Réconciliation financière ?

  • mercredi, 23 août 2017 06:37
  • Britto
  • Photo Archives Sobika

Jeudi 17 août dernier, les noms, sélectionnés par le comité pour la mise en place du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM), ont été transmis au Président de la République, parmi lesquels il nomme 22 membres, en plus de son quota de 11 membres, qui vont siéger au sein du CFM.

Plus de 600 personnes ont posé leur candidature aux 8 personnalités composant le Comité de sélection national. Rappelons-le que pour être éligible membre du CFM , il faut avoir 40 ans révolus, «être de bonne moralité», «n’ayant reçu aucune condamnation pénale», «avoir de l’expérience sur les composantes et éléments du processus de réconciliation nationale», «ne pas être membre d’une institution de la République», «n’avoir jamais fait de déclaration hostile à la réconciliation nationale à Madagascar, «ne pas être à la tête d’un parti politique». En d’autres termes, on ne peut être rémunérés ailleurs et touchés une allocation en tant que conseillers du Fampihavanana Malagasy.

En regardant de près toutes ces conditions on commence à comprendre cet afflux record d’impétrant. Il faut être au chômage total pour pouvoir devenir membre du CFM !

En réalité, à quoi cela sert le CFM ou plutôt quelle genre de réconciliation ira-t-on proposer ? A première vue ce sont les médiateurs de la Southern African Developement Community (SADC) durant la Transition qui ont proposé l’établissement de ce genre de système avec d’abord le Comité de Suivi et de Contrôle (CSC) de l’application de la Feuille de Route, plus tard le Komitin’ny Fampihavanam-Pirenena et maintenant relooké en CFM.

Il est à noter qu’aucune des deux institutions prénommés ont fait actuellement ce que l’on attendait d’elle exactement. Il y a eu quelques raisons à cela, en premier lieu les membres de la SADC venus à Madagascar n’ont fait que du «copier-coller» de ce qui s’est passé en Afrique et plus particulièrement en Afrique du Sud en conseillant aux Malagasy la mise en place du CFM à l’image du Comité Vérité et Réconciliation à la fin de l’Apartheid dans les années 90 sans oublier le CENI et autre Cour spécial qui donnent à Madagascar le reflet d’un Etat-nation 100% « Africain ».

Côte d’Ivoire, Centrafrique, Mali, Rwanda, Burundi, Tchad, Sud-Soudan, Ethiopie, …maintenant le Kenya ont connu des événements dramatiques avec la perte de centaines de milliers de personnes tuées dans des guerres civiles dues à des confrontations ethno-politiques.

Rappelons que l’Afrique a toujours été un terrain fertile aux combats tribaux pour des raisons diverses (terrain de cultures et d’élevage, trafic humain, pétrole, mine…) que les Colonisateurs européens ont su exploiter afin d’imposer leur domination jusqu’à nos jours.

Mais à Madagascar ce n’a jamais été le cas, point de guerre civile à motivation politique, et même si cela a pointé le bout de son nez 15 ans plutôt, les Malagasy ont su régler le problème entre eux.

L’ambition d’un seul homme, qui n’était pas le premier à perdre le pouvoir, il y avait bien deux présidents avant lui, a fait que des hommes politiques africains ont importé et imposé leurs conceptions à la grande île et nous allons mesurer petit à petit les effets nocives de telles idées.

Comme toutes choses mal copiées et déformées, le CFM attire beaucoup d’affamés dont le seul objectif est l’attrait des avantages pécuniaires que peut fournir le fait d’être membre. Des « experts en réconciliation nationale » ne courent pas les rues, l’un d’entre eux, envoyé en Afrique est décédé de vieillesse pas plus d’un mois !

Alors les conditions posées nous font un peu rire, d’autant plus que le dernier Komity du Fihavanam-pirenena a fini son exercice sur fond de «scandale financier», ordinateurs volés. Sûrement les demandes de 4X4 et autres vont pleuvoir pour soi-disant « être dotés des moyens pour remplir leur mission ».

Un récent reportage fait par un journaliste étranger, montrant les opérations contre les dahalos dans la région Ihorombe illustre d’une façon surprenante qu’en vérité les vols de bœufs résultent de conflits inter-villageois sur la possession de cheptels transformée avec les années en véritable traite et trafic. Il est fort possible que ces combats prennent l’allure d’un « guerre civile locale ». Aucun homme politique et supposé « élite intellectuel » ne s’y intéresse alors comment réussir une telle réconciliation si de choses aussi quotidiennes comme l’insécurité ne sont pas résolues.

Bientôt, les Olo-be et Ampanjaka vont revendiquer leur part du gâteau, au nom de la réconciliation nationale.

Mais au fait, qui réconcilie-t-on? Les Malagasy ou les politiciens, et encore quelque poignée des politiciens qui haranguent la guerre fratricide malgacho-Malagasy au cas où.

Comment confier le pays à des énergumènes de politiciens qui se chamaillent pour une chambre d’hôtel et faire semblant d'amener une bible en tenue de combat, oups, il l'a enlevé avant de se donner la main, avec un semblant d'éloge pour l'autre, que tu es bien président de ton église, et restes-y, et laisses-moi être le président du pays.

Anonymous

 

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