ecoles Catholiques contre la peste

  • mercredi, 25 octobre 2017 13:21
  • Super User
  • Photo Archives Sobika

Malgré les chiffres officiels sur l’épidémie de peste, la population a des opinions diverses sur l’attitude à prendre. Il y a ceux qui sont pour prendre les précautions nécessaires afin de faire face à la maladie. Ils sont partisans des mesures prises par l’administration HVM telles que l’arrêt et le report de la rentrée scolaire pour tous les établissements publics et privés qu’ils soient du primaire, secondaire et supérieur.

Par contre une majorité de la population demeure sceptique sur l’impact réel de cette épidémie sur leur vie quotidienne. Car les occupations professionnelles continuent, les marchés sont toujours fréquentés drainant les denrées mais aussi les ordures ! Les bureaux fonctionnent comme d’habitude, les grandes surfaces ne désemplissent pas de clients. Les magasins attirent toujours les foules, donc tout marche comme s’il n’arrivait rien.

Les écolages ont été payés à la rentrée, fin septembre et début octobre et voilà que l’enseignement s’arrête et tout le mois d’octobre est de nouveau « congé ou vacances de peste », les cours ne reprendront qu’en novembre et encore. Cela dépendra de la situation épidémiologique.

Derrière ces attitudes opposées se profile l’absence totale de crédibilité qu’ont les Malagasy à l’actuelle administration. Les communiqués et autres interventions ne rassurent pas et certains redoutent des entourloupettes à des fins électorales.

La décision de la Direction Diocésaine des Ecoles Catholiques (DIDEC) d'Antananarivo qui a conclu d’ouvrir les portes de leurs établissements le 25 octobre reflète quelque part les hésitations des différents responsables non-étatiques sur l’attitude à prendre face à cette contagion de peste.

Cette décision suscite des controverses, par là même une division au sein des Tananariviens, mais ceci est habituel au sein des habitants de la capitale.

Mais les leaders Catholiques ont appliqué une déclaration du Secrétaire général de la Croix Rouge internationale, El-Hadj As Sy : « il aurait été plus judicieux de garder plus longtemps les enfants sur les bancs de l’école plutôt que de les laisser livrer à eux-mêmes jouer près des détritus et des immondices ».

D’autant plus que la DIDEC se plaint « du manque de clarté dans les causes réelles qui ont poussé le ministère de tutelle à reporter, de façon répétitive, la rentrée scolaire ».

Politique ou pas cette attitude exprime un ras-le–bol devant la conduite des affaires de l’Etat par le parti HVM. Certes d’autres groupes ou institutions préfèrent faire une « trêve » dans leurs échanges verbo-médiatiques avec le HVM au pouvoir par « respect aux victimes de la peste » et arrêter les critiques pour laisser à l’administration de « lutter efficacement contre la maladie ».

Mais qu’en est-il vraiment ? Les ordures sont toujours là, les gens croupissent dans la saleté et la misère, aucun plan d’urbanisme en vue afin de désengorger l’agglomération urbaine. Le plus malheureux est d’entendre certains de ces « trêvistes » accuser leurs compatriotes d’être des « incultes se prélassant dans les immondices » et comme origines principales de la maladie, d’autres continuent leurs croisades contre les coutumes et valeurs ancestrales comme s’il était honteux d’être malagasy.

Heureusement que l’Eglise Catholique est là pour nous rappeler qu’il y a des moments où il faut savoir se dresser et mettre fin à certains abus, c’est-à-dire des décisions non justifiées quels qu’en soient les raisons, et cette volonté de faire entrer les élèves des écoles catholiques est un exemple à suivre. Il est grand temps aussi que les déclarations des évêques soient mises en application.

On peut dire que les écoles catholiques combattent la peste à leur manière.

Anonymous

(Photo Archives Sobika)
Vicaire Général: Mgr Ludovic RABENATOANDRO en visite pastorale à l'Ekar Ambohipo

 

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