CFM : Piège pour Ravalomanana ?

  • jeudi, 31 août 2017 18:41
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  • Photo Archives Sobika

Le tour pré-électoral pour Marc Ravalomanana a déjà commencé depuis plusieurs mois. Afin de préparer le scrutin présidentiel de 2018, l’ancien chef de l’Etat ne se lasse pas de visiter les régions de Madagascar. Son but est de se rappeler au bon souvenir du citoyen lambda de ses « réalisations » en 7 ans de mandat.

Mais beaucoup d’observateurs se posent des questions sur ses chances de pouvoir se présenter aux présidentielles d’ici 16 mois. En effet la nomination des nouveaux membres du Comité du Fampihavanana Malagasy (CFM) n’est qu’un leurre, malgré que certains des membres désignés par le Président de la République sont d’anciens collaborateurs de Marc Ravalomanana.

Dans le cadre d’éventuelle amnistie délivrée par le CFM, seuls en bénéficieront ceux qui sont jugés et condamnés définitivement, comme ce fut le cas des deux vagues de graciés (Pety, Coutiti,…) sous la diligence du Filankevitry ny Fampihavanana Malagasy (FFM) durant la Transition. Or, pour l’ancien chef de l’Etat, aucune peine définitive n’est encore prononcée à son égard, lui-même mène un combat sur le terrain juridique en déclarant que le Tribunal qui l’a condamné n’est pas qualifié à le faire et la seule Haute Cour de Justice est à même de le juger. D’où il n’y a encore de peine définitive à l’encontre de l’ex-président car tous les recours ne sont point terminés. Tout le monde sait que la Haute Cour de Justice est loin de se faire constituer par les actuels responsables. Le CFM n’est d’aucun secours pour Ravalomanana car sur quelle base va-t-il octroyer son amnistie.

D’autant plus que l’ancien président, en refusant la légalité du Tribunal qui l’a condamné par contumace, ne reconnaît aucune des charges portées contre lui. Ceci corse encore plus l’affaire, car demander une amnistie ou grâce à une instance habilitée à le faire comme le Comité de Fampihavanana Malagasy (CFM) c’est reconnaître explicitement ses fautes. Or ce n’est pas dans la mentalité de l’intéressé qui a toujours clamé son « innocence ».

Malgré la présence au sein du CFM des personnalités comme Rahaingosoa Louise Odette, Charles Rabemananjara, respectivement ministre et premier ministre sous l’administration Ravalomanana, le CFM est un piège pour le past président car ils ne peuvent rien faire pour lui car rien de définitif n’est encore prononcé à son égard.

L’actuel chef de l’Etat Hery Rajaonarimampianina, dont Ravalomanana est l’un des challengers en 2018, n’a pas encore dit son dernier mot dans cette affaire. Il peut officialiser, la condamnation de Marc Ravalomanana à la dernière minute, alors que ce dernier en récusant sa peine pour « vice de forme » n’a jamais saisi le CFM, l’ancien président se retrouvera sous mandat de dépôt. Il ne pourra regarder le déroulement de la campagne que devant le petit écran quelque part à l’ombre ! Et peut-être la Haute Cour constitutionnelle (HCC) prononcera son invalidité à se présenter aux élections présidentielles. Les carottes sont cuites.

Lui qui a toujours cru au poids de la communauté internationale, sera désappointé car cette dernière a toujours déclaré qu’elle n’interférera jamais dans les décisions de justice.

En se référant aux rapports des agences américaines lus sur Wikileaks entre 2009-2010 on se rend compte que le président Ravalomanana n’a jamais reçu le soutien des Etats-Unis sur son désir de revenir à Madagascar et de se réinstaller au pouvoir. Donc il est fort possible que la communauté internationale n’a que faire de son cas.

Face aux foyers de tension dans le monde: Corée du Nord, Etat islamique et autres terrorismes,… l’international (Etats-Unis, Union Européenne) ne fera point de Madagascar leur priorité, donc Ravalomanana se trompe énormément.

Vivre sous un Etat de droit, n’est pas aisé car les luttes sur le terrain judiciaire sont parfois compliquées et provoquent plus de tensions que l’on croit.

Anonymous

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