A louer ?

  • vendredi, 18 août 2017 16:08
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Comme beaucoup de pays africains, à Madagascar le sol cultivable demeure sous exploité faute de volonté des dirigeants. Les excuses sont l’insuffisance d’investissements donc de moyens techniques.

Certains pays émergents comme la Chine ou l'Inde disposent de vastes capitaux leur permettant d’investir dans l'agriculture industrielle. Ainsi ils achètent ou louent auprès de certains ministères africains de l'agriculture de grands domaines à mettre en valeur et ce, souvent contre l'opinion des agriculteurs locaux. C’est le cas en Ethiopie actuellement.

En 2008, New Delhi a été le lieu de rencontre du premier sommet Inde-Afrique. L’Inde tente de combler son retard par rapport à la Chine qui investit sur le continent africain deux fois plus qu’elle. L’aspect primordial de ce sommet touchait l'agriculture, avec comme thème: « assurer la sécurité alimentaire, éradiquer la pauvreté et améliorer les moyens de subsistance des populations ».

Un deuxième sommet s'est tenu à Addis-Abeba 3 ans plus tard. Les investissements indiens ont augmenté de 31 à 46 milliards de dollars, à l'initiative de firmes privées comme la Karuturi Global, leader mondial de la production de roses coupées réalisant 90% de sa production en Ethiopie. Elle est en train d’étendre ses activités dans la production de biens alimentaires (riz, tomates, canne à sucre, maïs, coton légumineuses) en louant de nouvelles terres disponibles.

L’ambition de Karuturi Global serait d’entrer dans le groupe des 5 premiers producteurs de denrées agricoles afin de procurer une sécurité alimentaire à l'Inde qui deviendra le pays le plus peuplé de la planète.

De 2007 et 2011, l'Afrique sub-saharienne a loué plus 45 millions d'hectares de terres agricoles à des firmes indiennes et chinoises. L'Ethiopie arrive en tête pour le nombre de contrats signés : 260 sur un total de 408. Cette ruée sur les terres africaines s'est produite sous les conséquences conjuguées d'une hausse spéculative des prix agricoles entre 2007 et 2009 et d'une production accrue de biocarburants stimulée par des subventions des pays industrialisés.

En faisant la comparaison avec le passé, la mentalité africaine n’a guère évolué malgré les siècles. Aux 16ème- 19ème siècles ce ne sont point les pilleurs arabo-européens qui ont vidé l’Afrique noire de ses hommes en les envoyant comme esclaves en Amérique mais les chefs africains eux-mêmes en se faisant la guerre ou en vendant leurs propres sujets aux Arabes et Européens. En contrepartie ils reçoivent des verroteries et autres fusils, de pierre, de l’argent facile quoi !

De nos jours, qu’est-ce qui empêche l’Afrique noire, dont Madagascar en fait partie, volontairement depuis 1975 de prendre en main son destin agro-alimentaire au lieu de chercher toujours la facilité avec la location-vente de ses terres pas si disponibles que ça.

Que faisons-nous de nos ingénieurs agronomes sortis de l’Institut Supérieur d’Enseignement Agronomique ou Agro et ce depuis plus de 40 ans, beaucoup finissent comme bureaucrates appelés pompeusement « technocrates ».

Pourquoi aucun gouvernement n’a jamais pensé à les attribuer des terres avec comme objectifs l’autosuffisance alimentaire et l’exportation de produits agricoles ? Sont-ils « empêchés » par leurs copains bailleurs de fonds occidentaux ?

Des pays comme le Vietnam ayant connu 30 ans de troubles avec plus d’un million de morts est devenu premier producteur de riz mondial, mais aussi de cacao… ! Le Pakistan est en tête des fournisseurs de céréales, ne parlons plus de l’Inde ou de la Chine où l’agro-alimentaire a fait des bonds incroyables et voilà qu’ils viennent nous emberlificoter.

Il n’y aura pas de transfert de technologie dans tous ces accords, tout ce que nous avons à faire c’est de louer nos terres et que nos paysans deviennent leurs employés comme jadis nos chefs nous vendaient aux étrangers pour être leurs esclaves. N’avons-nous pas les moyens de donner à une trentaine d’ingénieurs agricoles 100 hectares de terres chaque pour cultiver des céréales ou faire de l’élevage ?

Il est à peu près sûr qu’en moins de 5 ans on aura atteint l’autosuffisance alimentaire avec une baisse confortable du prix des produits de première nécessité. Sans compter que le prix du kilo des viandes sera à la portée de tous nos concitoyens.

En exploitant nous-mêmes nos produits miniers, les prix des carburants ainsi que le gaz seront pour tout le monde.
Mais qu’est-ce qui nous manquent : la volonté de gagner et surtout l’effort de travailler.

Anonymous

 

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