Parent pauvre

  • mardi, 16 mai 2017 13:20
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  • Photo Archives Sobika Andamoty Sambava

Depuis l’an 2000, l’objectif à atteindre est l’Éducation pour tous (EPT). L’État a fait de l’éducation « une priorité nationale absolue » et définit l’enseignement et la formation malagasy comme des processus censés « préparer l’individu à une vie active intégrée dans le développement social, économique et culturel du pays ».

Mais est-ce la réalité ? La réponse est négative. Nul besoin de chiffres à l’appui pour affirmer que l’éducation est le parent pauvre de la Nation. Même un expert-comptable amateur saurait que si les dépenses totales de l’éducation par rapport au PIB tournent, égal ou inférieur à 2%, et par rapport aux dépenses totales de l’Etat, ils ne représentent que 19 %, cela signifie que l’éducation ne compte pas pour l’actuelle administration.

Et c'est ahurissant de voir dans le budget malagasy, que le parlement laisse passer comme une lettre à la poste, des Ecoles de base avec une mention ZERO en face du budget de l'école.

Il est vrai que dans son histoire les Malagasy avaient l’habitude de remettre leur éducation aux écoles confessionnelles. Tout a commencé avec les missionnaires britanniques que Radama 1er a fait venir à Antananarivo pour la formation des premiers élèves locaux afin de devenir des fonctionnaires royaux. A partir de là, et sans le savoir, est né un certain népotisme car tous les monarques successifs ainsi que les grands du royaume ont placé leur famille à la tête des différents rouages de l’Etat (ministres, grands gouverneurs) en les faisant passer à l’ « Ecole du palais ».

Certes il y avait parfois une certaine méritocratie mais cela a été minime. Les écoles des missionnaires protestants comme catholiques foisonnaient partout comme si l’administration royale déléguait aux étrangers la formation de ses jeunes sujets.

Il y avait eu une certaine confusion entre écoles publiques et écoles confessionnelles car les premières ont été quasiment inexistantes. Tous les enseignants étaient des évangélistes ou des missionnaires.

Quand la Colonisation arriva la donne a changé pour contrer l’influence anglaise, les gouverneurs généraux vont favoriser les établissements publics et accessoirement ceux des Catholiques.

Néanmoins la présence de quelques hauts responsables français hostiles aux écoles religieuses quel que soit leur confession a fait que les écoles publiques ont pu acquérir leur lettre de noblesse sans parvenir à effacer complètement la renommée des confessionnelles.

Durant les 2 décennies de retour de l’indépendance, le système éducatif malagasy apparaît comme étant parmi les plus performants de l’Afrique sub-sahélienne. A partir de la fin des années 70, et ce malgré la malgachisation, on a pu constater le dérive de notre éducation.

Certaines formes pédagogiques ont disparu et les concours d’entrée, afin d’être enseignants, ont été gangrenés par le système de quota et du népotisme. La qualité des enseignants se sont fait sentir, l’éducation a été au rabais surtout dans le public. Les familles aisées, de la moyenne et haute bourgeoisies préfèrent envoyer leurs rejetons dans les écoles privées et les établissements dits d’ « expression française » voire à l’étranger, favorisant la fuite des cerveaux.

Mais plus les années passent et comme la gangrène, même le privé est atteint par ce marasme qualitatif touchant les enseignants et professeurs. La principale cause est le faible salaire des formateurs. Le pouvoir d’achat de nos maîtres a stagné et diminué depuis les ajustements structurels de nos bailleurs de fond datant maintenant presque 30 ans ! Le métier n’attire plus et l’éducation se contente des maîtres FRAM surtout dans le primaire et le niveau des élèves s’en ressent.

Si ceux de l’enseignement supérieurs en échappent car leur syndicat a su mettre en place un réflexe corporatiste. Pourquoi s’étonner si la nation part à la dérive car son fondement, le système éducatif, est en lambeaux.

La génération future n’a aucun repère mais surtout elle n’a aucune …..éducation.

Anonymous

 

 

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