Riz, peste et faiblesse

  • lundi, 23 octobre 2017 08:31
  • Super User
  • Photo Sobika

Les Malagasy continuent de s’inquiéter et de souffrir, d’abord il y a cette épidémie de peste dont les victimes atteignent les 107 morts avec 46 décès dans les centres de soins et 61 chez eux selon le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC).

Toujours selon ce rapport, 689 cas ont été guéris, 225 en cours de traitement et il y a 29 nouveaux cas. Mais ces chiffres reflètent-ils la réalité ? Beaucoup de concitoyens en doutent, certains dramatisent d’autres le sont moins, cette acceptation fataliste de son sort par les Malagasy traduit quoi par derrière?

Certainement pas un soutien à l’actuelle administration Hery Vaovaon’i Madagasikara (HVM), le silence à Madagascar signifie une gêne, un refus mais non l’acquiescement.

L’autre source d’inquiétude, dans ce silence de mort, est l’envol des prix du riz, denrée de première nécessité phare pour les Malagasy. Le type makalioka se vend à 630 MGA le gobelet à Antananarivo, c’est souvent le riz le plus consommé par la classe moyenne, au kilo son prix avoisine les 2205 MGA.
La catégorie vary gasy, considéré comme à la portée de tous, le gobelet est à 620 MGA soit 2170 environ le kilo.
Le riz stock, nom donné au riz d’importation, au gobelet s’achète à 500 MGA ou à peu près à 1750 MGA le kilo, ce dernier est peu apprécié par bon nombre de nos concitoyens.

L’administration actuelle a promis d’importer plus que d’habitude afin de baisser le prix du riz. D’après leurs sources, la quantité de riz importé atteint le seuil de 258 000 tonnes au lieu des 250 000 tonnes par an au mois de juillet.

Alors soit les chiffres sont biaisés soit on manœuvre les prix quelque part? Des spéculateurs ont toujours existé à Madagascar. A moins que ?!!

Un grand quotidien français a révélé les résultats de ses enquêtes, dans son magazine, que Madagascar risque d’être la prochaine cible des Islamistes dans les années proches et à venir comme si on avait besoin encore de ce nouveau cataclysme.
Ce que nous avons retenu de cette investigation est ce remarque qui en dit long sur le regard de l’internationale (par les bailleurs de fonds à langage diplomatique) sur nous : « la faiblesse chronique de l’Etat, favorisant la pénétration des Islamistes ».

L’Etat-Nation malagasy est certainement malade, rien d’étonnant à ce que la nation donne cette impression d’asthénie, voire d’anesthésie générale, la population se replie en soi sans plus faire confiance à l’Etat. Même les prochaines élections ne les intéressent plus car au fond d’eux-mêmes, ils pensent que les étrangers choisiront à leur place afin d’accaparer leurs terres et domaines, les femmes en majorité n’ont plus comme principal objectif que de survivre.

Les insécurités aux 4 coins de l’île reflètent l’incompétence et la faiblesse de l’actuelle administration, cette situation, Madagascar l’a déjà vécu il y a 122 ans avant l’avènement de …la Colonisation. Maladies, famine et insécurité, le trio infernal qui a miné notre nation et par à-coups l’Etat lui-même.

Mais qui a détruit nos valeurs ancestrales : fokonolona (communauté) au lieu d’individu, ray amam-dreny (parents, chef) au lieu d’égalité, asa sy adidy (travail et devoir) au lieu de liberté à braire, valitanana (solidarité) au lieu de la fuite devant les difficultés, toutes ces valeurs se déroulent dans le respect des fitsipika (discipline)?

Ces vraies valeurs sont autrefois inscrites dans la tête de nos aïeux, elles correspondent sans exception aucune aux « valeurs asiatiques » tant vantées par les leaders d’Asie qu’ils soient Japonais, Chinois, Singapouriens, Thaïlandais, Indonésiens, Philippins et Malaisiens, qui ont fait un bond vers le développement durable en 75 ans au lieu des 350 ans des Occidentaux.

Eux aussi ont connu la peste, la famine, mais surtout les guerres (invasions coloniales, civiles,..) mais ils les ont surmontées toutes.
Nous ne somme même pas capable de sortir dans l'eau notre checkpoint sanitaire contre la peste à Ambodivona.

Les Malagasy sont-ils maudits ? Peut-être pas, mais ils sont à la croisée des chemins, soit ils travaillent tout en améliorant les conditions sécuritaires, soit ils sombrent dans l’anarchie, ce que leur souhaitent les valets des bailleurs de fonds dont le seul motif est de gérer les miettes d’aides extérieures.

Anonymous

(Photo Sobika. Checkpoint sanitaire contre la peste dans l'eau à Ambodivona)

 

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