Négligence et corruption

  • lundi, 07 août 2017 12:02
  • Super User
  • Photo Archives Sobika

Tous les Malagasy ont été secoués par l’accident d’autocar transportant des participants à une réunion nationale des Jeunes Chrétiens ou Sampana Tanora Kristianina ou STK du District de Soavinandriana, Région Itasy.

Peu habitués à une telle hécatombe, presque tout le monde a suivi l’évolution des investigations concernant cette triste affaire. Les premières constatations révèlent une série de négligence, comment est-il possible que l’on ait continué le voyage alors que la voiture a connu plusieurs incidents techniques avant même d’arriver à Antananarivo ?

Pourquoi n’a-t-on pas fait un simple transbordement vers un autre véhicule durant l’escale dans la capitale, cela aurait évité cet accident fatal. Nul n’est prophète ou devin pour savoir ce qu’avait dans sa tête le propriétaire du véhicule. Selon les déclarations des témoins, c’est ce dernier qui a conduit l’autocar, était-il qualifié pour ce genre de voiture ? Ou aurait-il dû salarier une personne plus qualifié pour ce genre de trajet ? Le retard pris sur la visite technique est-il le fait d’un oubli involontaire ou d’une négligence ?

Parlons des visites techniques, au vu et au su de tous, des rabatteurs sont nombreux aux abords du centre de visite technique, pas la peine de présenter le véhicule, un billet de 20 milles Ariary suffit, et boum le tampon rouge est actionné, APTE à rouler même si la portière de la vraie voiture ne se ferme pas.

Cette auto-car cache-t-il le dessous de cette corruption, impossible d'imaginer que des contrôles routiers n'ont pas vu depuis 2015 une visite technique manquante, soit les Polices de la route sont hyper-corrompues, ou effectivement, le dit car a un contrôle mais que du tampon rouge sans être enregistré au centre de contrôle.

Sans oublier dans tout cela la surcharge, mais à Soavinandriana, voir la mer de Mahajanga n’est pas quelque chose d’anodin. Une série de négligences est certainement à l’origine de ce grave accident, négligences héritées de ce comportement du « moramora » (laissez faire et laissez aller) qui nous ont toujours été fatales.

Est-ce un signe de paresse intellectuelle voire physique ? On peut répondre par l’affirmatif. Rien n’aurait empêché le propriétaire du véhicule d’effectuer sa visite technique à moins que le car réside loin de tout centre de vérification. Des fois certaines personnes se sentent un peu radin et préfèrent prendre le risque de conduire de tel engin avec le peu d’expériences qu’elles ont car payer des vrais professionnels coûtent parfois un peu cher surtout pour ce genre de voyage organisé. Le tout se déroule sur fond de crise économique avec une inflation non maîtrisée.

Les négligences n’expliquent pas tout, il y a aussi la corruption. Où étaient les polices de la route, combien de barrage de la gendarmerie et des polices avant de franchir Soavinandriana à Ankazobe, pas moins d'une dizaine de barrage et contrôle. A la seule condition que le "Boeing" a volé haut, sinon un car prévu transporté 70 personnes, surchargé en 140, au double, surement çà se verra.

Le Président de la République, dans son émission "youtube" hebdomadaire a relevé qu'il y a corruption au niveau du centre de contrôle technique, mais les quelques dizaines du personnel ont-il été inquiétés, enquêtés et sanctionnés? Les policiers de permanence affectés sur ce trajet ont-ils été auditionnés et sanctionnés? Ou le Président parle comme quelqu'un qui ne dirige pas, et c'est à lui de marteler dans sa conclusion que chacun doit prendre sa responsabilité au lieu de "gueuler" sur les réseaux sociaux? Quelle responsabilité il a pris concrètement à part de jeter, lui aussi, le tort aux autres, qui est à la manette du pays? Qui sont les responsables de la sécurité, entre autre, la sécurité de la route, qui tue plus que les dahalo et bandits de grand chemin. Qu'ils démissionnent ou limogés si pas de résultat.

Tous ces accidents survenus ces 4 dernières années reflètent le fonctionnement de nos services en matière de transport routier. Les chauffeurs de taxi-brousses vieillissent alors petit à petit, ils sont remplacés par les conducteurs de taxibe dont on sait comment ils ont obtenu leurs permis de conduire qui sont pour la plupart des « permis dindons » (permy vorontsiloza), c’est-à-dire des permis obtenus au noir !

Il suffit de savoir manier un volant et changer de vitesse et voilà on est au commande d’un car de transport !...Où en est la conscience professionnelle et morale des propriétaires de ces véhicules de transport en commun ? Les chauffeurs sont pour la plupart des voyous qui se font la course dans les rues de la capitale. Et dire que ce sont eux qui sont au volant des autocars des lignes nationales actuellement, quel avenir s’annonce-t-il pour les usagers ?

La mort assurée.

Des chauffeurs de taxi nous ont déclaré qu’ils préfèrent rester en ville que de risquer leur peau ou plus exactement leurs poches en conduisant des taxi-brousses du fait du « racketage » par les forces de l’ordre sur les routes nationales, « pour un trajet Tana-Toamasina on paye pas moins de 125 000fmg (25 000 Ar) » nous a déclaré deux d’entre eux. « On préfère manger moins en restant en ville que de gagner de l’argent pour nourrir d’autres ».

Pour finir le voyage Tana-Diego, il y a 70 barrages, et pour chaque contrôle, c'est 2 000 Ariary ou des journaux, il faut compter 140 000 Ariary (700 000 fmg) de bakchich, et logique si le chauffeur met plus de bagage payant au dessus du toit, car c'est cela, disent-ils, amortirait le frais du bakchich à donner au contrôle routier.

La mentalité des Gasy en est aussi pour quelque chose, on ne se sépare pas de ses bagages et marchandises, donc un taxi-brousse, censé transporté juste des affaires personnels des passagers devient un transport de marchandises, balle de friperie, anana et salade, akoho aman-borona, volailles, des motos et bicyclettes, des tôles et ciments, au détriment du secteur transports marchandises.

Sans compter que les « visites techniques » se règlent parfois au…téléphone moyennant un bakchich ! Combien de voitures sont–elles vraiment aptes à rouler à Madagascar.

Sous d'autres cieux, le métier de contrôle technique est officié par des sociétés privés qui sont très encadrés, formés, avec des équipements adéquats, alors que chez nous on se dit que les hommes de Képi sont les incorruptibles et tout les confier, qu'ils rentrent aux casernes maintenant.

Ce n'est pas en accélérant une voiture sur un petit parcours intérieur d'un hangar et qu'on freine brusquement qu'on teste un frein, il y a un banc d'essai conçu pour cela. Ce n'est pas en ronflant le moteur et voir à l'arrière que cela ne fume pas qu'on conclue que la voiture ne pollue pas, il y a un appareil de contrôle de pollution prévu pour cela.

Les métiers d'un médecin, avocat, sont des métiers réglementés, avec exigences de formation diplômante, métiers exercés par des privés assermentés, et pourquoi pas le métier de contrôleur technique. On voit mal un dentiste sans son appareil et fauteuil de dentisterie, pareil pour le contrôleur technique, pas d'ouverture sans le minimum de formation et matériel de contrôle.

Peut on imaginer la construction d'une autoroute avec le parc des véhicules actuel? Une politique industrielle automobile, avec remplacement de la quasi-totalité de notre parc véhicule s'impose. Quid des voitures d'occasions, des poubelles des autres pays, bien peintes et retapées chez nous, mais la vétusté se ressent dès que la voiture est vendue et roule pour quelque Km.

Au fait peut-on encore circuler avec des véhicules à direction à droite ?!!! Où sont les lois ? SMM au secours !

L’accident d’Ankazobe nous rappelle qu’à force de négligences et corruptions, de tel drame risque de se répéter dans l’avenir. Le laissez-faire n’a plus droit de citer en ce 21ème siècle, un changement de mentalité s’avère nécessaire.

Anonymous

 

 

 

Commentaire (1)
  • Tsy aradalàna ny taratasin'ny fiara nefa navelan'ireo zandary handeha ihany izy. Raha ohatra ka nosakanan'ny zandary sy tsy navelany nandeha io fiara io teny andàlana. Kanefa mpizaika kristianina bedabe no nentiny. Ahoana indray no nanakianana ny fanjakana izay tsy namela azy handeha?
    mercredi, 09 août 2017 14:01
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