Pire qu’au XVIIIème siècle

  • vendredi, 23 juin 2017 13:11
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  • Photo Archives Sobika

Les attaques à main armée se multiplient au cœur même de la Capitale. Il n’y a point de journée sans vol ni de blessé voire mort d’homme. Les environs de la capitale sont devenus de second Bongolava où l’on massacre pour peu de chose.

La région d’Antananarivo vit une époque rappelant le 18ème siècle durant lequel, les roitelets des quatre districts (Avaradrano, Marovatana, Voromahery et Ambodirano) se faisait la guerre en appelant des « mercenaires » venant de l’ouest (Sakalava d’Ambongo) qui se faisaient payer en hommes et femmes, vendus par la suite dans les ports du Boïna.

Il a fallu attendre l’avènement d’Andrianampoinimerina en 1778, mais non en 1787 pour que prenne fin cette situation.

Mais 110 ans plus tard, à la veille de la Colonisation, cette insécurité réapparut d’une manière brusque alors que Rainilaiarivony vivait ses dernières années de premier ministre.

Pendant l’administration française, les fahavalo, dahalo et autres malaso étaient cantonnés dans des régions connues pour l’insécurité séculaire: Horombe, Bongolava, Menabe,..

Après le retour de l’Indépendance en 1958-1960, les attaques de dahalo ont commencé en crescendo et l’on peut affirmer sans ambages que l’on atteint le pic entre 2013 à ce jour.

Quelle en sont les causes ?

Beaucoup se précipiteront pour dire que c’est la pauvreté. Peut-être qu’il y a une part de vérité, mais elle est certainement minime. N’oublions pas que cette insécurité existait toujours dans la grande île car géopolitiquement nous étions dans le circuit de la traite orientale des esclaves.

C’est-à-dire la traite initiée par les Arabes à partir du 10ème siècle au plus tard et étoffée par les Français à partir du XVIIème, ce qui explique pourquoi les régions intérieures étaient les plus peuplées car les populations fuyaient les razzias côtiers commis par les Arabo-africains et colons mulâtres (métis de blancs et noirs).

Ce n’est qu’en 1848 (second traité d’abolition de l’esclavage) que s’arrêtait cet odieux trafics, seul continue jusqu’à nos jour celui des bovidés.

Un historien malagasy a bien affirmé dans son livre « les Malagasy et l’abolition de la traite européenne des esclaves » que ce sont les populations des Hautes Terres qui ont le plus souffert de la traite des esclaves !

Malheureusement la pression de l’ancienne métropole prolonge cette interprétation fausse de notre histoire en présentant une partie de la population des Hautes Terres comme l’instigatrice de cette traite des esclaves, en d’autres termes on a fait passer les victimes pour des prédateurs.

Madagascar a eu 6 millions d’habitants entre 1958-1960, 57 ans après le nombre de la population est à multiplier par 4, donc en simple logique arithmétique le nombre de bandits suit aussi cet exponentiel.

Croyons-nous vraiment à l’allure où vont les choses qu’une amélioration des conditions de vie quotidiennes y changera quelque chose ? Sûrement pas car le banditisme fait partie de la culture d’une partie de la population. L’état d’esprit anarchiste qui s’installa chez nous à partir du milieu des années 70 y est pour beaucoup dans l’intensification de ce type de comportement et il est probable que si le nombre des habitants augmenta 4 fois plus, celui des malfaiteurs par 8 !!!

C’est l’insécurité qui fait fuir beaucoup de paysans dans les villes à l’image de ces hommes vadrouillant dans la capitale en quête de batteries usagées et autres ferrailles et cet exode renforce le climat d’insécurité existant.

La dernière raison et principale cause est la mollesse des dirigeants malagasy face au banditisme. Cette faiblesse débuta vers 1865 quand le monarque montrait une certaine indulgence dans le traitement des criminels, des zones entières étaient devenues des repaires de pillards où se mêlent des bandits de droit commun ainsi que des proscrits politiques (Bemihimpa), et comme le territoire est vaste cela rendait les poursuites ardues d’autant plus qu’à l’époque certains responsables rechignaient à utiliser les chevaux par peur de tomber !!!

D’autre part on se demande si les Malagasy maîtrisent bien le métier des armes et toute la mentalité qui va avec, loyauté et discipline. En 1777, un traitant français du nom de Mayeur se plaignait au roi Andrianambotsimarofy que la garde de ce dernier se comporte parfois comme des bandits volant et détroussant les commerçants. Ceci ne rappelle-t-il pas quelque chose de contemporain ?

La solution est entre les mains des responsables et des autorités qui se disent morales car la situation va de mal en pis. Et même des dirigeants et des hauts responsables civils et militaires actuels se font un metier de banditisme au col blanc. Les kidnappings, les trafics de tout genre, les vols de boeufs, les mines, voire des trafics de drogue, sans parler des mains dans la caisse, les marchés fictifs et bien d'autres.

Qui se trouve en prison?...

Anonymous

 

 

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