Femmes et mères

  • lundi, 29 mai 2017 11:11
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  • Photo Archives Ranavalona III

Cet article aurait pu sortir le huit mars dernier mais nous préférons l’émettre aujourd’hui. Tout en saluant toutes les mamans en cette célébration de leur fête version 2017, nous leur sommes reconnaissants dans leur rôle de génitrice et de mère c’est-à-dire genèse et formatrice de la Nation.

Ce rôle fondamental est-il compatible avec une place prépondérante en politique ?

La réponse sera tout simplement mitigée. Dans le pays sakalava, le long règne de Ravahiny, reconnu comme dernière grande souveraine du Boïna préfigure en quelque sorte la fin de cette dynastie et sa disparition due, plus à des querelles intestines qu’à l’origine de la prise de contrôle de la région par Antananarivo.

Pour Madagascar, la succession des trois dernières monarques: Rasoherina, Ranavalona II et III de 1863 à 1895 se termina par la Colonisation française, dont nous sentons jusqu’à présent les conséquences néfastes.

Quelques-uns pensent que mettre sur le trône ou au poste de commandes une femme est une hérésie qui semble un peu exagéré. Néanmoins avec toutes ces histoires de parité, il faut regarder en arrière, les souveraines sont souvent à des places d’honneur car la réalité du pouvoir est entre les mains d’un responsable (premier ministre, manatany,…) qui décident tout à leur place.

Pendant 32 ans, l’exécutif était aux mains de Rainilaiarivony, premier ministre et commandant en chef de l’armée, donc les Reines furent entre les mains d’une dictature militaire, car à l’époque même les hommes d’Eglise étaient aussi des officiers généraux.

Cette situation débuta 35 ans auparavant quand les chefs de l’armée excédés par certains comportements du roi Radama I préférèrent comme monarque une femme plutôt qu’un homme car selon eux elle est facilement malléable d’où leur choix qui se porta sur Ranavalona I, une des femmes du roi défunt.

Si les occidentalisés ont présenté la Reine comme un « Néron femelle », c’est surtout son entourage qui en profita en la conseillant et parfois en …l’isolant de la réalité. Elle a dû s’en mordre les doigts quand son fils Radama II, dont elle a tout fait pour qu’il soit son successeur, fût détrôner et dont le sort demeure encore de nos jours un mystère (mort ou parti en exil ?).

La présence des reines a été-t-elle un bien ou un mal ? La réponse est à nuancer. Une chose est sûre, cela s’est terminé par l’annexion de Madagascar par la France. Le choix de femme au pouvoir finit par des catastrophes: perte de la dynastie intéressée ou invasion étrangère, ceci n’est pas une vue de l’esprit mais cela a été toujours le cas dans le monde surtout malayo-polynésien (Indonésie, Philippines, Océanie,…Madagascar).

Ranavalona III et Liliuokalani, dernière reine d’Hawaï subirent le même sort à deux années d’intervalle (1893,1895), elles finirent les deux, leurs vies, en exil, l’une à Washington DC, l’autre à Alger.

Il est vrai que même chez certains hommes, c’est la femme qui porte le chapeau mais cela donne matière à réflexion !

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