Anarchie ou discipline

  • jeudi, 13 avril 2017 15:20
  • Super User
  • Photo Archives

Madagascar vit actuellement dans une situation d’anarchie complète. Insécurité et indiscipline règnent partout sous toutes les formes : tribunaux populaires, contestations sociales plus ou moins valables, kidnappings, corruptions étalées au grand jour avec l’évasion organisée d’une prévenue !!! Tout le monde se demande jusqu’où ira-t-on ?

L’absence de réaction peut traduire l’installation insidieuse d’une anarchie certaine dans le pays. On dit en Médecine que l’ « inflammation fait le lit du cancer », c’est-à-dire qu’en enquêtant sur les antécédents (passés) d’un patient on arrive à comprendre la cause de sa maladie (pathologie). L’Histoire est à la Politique comme la Pathologie est à la Médecine.

Nul ne peut se targuer de mener une vraie politique sans maîtriser le sens de l’histoire de sa Nation, sans connaissance en pathologie aucun praticien ne peut guérir un malade. Malheureusement aucun de nos chefs d’Etat n’a tenu compte du passé pour savoir où va notre pays, ils se sont contentés de gérer les affaires de l’Etat en les mélangeant avec leurs propres patrimoines ! Un d’entre eux n’a même pas hésité à dire « je ne suis pas encore né » à telle époque ! Comment peut-on avoir confiance en ce genre d’olibrius.

Depuis 1960, les Républiques successives n’ont fait que des politiques de développement comparables aux « cataplasmes » dans la thérapie humaine. En Médecine, cela se dénomme « charlatanisme », donc durant 57 ans on a été dirigé et géré par des charlatans. Ils obéissaient tous sans exception aux bailleurs de fonds dont le grand manitou demeure l’ancienne puissance coloniale. Rien d’étonnant à ce que les idées politiques chez nous ressemblent à un défilé de mode : social-démocratie, socialisme révolutionnaire, libéralisme économique….tressautementisme !

A un Guadeloupéen de passage, nous lui avons posé cette question : à quel pays vous fait penser Madagascar ? Réponse : Haïti. En effet aux mêmes problèmes (pauvreté, corruption, anarchie) il y a certainement le même passé malgré nos différences culturelles et géographiques. Beaucoup de Malagasy ignorent l’origine des mots « Olona » et « Vahoaka ». Le premier signifie dans la langue malais ancienne (vers le 9-10 siècle), « esclave ». Le second dérive du Malais « a-wak » indiquant un « équipage de navire » ainsi que « serviteur ». Notre langue est originaire de Bornéo et jusqu’à preuve du contraire (découverte de fossiles humains préhistoriques) nous sommes des descendants d’immigrants en provenance de cette île faisant partie de l’actuelle Indonésie. Nous faisons partie des Dayaks (principales communautés de Bornéo) que les Malais (de Sumatra) et les Javanais utilisaient comme équipages de bateaux (vahoaka) et esclaves (olona) durant leur commerce maritime dans l’Océan Indien. Ainsi ces navigateurs commerçants ont installé des colons au Sri Lanka dénommés Javaka ou Gola et à Madagascar (Hova) et ce autour du 5-12ème siècle AD.

Comme les Africains aux Amériques, les Malagasy ont été transportés dans cette île devenue la leur comme étant des colons-esclaves pour servir d’escale (pangalana) aux marins commerçants Malais et Javanaisen en route pour le Mozambique. Cette condition d’esclave (olona) a fait oublier aux Malagasy leurs origines comme les Afro-Américains incapables de situer leur vrai endroit de provenance en Afrique. Ceci explique cela l’ « enslavementmind » (esprit d’esclavage) qui malgré les siècles ne nous a jamais quitté : apathie, mauvaise représentation de soi, en un mot complexe d’infériorité. De plus il y a le refus de l’autorité qui souvent comme en Haïti s’apparente à la tyrannie.

En résumé jusqu’à présent il est difficile d’instaurer une hiérarchie pérenne chez nos concitoyens qui se replient dans un esprit communautariste avec comme image cette anarchie apparente. Ce passé ne constitue pas toujours un handicap, la Nation vietnamienne a eu le même antécédent que nous et les Haïtiens avec comme oppresseur la Chine mais d’esclaves, ils sont devenus des colons soldats avec comme apogée leurs victoires contre la France coloniale et les Etats-Unis.

Nous avons cette structure ancestrale qu’on pourrait exploiter : le Fokonolona qui, en réalité servait aux monarques de jadis à garder leurs frontières. Les Fokonolona étaient des garnisons. Si nous continuons comme maintenant, l’anarchie l’emportera définitivement mais avec des dirigeants intègres et décidés, il nous reste une chance à nous développer en appliquant une discipline vraie.

Anonymous

Commentaires (2)
  • Bédague Sébastien
    Désoler pour mes nombreuses fautes d'orthographe, personne n'est parfait -)

    Ps; pour les lecteurs; un bailleur de fond est un état qui fournit des capitaux.
    lundi, 17 avril 2017 15:16
  • Bédague Sébastien
    Bonjour, je lis vos éditos avec plaisir car ils sont bien écrit et je vous en félicite, je souhaiterais vous apporter m'a réflexion à ce sujet, dans le but, comme vous, de faire avancer les idées...enfin je l'espère.
    La France et Madagascar c'est 350 ans d'histoire, avant l'indépendance beaucoup de chose ont été construite et les photos du temps passé nous montre un Madagascar prospère. Depuis l'indépendance, Madagascar à préférer regarder ailleurs vers le communisme sans grand succées. Des partenariat avec l'Europe aurez été plus profitable je pense pour développer les ports, les canaux plutôt que des routes fragiles sous un climat tropicale, les trains; Le commerce intérieur. Le développement d'une bourse. La dévaluation de la monnaie pour favoriser le tourisme et les exportations. La création d'un smic. Ect..... Enormément de chose reste à faire mais malheureusement rien n'a été fait, je pense que la cause et surtout une absence de feuille de route. De Courage politique, de réforme, d'admettre ces erreurs.
    Cordialement,
    sébastien
    lundi, 17 avril 2017 14:41
Laissez un commentaire
Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.