Encore au Moyen Âge ou à la préhistoire?

  • lundi, 19 juin 2017 16:32
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« Si dans la citadelle (rova) d’Antananarivo, Andrianampoinimerina devait ressusciter pour parcourir à nouveau les villages de l’Imerina, il serait fort surpris de constater à quel point la vie des habitants lui est familière », cette expression est tirée de la dernière phrase de Stephen Ellis dans son ouvrage, l’Insurrection des Menalamba.

Ces mots conviennent encore de nos jours, car avec la situation actuelle on est encore en pleine époque moyenâgeuse. L’Etat est tout juste nominal, les institutions ne fonctionnent que pour elles-mêmes à l’image de certains membres de l’Assemblée nationale réclamant des voitures 4X4 ou une chambre haute pratiquant une conduite d’évitement.

La Justice est en pleine tourmente prise entre les juges du Syndicat de la Magistrature de Madagascar (SMM) qui veulent établir l’Etat de droit, des Greffiers réclamant une amélioration salariale et des employés pénitenciers jouant à on ne sait quoi.

Madagascar est en pleine anarchie, mais comme à son habitude la population s’en fout royalement. Les chefs des Eglises sectaires gagnent quelques milliers de fidèles en proclamant quelques miracles ici et là, cela ressemble bien à l’époque où des gardiens d’idoles attirent des foules en leur promettant des monts et merveilles, surtout en matière financière et de santé.

Comparativement avec l’évolution de la pensée moderne occidentale ou pas, nos ancêtres comme nos compatriotes sont plus friands de superstitions et de magies que de trouver des solutions à leur quotidien devenu de plus en plus difficile avec le temps.

Si autrefois pour des raisons historiques données, les chefs utilisaient la corvée pour faire travailler la population afin d’aménager les grandes espaces comme le Betsimitatatra, au XIXème siècle, l’administration royale malagasy a recouvert cette méthode par un brin de modernisation sous-forme de service militaire et autres impôts. L’arrivée de la Colonisation a encore créé d’autres formes d’organisation du travail ressenti par les Malagasy comme étant une autre forme d’esclavage.

Dans le fond il existait toujours un abîme entre les élites vivant autrement et la majorité fidèle aux traditions ancestrales. Les élites, descendant la plupart des anciens nobles ou collaborateurs de l’administration coloniale, n’ont d’yeux que pour les valeurs occidentales, alors que la population s’agrippe à ce qu’elle appelle les « héritages des ancêtres ».

A écouter les explications du Président de la République dans son émission Fotoambita, il ressemble bien à ces personnes qui ne comprennent rien à propos de leur pays. Un système moyenâgeux se caractérise par une différence manifeste entre dirigeants et peuple, cette différence peut être à la fois culturelle, linguistique et financière.

Chez nous les élites et leurs familles se complaisent à parler la langue française alors que la majorité se communique en Malagasy. Le patriotisme et le nationalisme demeure des idées vagues pour la nation quoiqu’ils se manifestent quand il s’agit de défendre leur tanindrazana (homeland), par contre ces idées sont du pain béni pour ceux qui se déclarent membre de l’élite.

Tous les instruits sont des patriotes même s’ils collaborent avec l’ancienne puissance coloniale.

Pendant tout ce temps on revient en arrière pour ne pas dire on fait du sur place, comme illustre la situation actuelle avec cette vague d’insécurités qui n’est pas sans rappeler l’Imerina du temps d’Andriamasinavalona durant laquelle les femmes parties chercher de l’eau peuvent disparaître, enlevées par des bandes de pillards Sakalava qui les vendent à la criée dans la baie de Marambitsy ou à Mozanga.

Les guerres inter-communautaires d’avant Andrianampoinimerina, se terminant par des pillages, ne sont pas sans rappeler les lynchages publics de nos jours.

Que font les Eglises ? Elles-mêmes perdent leur boussole, protéger leurs ouailles de toutes les manières ou leur promettre une vie meilleur dans l’au-delà.

Finalement à Madagascar en 300 ans d’histoire rien n’a changé. Pour nous le 21ème siècle est encore le Moyen-Âge. Plusieurs Malagasy n'ont même pas de sandale, font de la cuisine avec des feus de bois, cherchent de l'eau à des kilomètres, ne brossent même pas leurs dents, mangent sans se laver les mains, se soignent par eux même, mettre au monde ses enfants par eux même. Et le régime trouve que tout est normal, c'est la faute aux autres dirigeants d'avant ou c'est la faute à la préhistoire.

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